Si j’étais Community Manager pour le cordonnier de mon village…

On dit toujours qu’une présence numérique est indispensable, quelle que soit la structure. Mais concrètement qu’est ce que ça veut dire ? Pour tous les “Digital native” c’est une évidence mais qu’en est-il pour le cordonnier local dont la boutique perdure depuis 3 générations ?

Ce que j’essaye de vous dire, c’est qu‘il est parfois difficile de déterminer comment s’installer sur les réseaux sociaux et surtout comment y perdurer en proposant un contenu attractif. Comme je le disais dans mon article précédent “être sur les réseaux sociaux c’est bien, être actif c’est mieux”. Quel que soit le domaine.

C’est pourquoi, j’ai décidé d’écrire une série d’articles “cas pratiques”. Le principe est simple : une structure fictive et la stratégie social media que je mettrais en place pour elle.

Le cordonnier de mon village

Il est là depuis 3 générations. Il propose des services basiques : réparation de chaussures et de maroquinerie. Et ça fonctionne. Le travail du cuir, c’est sa passion. Pour l’instant, pas question de se diversifier. Mais si son père et son grand-père ne voyaient pas l’intérêt des réseaux sociaux. Lui se rend compte à quel point c’est important. Ses objectifs :

  • Pousser à son maximum la relation qu’il entretient avec ses clients
  • Essayer de toucher de nouveaux clients, particulièrement une cible jeune qui ne se déplace pas forcément chez un cordonnier (on préfère souvent une nouvelle paire de chaussures ;) )

S’il s’intéresse seulement maintenant aux réseaux sociaux, c’est parce qu’il n’est pas expert. Mon objectif en tant que CM, c’est d’accompagner l’installation sur les médias mais surtout qu’ils restent actifs une fois ma mission achevée. Sinon… aucun intérêt.

On y va donc “doucement mais sûrement”. Pas besoin de se disperser. Pas besoin de proposer des innovations majeures. Pas dès le début.

Alors, on commence par quoi ?

Sans hésitation : Une page Facebook.

Comment on fait ? That is the question.

1. On s’investit personnellement

on ne choisit pas d’aller voir un cordonnier. On lui rend visite lorsqu’on en a besoin. Ce n’est pas par plaisir, c’est pour réparer la paire de chaussures ou le sac qu’on aime tant et dont on n’arrive pas (encore) à se débarrasser.

Aussi, le cordonnier qui est présent au même endroit depuis 3 générations, c’est plus qu’un simple cordonnier. Au fil de temps, il est sans aucun doute devenu l’ami de la plupart de ces clients. C’est donc une relation privilégiée qu’il entretient avec eux. Presque comme le vieux tonton qu’on retrouve à la réunion de famille annuelle.

Je travaillerai sur tout l’aspect “historique” du métier mais également celui du commerce. Le cordonnier est un artisan et un artiste du cuir. Un métier qui nécessite un savoir-faire en voie de disparition. Et ici, un savoir transmis de génération en génération.

Pour le cordonnier qui devra ensuite, alimenter tout seul sa page, se sera plus simple. Il parlera d’un sujet qu’il maîtrise parfaitement.

En racontant SON histoire ou du moins, celle de sa famille, il va créer du contenu qui parle. Nous sommes arrivés à un moment où nous avons besoin d’un peu de magie, un peu de “drama” et d’histoires qui nous touchent.

Et tous les clients fidèles seront ravis d’entendre ou de réentendre cette histoire. Attention, quand je dis “raconter son histoire”, je ne parle pas d’écrire un roman sur la cordonnerie. Je parle de partager des souvenirs : des photos de l’ouverture du commerce, de “papy” à l’ouvrage, de “papa” qui apprend le métier à son fils…

En ce qui concerne le métier directement et non plus l’histoire personnelle du coordonnier, un travail de veille sera indispensable pour récupérer toutes les informations sur cet art : sa naissance, son évolution…

Pour mettre en avant ce domaine, il faudra s’appuyer sur un contenu déjà existant mais aussi créé sur place pour raconter la vie actuelle du cordonnier. C’est pourquoi, je proposerai de prendre des photos et des courtes vidéos qui seront ensuite stockées et diffusées à différents moments sur Facebook.

2. On fait tout pour plaire

Afin de proposer un contenu varié, je travaillerai ensuite sur les chaussures. Oui parce que les chaussures c’est un sujet qui plaît sur les réseaux sociaux. Et là, je vous parle en tant que shoes addict.

Déjà, je rebondirais sur les actualités qui traitent des chaussures. Les nouveautés et les innovations. On s’éloigne un petit peu du métier direct du cordonnier mais on reste en accord avec le domaine. On diversifie le contenu pour toucher de nouvelles personnes.

Notamment la cible jeune qu’il souhaite voir plus souvent dans son commerce. Il va falloir leur montrer que le cordonnier ne répare pas uniquement des chaussures de “papa” ou de “maman”, mais il peut également faire des miracles pour votre paire de baskets fétiche trouée et quasiment plus portables ;).

Facebook sera donc également une vitrine. Avec les photos des transformations réalisées qui pousseront à réflexion avant de les balancer à la poubelle.

L’importance de savoir dire “STOP”

Toutes ces recommandations marquent le début de l’utilisation des réseaux sociaux. Le type de contenu permettra automatiquement l’échange avec les abonnés et donc de maintenir le lien avec sa communauté et donc ses clients. Il sera bien entendu indispensable que le cordonnier joue le jeu des réseaux sociaux et favorise l’interaction en répondant individuellement aux abonnés.

Il est parfois difficile pour un Community Manager de se limiter. On a tendance a vouloir tester de nombreuses choses et diversifier la présence sur les réseaux sociaux. A mes yeux, il est indispensable de penser à l’avenir et dans le global.

En revanche, pour le cordonnier, l’animation d’une page Facebook demandera une modification de son temps de travailler. C’est pourquoi, il ne me semble pas judicieux de l’installer sur d’autres réseaux sociaux pour l’instant.

Mais si on se projète dans l’avenir ?

On peut tout à fait imaginer plusieurs choses :

  • Le lancement de campagnes payantes pour acquérir une nouvelle notoriété, en ciblant des publications.
  • La création d’un compte instagram qui amplifierait l’idée de “tout faire pour plaire”. Avec l’impact des hashtags (et particulièrement #shoes utilisés environ 50 000 000 de fois), cela pourrait permettre une nouvelle visibilité. Bien que l’objectif ne soit pas “d’obtenir le plus grand nombre de like sur une photo”, cela peut permettre la reconnaissance du savoir-faire de ce petit cordonnier du village. Et qui sait ? peut être développer son activité en dehors de son village à l’avenir ?
  • Le lancement sur Twitter, mais cette fois-ci, pas en tant que “cordonnerie” mais en tant que personne. Pour faire bénéficier de son expertise, pour se créer un réseau avec d’autres artisans. J’utiliserais vraiment Twitter pour établir des relations privilégiées avec d’autres artisans et ainsi partager l’expérience des réseaux sociaux.

Il s’agit bien entendu d’idées mais de nombreuses autres choses sont possibles… A vous de tester et d’adhérer ou non.


Merci à ceux qui ont pris le temps de lire cet article. S’il vous a semblé intéressant, n’hésitez pas à le partager !

Et si vous souhaitez échanger avec moi autour de ce sujet, ce sera toujours avec grand plaisir. De même si vous avez des idées de “cas pratiques” que vous aimeriez que je traite. ;)