Comment Airbnb a vendu des céréales pour subsister

Difficile d’imaginer aujourd’hui l’entreprise de locations d’appartements entre particuliers valorisée à plus de 25 milliards de dollars vendre des paquets de céréales pour survivre. C’est pourtant ce qu’a fait Airbnb au moment de la campagne présidentielle américaine de 2008, qui opposait Barack Obama à John Mc Cain.

C’était il y a 8 ans, lors des Conventions Nationales des deux principaux partis américains. La Convention du Parti Démocrate, destinée à introniser Barack Obama, avait élu domicile à Denver dans le Colorado.

Conséquence logique de cette apothéose, les hôtels de la ville, pris d’assaut par des hordes de lobbyistes et des rangs de militants galvanisés par le « Yes, we can », affichèrent très vite complet.

Les fondateurs d’Airbnb repérèrent l’opportunité et choisirent de rebondir sur cette Convention pour développer leur activité. Ils le firent avec succès pendant quelques jours, mais la Convention prenant fin, ils ne purent continuer. Il leur fallait donc trouver une nouvelle idée qui leur permettrait d’inscrire ce succès dans la durée. Et pourquoi pas des céréales ?

Ne me demandez pas quel cheminement intellectuel ou créatif poussa Brian Chesky, le CEO d’Airbnb, à imaginer des paquets de céréales à l’effigie des deux candidats, car je serais incapable de vous répondre.

Mais les fondateurs d’Airbnb se mirent en tête de commander des tonnes de céréales et de fabriquer des paquets à la main représentant Obama et Mc Cain (ah si! C’est peut-être les frites Mc Cain. Mc Cain — frites — céréales…. Bon ok.)

Le nom des paquets : les Obama O’s et les Cap’n Mc Cain’s.

Mieux que les pins, les banderoles, les casquettes et les t-shirts, voilà les céréales! En effet, pour tout fanatique qui se respecte, un paquet de céréales (visiblement délicieuses) est un must. Et cette innovation électorale n’est pas étonnante aux Etats Unis, considérés comme la terre natale du marketing politique.

Les paquets d’Obama O’s ont fait un carton et ont permis à Airbnb de compenser une partie de leurs coûts d’exploitation. Les militants républicains ont en revanche été moins prompts à dévorer des Cap’n Mc Cain’s, à tel point que celles-ci se sont retrouvées chaque matin pendant de longs mois dans les bols des fondateurs d’Airbnb.

Mais cette histoire de céréales ne s’arrête pas là. Quelques mois plus tard, Airbnb s’est retrouvé à pitcher devant Paul Graham (rien à voir avec les Golden Grahams), le fondateur du Y Combinator, le prestigieux accélérateur de la Sillicon Valley. Alors que le pitch, qui n’avait pas convaincu, touchait à sa fin, Chesky donna un paquet d’Obama O’s à Paul Graham. Surpris et interloqué, ce dernier lui demanda pourquoi. Chesky revint alors sur les efforts d’Airbnb pour exister, ce qui suffit à changer l’avis de Paul Graham sur l’entreprise, qui fut finalement accélérée.

Je sais qu’à ce moment précis vous pensez déjà à des céréales Cap’n Macron. Pourquoi pas. Mais la leçon à tirer de cet acharnement, c’est qu’il est indispensable de rebondir sur votre actualité pour vos opérations de communication et surtout, de penser “out of the box” pour exister!