Les collaborateurs, les oubliés de la transformation digitale ?

“Je rêve d’être client de ma société !”. Triste constat entendu trop souvent. Les collaborateurs sont souvent les oubliés de la transformation digitale. 
Plusieurs études récentes montrent une accentuation du désengagement des collaborateurs vis-à-vis de leurs entreprises (54 % des salariés français s’estiment désengagés au travail — étude 2017 du cabinet OASYS)
L’accès aux offres des entreprises, par les clients, est déconcertant de facilité et accessible de partout (travail, déplacement, domicile). On peut par exemple, en quelques secondes, changer un billet ou commander un article sur les plates-formes de commerce. Ce confort d’utilisation ne se retrouve, hélas, pas au quotidien des collaborateurs pour accéder aux services internes de l’entreprise.
Au-delà du manque de convivialité et de simplicité des outils informatiques, les collaborateurs aujourd’hui revendiquent des aspirations et des attentes qui dépassent le cadre « informatique », et qui sont souvent peu prises en considération par les organisations. Parmi les plus fréquentes on peut citer le besoin d’autonomie, de reconnaissance, de souplesse dans l’organisation et surtout retrouver du sens . Ils attendent une expérience collaborateur unique et personnalisée et surtout des nouveaux modes de travail à la hauteur des enjeux.
 Plusieurs études montrent qu’une meilleure prise en considération de ces enjeux est une source de productivité importante pour les entreprises et se traduit également par un engagement accru des collaborateurs. Une étude récente du MIT souligne, par exemple, que les salariés heureux sont 31% plus productifs et 55% plus créatifs. 
Quelles réponses est-il possible d’apporter à ces attentes au travers de la révolution digitale ?
 La variété des réponses est immense, je dégagerai toutefois quatre axes majeurs :
Les outils du collaborateur. Une recherche de simplicité dans les accès et une personnalisation accrue doit permettre d’accroitre l’efficacité au collaborateur. L’émergence des nouvelles possibilités d’interaction (reconnaissance gestuelle, réalité augmentée…) doit permettre également de repenser les gestes métiers. Il convient donc de proposer des innovations d’usages disruptives susceptibles d’amener de l’agilité et de redonner de l’autonomie et de la reconnaissance aux collaborateurs. Les GAFA proposent des outils de ciblage de l’audience de plus en plus perfectionnés pour valoriser les offres auprès des clients. Ne faudrait-il pas s’en inspirer pour apporter enfin aux collaborateurs, des services et contenus personnalisés alignés sur leurs profils (métier, structure d’appartenance, localisation et centres d’intérêt) et accessible depuis n’importe quel équipement et n’importe quels lieux de travail dans une logique ATAWAD (Any Time Any Where Any Device).
L’environnement de travail du collaborateur. L’émergence de nouveaux concepts d’espaces de travail au sein des entreprises (design innovant, espaces collaboratifs, Lab, etc.) va permettre de réunir des collaborateurs rarement en relation et faciliter ainsi les échanges et l’émergence d’idées innovantes. Le problème récurrent de la perte de temps dans les déplacements, souvent synonyme de stress et de perte d’efficacité, peut trouver des réponses grâce aux nouvelles capacités de connexion et le développement du Cloud Computing. Parmi les approches que l’on peut constater, on trouve par exemple, le télétravail ou le développement de tiers lieux proche des lieux d’habitation des collaborateurs.
Le management. Il se doit d’évoluer pour s’aligner sur les possibilités de communication et d’échange entre les collaborateurs qui font voler en éclats les organisations pyramidales et souvent très cloisonnées en silos étanches. Les attentes majeures portent sur des organisations moins hiérarchiques. Au-delà, des réponses trop souvent rigides, il convient donc de réhumaniser l’entreprise en proposant des nouveaux modèles de management en phase avec les évolutions de modes de travail à l’ère du numérique ; les pratiques managériales sont trop souvent inadaptées aux aspirations des collaborateurs et aux enjeux de transformation des entreprises. L’évolution du management passe par un décloisonnement des échanges et des organisations en réseau. Les échanges doivent être facilités par la mise en relation en interne des collaborateurs au travers des démarches collaboratives. Différentes approches suscitent un intérêt croissant des organisations, à l’image des approches sur le management bienveillant si bien en avant par de nombreux acteurs comme Gaël Chatelain. 
La formation. Trop souvent, la formation se limite à une présentation d’un nouvelle solution ou d’une nouvelle offre de services de l’informatique interne. Il convient d’avoir une approche plus globale pour sensibiliser et accompagner les différents acteurs aux enjeux de la transformation qui s’opère très rapidement et qui touche l’ensemble des fonctions. Le rôle des RH est clé dans cette approche. La transformation ne doit pas non plus conduire à une fracture interne entre les collaborateurs « digitaux » et le reste des acteurs souvent laissé à l’abandon face à cette déferlante du numérique.
Les initiatives à retenir sont spécifiques à chaque entreprise et doivent toutefois s’opérer au regard de sa culture et de sa maturité digitale pour apporter des réponses à la fois ambitieuses et pragmatiques.
Le collaborateur doit être remis au cœur de la transformation digitale 
Le collaborateur doit être remis au cœur de la transformation digitale. Il convient de réconcilier les collaborateurs avec les innovations. Seules les entreprises qui réussiront à relever ce défi et à réenchanter l’expérience collaborateur, qui allie l’émotionnel au rationnel, pourront accroitre leur business et fidéliser les collaborateurs.
Like what you read? Give Human & IT a round of applause.

From a quick cheer to a standing ovation, clap to show how much you enjoyed this story.