Brésil : la couleur des élites

Les Afro-Brésiliens représentent plus de 50% de la population, mais seulement 18% des élites. En 2016, les Brésiliens “blancs” continuent d’occuper les postes les plus importants.

Désigner quelqu’un par sa couleur de peau ne passe pas - dans la plupart des cas - pour “politiquement incorrect” au Brésil. Se définir par les termes “branco” (blanc), “pardo” (métisse), “preto” (noir), “amarelo” (asiatique) ou indigène est une chose assez commune. Les “pardos” et les “pretos” représentent 50,7% de la population, selon le dernier recensement national*. Lors de cette grande étude démographique, il est demandé aux personnes de définir elles-mêmes “leur couleur”. Lorsque l’on s’intéresse à la présence de ceux-ci dans les domaines politique, économique, artistique, universitaire ou judiciaire, ils ne représentent là plus qu’une part très faible de ce qu’on appelle les élites.

Parmi les 20 plus grosses entreprises du pays, seul un dirigeant se définit comme “pardo” : Marcelo Odebrecht, président du groupe de BTP du même nom. Dans les PME, en revanche, un patron sur deux est “pardo” ou “preto”. Au niveau politique, on observe facilement que les représentants du peuple, les parlementaires, sont loin d’être représentatifs de la population : 80% d’entre eux sont “blancs”. C’est au sein de système universitaire que l’écart est le plus grand important : 90% des recteurs sont “blancs”. Vient ensuite la sous-représentation des personnes de couleurs à la télévision, où l’on constate que 85% des acteurs des principaux programmes télévisés sont “blancs”. Et enfin, dans le milieu médical, on trouve un taux de 75% de médecins “blancs” aux postes à responsabilité.

Lorsqu’on se promène dans les rues de São Paulo ou Rio, on observe à l’œil nu cette structure persistante de la société. Les emplois de chauffeurs de bus, de “babas” ou gouvernantes, les balayeurs et les vendeurs à la sauvette sont occupés très majoritairement par les personnes de couleur. Dans les bureaux, les salles de réunion sont occupées par les “blancs” et les femmes de ménage qui passent discrètement après sont quasi systématiquement “noires”.

Le Brésil continue de faire partie des 15 pays du monde où les inégalités sont les plus fortes. Malgré quelques figures célèbre comme Joaquim Barbosa (magistrat et président de la Cour Suprême), Marina Silva (ancienne ministre et candidate à l’élection présidentielle), Gilberto Gil (chanteur), Geraldo Rufino (entrepreneur), le chemin pour arriver à la parité est encore long.

Quelques témoignages de personnes qui se sont tracé une voie vers l’élite (en portugais)

*(Les chiffres cités sont tous issus d’une étude menée par fohlapress en août 2015)

Show your support

Clapping shows how much you appreciated Imagina’s story.