C’est quoi une start up ? #mojostory

Intermediius
Jul 25, 2017 · 7 min read

Une start up c’est un objet social qui arrive à créer une forte croissance. Mais à partir de quoi ? De l’engagement.

Il y a trois choses importantes pour une start up quand elle commence : la tech, l’argent et l’engagement. Les deux premiers sont bien connus. Le dernier beaucoup moins. Et comme souvent c’est le plus important. Pour X raisons : sans recherche d’engagement, la tech n’est pas utilisée. Elle est un objet mort socialement. Cela arrive souvent : au départ comme pour les app qui marchent quelques semaines et retombe dans le cimetière (cf zombie rate). Mieux, sans engagement, pas de décollage. Les métriques sont fondés sur l’engagement : essai, utilisation, referal, achat / repeat mais aussi contribution à la communauté, recherche d’interactions physiques comme digitales sont autant d’indices qui alimentent la zone de traction. Or, les investisseurs ne regardent que la traction. Tout le reste s’évapore devant le fait que vous ayez de la traction ou pas. Les financiers ne respectent qu’une chose que vous maitrisiez vos coûts et que vous soyez… des magiciens de la traction. Cela prouve que vous avez trouver des chemins pour vendre quelque chose à des gens. (on a pas encore réussi à faire vendre du « rien »).

Comme vous êtes entrepreneur/e, votre principale activité est de gérer des ressources, du temps, de l’argent, de l’énergie pour atteindre cette traction. Il faut donc vous concentrer sur ce qui vous permet de créer de la traction. Et cela passe essentiellement par trois choses : le design, le design et le design.

Le design vous permet de créer de l’engagement. Cette approche vous permet de comprendre comment créer un objet désirable, interpellant, susceptible de résonner dans le coeur et l’esprit des gens. Le design cherche aussi à comprendre comment s’insérer de manière fluide avec les trajectoires des êtres pour devenir un allié et non un intrus dans leur vie. La discipline aide aussi à concevoir des expériences fortes pour faciliter et enchanter leur vie tout en les aidant à s’épanouir. C’est le principe du design d’expérience que de produire des interactions et des moments clés qui réenchantent la vie des gens. Plus important encore, le design aide à créer les étapes d’une aventure commune. Dans un environnement (durablement) incertain, c’est ce que les humains veulent vivre aujourd’hui. Des aventures collectives qui permettent de s’accomplir tout en trouver des alliés et une communauté permettant de mieux vivre. Le design d’engagement aide à rentrer en osmose avec eux.

En résumé, le design est stratégique car il permet de façonner votre proposition de valeur au plus près de vos publics mais aussi les moyens de se l’approprier, et plus encore de créer une énergie commune. A ce titre, il permet de produire du mojo.

Beaucoup d’équipes perdent du temps à créer de nouvelles solutions. A essayer de s’adapter à l’environnement. Pourtant, une fois que vous avez compris ce qu’est votre mojo, vous devez le nourrir. Et le design est un outil essentiel pour cela.

Si vous ne questionnez pas le design de votre projet, vous risquez d’avoir des problèmes récurrents de temps, d’énergie, d’argent. Questionner le design, c’est se donner le moyen d’agencer les ressources, de produire différemment et mieux, de révéler la valeur.La solution compte peu, en dehors du moment. Les gens l’oublient vite. L’essentiel est rendre possible des choses entre parties prenantes qui ne l’étaient pas…

L’état d’inspiration a toujours intéressé l’être humain. Les individus le recherchaient par période de leur vie, à l’adolescence ou dans des moments forts de leur communauté. Il permettait de nourrir leur âme face à leurs identités sociales.

Aujourd’hui, cet état d’inspiration doit être permanent ou presque. Cela change beaucoup de choses dans la façon de vivre… et donc pour la société de s’organiser.

Les grandes ruptures à venir ne sont pas technologiques. Elles seront basées sur des expériences, sur des design, sur des parcours permettant d’accélérer et de démultiplier les inspirations. Individuelles comme collectives.

Il y a quelques décennies, un chercheur Mihàli Csíkszentmihályi, a exploré les contours de l’inspiration — individuelle — de personnalités (des artistes, des sages, des chercheurs, des sportifs…) . Il a ainsi identifié un phénomène de “super pouvoir”, basé à la fois sur l’extrême concentration, la possibilité de démultiplier les efforts et la plénitude : le “flow”. Cet état d’être, porté par un flux, a donné son nom à ce phénomène.

De nombreux publics ont suivi les travaux de Csíkszentmihályi pour appliquer à leur vie personnelle cette approche positive. Mais, cette approche est réductrice : elle ne concerne que l’individu face à son activité. Or, l’être humain a besoin d’exister en tant qu’individu mais aussi en tant que partie d’un collectif.

Le “mojo tribal” prend sa source dans le pouvoir d’être connecté au cosmos tout en atteignant une énergie décuplée. La chance, le pouvoir magique qu’il permettrait ne fait que décliner d’une “connection” et d’une “énergie” basée sur une expérience de la tribu. Le bien-être relationnel, “connecté”, est donc au coeur du mojo. Il s’atteint par une expérience collective (ou une série) qui permet d’éveiller l’esprit des personnes tout en les reliant à ce qui les entoure. Cette plénitude à la fois intime et collective peut embrasser le nom de mojo.

Ce phénomène est parfaitement adapté aux besoins de notre époque. L’agilité pousse à se réinventer de manière permanente. Il y a donc besoin de transcendance de manière récurrente.

L’absence de lisibilité du monde, questionne et fragilise en permanence les relations humaines. Un sentiment d’isolement se développe, au coeur même de villes ultrapeuplées et connectées. Il existe donc de fort attentes de créations collectives.

L’obsession du moment présent amène aussi une concentration de tous les instants pour réussir ce présent, mais aussi une tension permanente qui ne peut se relâcher que dans une “connexion épanouie”. L’expérience collective “en mode mojo” permet de viser un relâchement tout en maintenant une veille fondée sur une énergie positive partagée.

Le mojo n’est pas un concept. Il vit déjà, ici et là, depuis toujours et depuis peu, dans nombreux endroits. Il est activé par des artistes, des militants, des entrepreneurs… des acteurs qui ont compris (intuitivement au moins) la nature secrète de l’élévation rendue possible par une énergie partagée, un état d’être connecté, une plénitude ressourçant l’individuel par le commun.

Le mojo s’inscrit dans un nouveau cadre d’analyse et d’action. Quelque chose qui permet de créer des dynamiques collectives tout en suscitant de l’éveil et en créant de la plénitude. Des besoins psychologiques forts revisités et réagencés. Quand on parle mojo, on balaye les champs de psychologie sociale, motivation, design, relation et experience. Mais, évidemment, on s’attache plus particulièrement à étudier ce qui crée cette “énergie élévatrice ensemble”.

Parce qu’elles s’inscrivent dans une culture qui crée du changement positif, les startup n’ont pas d’autre choix que de travaille ce mojo. Seule cette énergie garantit le travail d’appropriation de leur offre, de développement de leur communauté, d’inspiration nécessaire à toute expansion.

mojolab.eu

Comment résumer le mojo ?
Un mojo vient répondre à un besoin d’interconnexion. Le fait de retrouver l’interdépendance, la vraie, celle de l’intelligence. Il a besoin d’être là pour susciter de l’énergie pour vaincre les habitudes(individualistes) et les peurs qu’elles suscitent.
Un mojo se crée toujours sur un design ad hoc, c’est à dire sur un prototype qui vient répondre à un contexte.
Un mojo sait jouer avec l’espace-temps, avec les projets des gens et de leurs pattern.

Pourquoi parler de mojo ?

Parce que par le passé, cette énergie collective a pu être cachée par le charisme des grands hommes (qui savaient l’alimenter). Mais aujourd’hui l’humanité est revenue des leaderships paternalistes.

Parce que personne ne croient plus aux institutions (ou très peu) pour résoudre les défis de société et de faire et vivre ensemble mais à la façon de faire vivre les communautés. Parce que de nombreux individus souhaitent se projeter dans des communautés utiles et créatives mais qui n’ont de sens et d’essence que dans des moments magiques et inspirants, qui crédibilisent son activité.

Trois questions pour finir ?
Est ce que Obama aurait pu être élu sans avoir créé ce mojo chez les jeunes sympathisants démocrates et ceux qui ne votaient plus ? Est ce que des passionnés de cinéma auraient pu réinventer une nouvelle forme d’expérience engageant plus de dix mille personnes par fois par projection pendant plus de 36h parfois ? Est ce que des jeunes auraient pu susciter autant de vocations d’entrepreneurs ou d’intrapreneurs en si peu de temps alors des structures jeunes et moins jeunes existaient déjà dans le paysage ?

Intermediius

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La clé, c'est de créer du mojo. Le Design au service de l’Engagement. www.mojolab.eu

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