Là où opère la magie et se réalisent les rêves !

En coaching ou en développement personnel, la zone de confort est l’espace dans lequel nous évoluons et qui nous est tellement familier que nous n’en remettons plus en cause ni nos habitudes ni nos comportements, ces derniers devenant alors prolongement de nous-même. Cet espace sécurisé, ou l’inconnu et sa peur ne rentrent pas en compte, à l’instar du risque et de l’insécurité.
Pourquoi est-il de plus en plus commun d’inviter autrui à sortir de sa zone de confort ? Qui n’a jamais entendu un proche, un ami, ou même un inconnu nous inviter à sortir de cette zone ? Souvent paraphrasé, largement idéalisé, il est facile de citer cette phrase, lancée de la part d’un tiers sur le chemin de la reconversion professionnelle ou d’un ami au cours d’une simple soirée entre copains. Cette sacro-sainte phrase qui n’entraine qu’approbation : « Sors de ta zone de confort, c’est là où opère la magie et se réalisent les rêves ! ».
Passons rapidement sur les règles de bases pour sortir de sa zone de confort. Il suffirait, selon de nombreuses sources, de faire ce que nous ne savons pas faire, d’aller parler aux personnes que l’on ne connait pas, d’aller visiter des lieux nouveaux et de décider chaque jour de faire quelque chose qui nous fait peur. Internet est plein de bons tuyaux pour nous aider à sortir de notre zone. Par exemple par ici, ou même par là. Par contre, il existe moins de sources qui remettent en cause cette recherche d’une sortie de zone.
Qu’est-ce que cela apporte concrètement de sortir de sa zone de confort ?
Facile ! Se mettre en danger, changer ses habitudes, faire le saut dans l’inconnu sont les meilleurs moyens d’apprendre. N’est-ce pas l’enjeu de toute notre vie, apprendre ? Plus la zone visée est éloignée, plus l’apprentissage en sera décuplé. Il y a cependant un certain équilibre à trouver au moment d’aller chercher les limites de notre zone de confort. Un apprentissage n´est constructif que dans la limite ou il est possible de connecter ce que nous connaissons avec ce que nous découvrons. Un équilibre indispensable, une cohérence du moment présent entre notre soi d’hier et notre soi de demain. Si la zone visée est trop éloignée pour permettre à un fil conducteur de relier ces deux espaces, l’apprentissage sera perdu, la recherche de cette zone sera vaine. Imaginons Felix Baumgartner (le saut le plus haut du monde) sauter… en dehors de l’atmosphère. Impossible donc de retomber sur la terre. Les tibétains et leurs sages proverbes nous accompagnent une fois de plus : « Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas échapper vos valeurs ».

Il est de bonne augure de connecter ce qui nous a construit comme individu avec la personne que nous voulons être. Sans cet apprentissage continu passé-présent-futur, la vie risque d’être une succession d’aventures et de défis sans cohérence dont l’unique objectif, orgueilleux et excessif, serait d’aller toujours plus loin. Parce qu’à ce moment réside en nous cette difficile question : Pour aller vers ou ? Cette quête d’au-delà de soi, certains en ont déjà fait l’expérience. Le personnage de Christine Jordis, dans « une vie pour l’impossible », décrit la vie d’un soit disant « Héros », une vie d’aventure, toujours aux limites de sa zone de confort, que ni Dieu, ni les femmes, ni les déserts du Sahara ou du pôle nord n’ont comblés. Une recherche sans fin, une vie de défis, listés puis cochés sur un carnet de bord. Pas d’amour, peu de sentiments, un brin d’émotion au moment de frôler la mort. Des restes de lambeaux brûlés de relations, d’enfants et de familles laissées sur le bord du chemin.