Et si derrière la forêt Guyanaise se faufilait une explosion économique et sociale sans précédent en Outre-mer ?

Jean-Claude BEAUJOUR, avocat

Alexandre Cournol, Responsable Jeunes LR en Amérique du Nord

Force est de constater que c’est sous la pression du collectif dit des « 500 Frères » qui exigeait la venue de Ministres de la République en Guyane que le gouvernement a fini par découvrir ce que vivent nos concitoyens sur cette partie du territoire français.

Pourtant, le candidat François Hollande dans ses 30 propositions pour l’Outre-Mer en avril 2012 avait déclaré vouloir lutter contre l’insécurité et contre la vie chère.

Rien donc n’aura été finalement réalisé, dont acte !

Le collectif des « 500 Frères » dénonce l’insécurité qui mine la vie des guyanais, et, indirectement, celle de l’ensemble des français qui vivent en Outre-Mer. Le sujet est clairement posé aux Antilles, dans l’Océan indien comme dans le Pacifique. La criminalité en Guyane crève tous les plafonds avec 42 homicides en 2016 pour une population de 250 000 habitants ; c’est comme si nous en avions 12000 dans l’hexagone au lieu des 677 en 2015.

Au-delà de la violence, c’est un véritable ralentissement annoncé pour l’avenir des régions ultramarines dont il s’agit, avec un taux d’alphabétisation en chute, une scolarité en berne et un chômage en pleine ascension.

L’enjeu est d’autant plus important qu’en toile de fond toute la politique sociale en Outre-mer est menacée et la politique spatiale européenne risque d’être remise en cause.

Est-ce humainement supportable ? Non ! Est-ce politiquement admissible ? Assurément non ! Nos compatriotes, de Saint-Pierre et Miquelon à la Polynésie, sont en droit d’attendre des pouvoirs publics qu’ils se donnent les moyens nécessaires permettant de rétablir la sécurité des biens et des personnes.

Un candidat à la présidence de la République qui pensait que la Guyane est une île, a demandé que chacun garde son calme. Cette réponse, qui n’est pas à la hauteur de la situation et des enjeux vécus par les habitants de ce département, montre à quel point ceux qui aspirent à diriger le pays ne mesurent pas les enjeux liés à l’Outre-mer.

Le deuxième facteur aggravant pour la Guyane, que l’on retrouve également à Mayotte où la situation est explosive, est l’immigration, véritable fléau.

Il faut donc lutter impérativement contre l’immigration irrégulière en renforçant le contrôle des frontières maritimes et terrestres ; nous devons également conditionner le bénéfice de toute prestation sociale à une durée préalable de deux ans pour les étrangers en situation régulière, en limitant l’aide médicale aux seules situations d’urgence. Il est par ailleurs impératif de conditionner l’aide au développement des pays dont sont originaires les clandestins à une réelle coopération dans la lutte contre l’immigration illicite.

Le gouvernement sortant, a à l’évidence nié la réalité du terrain, se contentant de « mesurettes » ; la situation est sous perfusion et le futur gouvernement devra gérer.

Pourtant, voudrait-on mettre en danger la politique spatiale européenne en y allant de la sorte que l’on ne s’y prendrait pas autrement. A Kourou, bousculer le programme calendaire, c’est prendre le risque de repousser à plus loin l’avancée de la recherche spatiale. De plus, les fenêtres de tirs des véhicules spatiaux sont limitées chaque année, dépendant de la météo. Tout retard pris dans le bon déroulement du programme spatial a des conséquences commerciales considérables.

Enfin la politique touristique, qui devrait pourtant être une préoccupation majeure comme instrument de développement économique de ces régions, est totalement ignorée.

Les Outre-mer, grâce auxquels la France dispose d’une zone économique exclusive et partant de ressources du sous-sol significatifs, ne peuvent être méconnues dans les promesses de cette campagne présidentielle.

En réalité, nous devons être attentifs à ce que l’émergence de groupes isolés ne se multiplie, ce qui démontrerait clairement l’incapacité des plus hautes autorités de notre pays à maintenir la présence de l’État dans les territoires ultra-marins.

Il est donc nécessaire de redonner à l’État sa place de protecteur des citoyens, avec l’augmentation des moyens des forces armées, mais pas seulement. L’Etat, plus que jamais, doit aussi se porter garant de l’Éducation et de la Santé de nos compatriotes, partout en France. Il ne faut pas oublier que, même si la distance éloigne certains de ces territoires, que ce soit la Guyane, la Nouvelle-Calédonie ou encore Wallis, ils sont une partie indissociable de la communauté nationale.

Oui, il faut admettre que ce sont des orientations lucides et courageuses que de tous les candidats, seul porte François Fillon. C’est le seul candidat qui a cette vision pour les territoires ultra-marins.

Il y a urgence à apporter des solutions pérennes pour la Guyane, et à imaginer un vrai projet en affirmant de nouveau que l’Outre-mer c’est la France !

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