Sur le nettoyage ethnique au Myanmar.

Quinze mille personnes qui avaient décidé de rester dans la région de Rakhine, malgré les menaces de mort, ont finalement été contraintes de fuir ce dimanche 15 octobre après l’incendie de leurs villages.

Les Rohingyas, minorité vivant pour la plupart dans l’Etat d’Arakan, à l’Est du Myanmar, sont victimes d’un nettoyage ethnique. Selon les estimations, on dénombre entre 1,5 millions et 3 millions de Rohingyas dont 800 000 au Myanmar selon Inter Press Services. Ces populations sont en proie à des nettoyages ethniques et autres persécutions régulières depuis 1962. Ils ne possèdent pas la nationalité birmane et sont ainsi la plus grande communauté apatride au monde.

Depuis la fin du mois d’août des combats d’une rare violence sévissent entre les Rohingyas et l’armée birmane. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés dénombrait 582 000 individus obligés de fuir leur pays pour se réfugier au Bangladesh. L’organisation Human Rights Watch a recensé 288 villages brûlés depuis le 25 août. Cependant ces chiffres sont à prendre avec prudence au regard de l’opacité de la situation. 
 
 Après son silence, le 19 septembre, le prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, n’a pas calmé les esprits. Bien qu’elle ait regretté les excès dû au conflit, elle n’a pas condamné politiquement l’armée et s’est dit dans l’attente de preuves, s’opposant ainsi à Amnesty International qui affirme en détenir. 
 
 Dans ce contexte, l’Etat français est resté digne et fidèle à sa culture de défenseur des droits de l’Homme. Lors de son discours à l’ONU, Emmanuel Macron a dénoncé avec fermeté et humanisme, le nettoyage ethnique en cours au Myanmar. Il a affirmé que la France sera à l’initiative, avec plusieurs alliés du conseil de sécurité, d’une qualification par l’ONU de ce « génocide en cours ».

Les observations de l’ONU et les preuves sont de plus en plus accablantes pour autant la mise en place de l’aide humanitaire est trop lente. L’urgence de la situation se fait sentir de jour en jour. Comme l’affirme l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan, nous sommes confrontés à un fort risque de retour de la violence et de la radicalisation. Une solution diplomatique doit être trouvée au plus vite et la France doit agir dans ce sens. 
 
Dans l’urgence de la situation, il se doit de trouver une solution au plus vite. D’abord à court terme afin de permettre au droit humanitaire d’être rétablit et d’aider les populations dans l’urgence. Ensuite à moyen terme afin d’apaiser les tensions, les violences et radicalisations. Enfin, il faut à long terme trouver une solutions politique pour retrouver une stabilité dans cette région.

Il est temps que l’Etat du Myanmar prenne ses responsabilités. Madame Aung San Suu Kyi, en qualité de démocrate défendant les Droits de l’Homme, je vous exhorte à faire pression pour arrêter les massacres. La France doit avoir une position forte et entendue au sein de l’ONU visant à reconnaitre ce génocide, permettant ainsi à ce que les droits humanitaires prennent place.

Il ne faut pas que, par son inaction, la France, ou tout autre Etat attaché aux droits des minorités et aux droits de l’homme ne soit responsable d’un tel massacre.

Jean François MBAYE 
Député de la 2e circonscription du Val-de-Marne

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