Autism is the future

The autistic savant child is always naked but only for himself

L’AUTISME IGNORÉ ET REJETÉ

HUGO HORIOT — L’EMPEREUR, C’EST MOI — 2013

Ce livre est capital même si certains diront que son langage est le langage d’un adulte qui essaie de mettre en forme des choses dont il se souvient et qui n’avaient probablement pas de mots puisqu’il ne parlait pas sauf bien sûr en lui-même, mais comment pouvons-nous savoir le langage d’un enfant de trois à cinq ans qui ne parle pas ? Bien sûtr qu’il apprend le langage car il n’est pas sourd. Bien sûr qu’il domine et contrôle ce langage qu’il apprend par la simple écoute mais comment savoir ce qu’il en fait, ce qu’il en retient, ce qu’il en assimile, car le langage ce ne sont pas simplement des mots, mais ce sont des structures complexes et une « langue » profonde qui n’est jamais exprimée par des mots, sauf par certains linguistes et leurs métalangues qui comprennent que la « langue » est la puissance mentale de l’homme dans le domaine de la communication. Mais comment connaître la « langue » d’un enfant de trois à cinq ans qui ne parle pas, donc qui ne communique pas avec des mots, bien qu’il communique avec des cris, des regards, des gestes, des actes de colère ou autre.

Donc oubliez cet argument et dites-vous que cet enfant devait avoir largement emmagasiné et intégré la « langue » de ses parents puisqu’à dix ou onze ans il est capable de parler la langue soutenue d’un professeur d’université, du moins c’est ce qu’il veut que nous comprenions car il essaie de nous expliquer l’inexplicable.

Eye contact is extremely difficult for an autistic savant child

Et ne nous trompons pas d’objectif. Nous parlons ici d’un enfant autiste savant (Asperger disent les puristes) qui sera et restera autiste savant toute sa vie. Il devra s’intégrer dans la société car il en a les moyens intellectuels mais il devra vivre dans la hantise permanente d’un couperet social qui tombera aussi souvent que le voudront les bureaucrates supérieurs : « Monsieur X a fait une rechute !!! » Notez que c’est généralement Monsieur car les femmes, les filles sont grandement épargnées dans ce trouble mental du comportement.

Le problème principal d’un enfant autiste savant, ou d’un adulte autiste savant, c’est la communication avec le monde extérieur, qui lui est extérieur, c’est-à-dire tout le monde mis à part parfois une ou deux personnes qui ne sont pas nécessairement ses parents, et quand ce ne sont pas ses parents le drame est alors démultiplié. L’enfant autiste savant va chercher un refuge qu’il ne pourra pas placer dans sa famille qu’il va au contraire fuir comme une plaie d’Egypte. Hugo a donc eu la chance d’avoir une famille capable de le comprendre et une mère capable de l’aimer malgré le handicap. Le père apparaît comme quelqu’un qui lui a donné quelques repères de savoir ou de connaissance dans ce monde qu’il tente de fuir pendant des années.

Now and then

La chance d’un enfant autiste savant est justement de trouver ce refuge où il va développer sa communication avec lui-même. Hugo va pousser très loin cette communication avec lui-même, jusqu’à tuer ce lui-même sous le prénom de Julien et se réfugier dans ce lui-même sous le prénom d’Hugo. Mais un enfant autiste savant peut tout aussi bien vivre à jamais avec cette communication interne avec lui-même et plus tard, adulte, parfois avancé en âge, cet enfant autiste savant recyclera ce lui-même avec lequel il parle à l’intérieur de sa tête, de son âme ou de son esprit, sous l’identité de quelqu’un qui entrera dans sa vie comme une comète traverse le ciel, et cette nouvelle identité empruntée peut durer toujours, même si la personne intéressée s’éloigne pour vivre sa propre vie. Etrangement l’enfant autiste savant ne vivra pas cet éloignement de cette personne de substitution à lui-même, à l’autre lui-même intérieur, comme un drame car il n’est qu’une étiquette, une marionnette, une expérience indélébile et incontournable pour la vie mais purement mentale après l’éloignement, et ce mentalisme est suffisant pour l’enfant autiste savant devenu adulte et même avancé en âge.

Hugo lui réussit un autre prodige : il se fait comédien. Il met Pierre Debauche dans son esprit en place pour être l’autre auquel il va parler et cet autre va l’introduire à de nombreuses autres identités pour cet autre intérieur sans lequel l’enfant autiste savant, devenu adulte pour sûr, mais enfant autiste savant tout de même et pour toujours, ne saurait survivre car il n’aurait plus d’intercesseur avec la vie réelle du monde réel qui l’assaille. Ces identités d’emprunt pour son lui-même interne seront les auteurs dramatiques, les personnages qu’il joue, le monde théâtral qu’il donne à voir à un public qu’il ne voit pas de toute façon car un acteur sur une scène ne voit pas le public, bien qu’il l’entende tousser, se moucher, rire, pleurer, répondre au téléphone qui n’a pas été mis en mode silencieux, etc.

Dramatic adaptation

Mais il n’en reste pas moins que l’enfant autiste savant vit une contradiction qui peut devenir mutilante. Il veut établir un contact avec le monde extérieur et les gens qui y vivent tout en maintenant sa propre citadelle personnelle totalement close à ces autres. Il veut le contact et dès qu’il l’établit il veut le rejeter. Il fait campagne pour être élu délégué de classe et dès qu’il a réussi ce coup de force de 70% de votes au premier tour, il sombre dans la dépression car il a une responsabilité qui met en péril sa citadelle intérieure, et donc une responsabilité qui lui devient très vite étouffante, frustrante, castrante, aliénante, etc.

Et c’est cette incapacité à établir une relation « normale » avec le monde et les autres qui rend l’enfant autiste savant inacceptable dans ce monde extérieur. Autrefois on les classifiait « caractériels » et aujourd’hui on les classifie « autistes Asperger » et quand on veut être moins abstrait et déshumanisant on les classifie « autistes savants » mais c’est toujours la même chose. On n’est pas capable de comprendre et d’intégrer les qualités exceptionnelles que ces enfants autistes portent en eux. Ce peut être les langues, y compris étrangères, ou bien les chiffres y compris mathématiques, ou bien les figures y compris géométriques, etc. Ils peuvent devenir des scientifiques hors pair comme Einstein, ou bien des artistes et des membres des élites sociales et pourtant ils seront toujours péniblement tolérés par les élites bureaucratiques de nos pays.

He found his escape in dramatic art

C’est parfois un rien — ou un presque rien — qui va permettre à l’enfant autiste savant d’exceller. Einstein étant juif il a appris dès son plus jeune âge de sa famille comment il devait vivre en dehors, à la frange de sa société germanique profondément antisémite. C’est cette appartenance marginalisée qui va lui être son refuge social et la science sera son refuge savant. Hugo Horiot a trouvé son refuge social dans sa famille et son refuge savant dans le théâtre. Mais et cela est essentiel, il n’y a pas de règle générale pour les enfants autistes savants car c’est de la réalité qui les entoure dès leur naissance et même avant leur naissance qu’ils vont développer des stratégies de refuge et de fuite par l’enfermement dans leurs citadelles privées. Chacun d’eux est un cas unique et nous devons quitter la psychopédagogie de la moulinette homogénéisante pour pouvoir intégrer leur intelligence, leurs qualités spécifiques, leurs potentiels authentiques. Sinon nous en ferons des inadaptés, des rejetés, des dépressifs qui risquent alors de sombrer dans d’autres aventures aliénantes comme la drogue, l’alcool, la délinquance, la violence, le crime, et même le terrorisme.

Nous sommes si loin de la compréhension du crime contre l’humanité qu’est la volonté homogénéisante de nos sociétés occidentales et nous aurions beaucoup à apprendre des enfants autistes savants qui pourrait être utile à la société toute entière.

Dr. Jacques COULARDEAU

Autistic savant children are NOT abnormal. they are over-normal

La nostalgie est un grande dimension de l’autisme savant.

Soyez donc nostalgique.

THE BEST OF SIMON AND GARFUNKEL — 1999

Just be nostalgic, just let yourself be carried by these songs and this music. You will fly to very distant countries and very far away times.

Of course, I found myself back in North Carolina where some of my students listened to this music and I could hear it in the morning or in the evening on my radio. And there are the vast fields of sweet potatoes and peanuts, and the taste of peanut butter is on my tongue thick and gluey, mixed with grape jam for extra sweetness but also for the purple color on the soft light brown paste. And as Jim Byrd told me one day, “the best part is to put your finger in the peanut butter jar and excavate a mouthful of it and then lick and suck your finger.” And his eyes were flashing with stars of pleasure. I thought at the time he probably did not know how obscene his description could be, though he might have known since he was a highschool jock.

But the taste of that music is in my ears just as if I had fallen into it when an infant and had been seasoned and cultured with it once for all. And I must admit I have been cured with that music and it is the peaceful and calm side of my life, the side that I remember when a blizzard is raging outside, or when I have to face some kind of a battle with whoever thinks he has the right to take over my space and environment just because bullying in such people is the natural state of their minds. And some may end up in very powerful positions and they may become tyrants of some kind, even if it is only over three or four blocks. They are born gang people and These Simon and Garfunkel bring the dream back in such a nightmare.

Other days I am in California, eating some marihuana cookies or drinking some marihuana tea, or even smoking some marihuana cancer stick, and I relax in the soft cotton wool of the music and the plant. I just let the world float and run down the valley to the vast sea of forgetfulness, of forgiving and forbearance. Any monstrous hooligan could pop up in front of me and I would not even see it, lost that I am in the jungle of my mood with El Condor Pasa over my head in the sunny hot sky.

And the trip is finished in no time, and you have to turn it over as we did with old vinyl LPs, though today we do not turn them over anymore. We just press on replay.

Dr. Jacques COULARDEAU

Dramatic art as an escape into excellence

BRUCE SPRINGSTEEN — GREATEST HITS — 1995

There are many ways to be nostalgic but Bruce Springsteen can only respond to old men’s nostalgia when these old men cannot do anymore what they get from the songs. And we remember a time when we were tramps and when we took the road and when we went down the valley. Of course, now we are waiting for the death verdict to bring our life to an end. But there was a time when this music was the music of a rough and tough adventure and time. It is true we were born to run but now we are no longer running since we do not have the legs for it anymore, and some of us have wheels attached to their chair rather than legs to walk on.

And we remember, soft in our hearts and weak in our flesh, how these old times were times of thunder and the roads were running with the deluge of some storm, and we always came to some new towns, to some new places, and it was always the same story. In a week we knew they were all losers and we had to go back on the thunder road and waddle along the way in the running deluge of some storm. Chasing life and trying to capture it wherever it would say yes, though in most places it said no, not yet, run some more.

And from one city to the next we had to cross all the badlands of the universe. We slept with scorpions and we feasted with rattlesnakes. We danced with rats and we fed with spiders. The whole universe was wild and only beasts were meeting us halfway. And in this beast world, you cannot be a loser. The losers are also those who are just the fodder for the winners. Everyone eats the losers they defeat fair and square. And our hearts are so hungry that the first time we felt some palpitation for someone, mostly girls of course, yet though rarely boys, and we did not wait for a license, we did not wake up a judge, we did not ask for permission. We just got out of the encounter the only thing we knew how to take and as soon as the hamburger was eaten we went back on our thunder road, with or without the partner of this small pleasant movement: her or his choice, and if he or she wanted to come along, fine with us, the more the merrier.

Just be autistic savant and conquer the world

But the music and the singing are strange with this Bruce Springsteen and it is as if we were going through a strange case of amusia in the amusement park, some chaos is dancing in our ears, in our eyes, in our minds, as if in Atlantic City the roulette wheels were dancing some polka-dotted waltz. And then we can only get into the dark room of our skulls and start dancing with guns and pistols, bullets and grenades to burst up the décor of this losing world. But everything is fake, the news, the guns, the music, the singing, the people even, and nothing can be found there of any use. Our life is nothing but a depressed dissatisfied deception in the middle of nowhere and for nothing at all. Not even a gun for hire.

And the nostalgia is even stronger when we remember that we were born in the USA and that it has been a whole eternity of violence and exploitation, racism and segregation, harassment and bullying. And in the world, billions of people would like to be born in the USA. If only they knew what it means to be born in the USA. You will see many stars after each mugging and you will have brown spangles around the eyes after each molestation in some street or back alley.

Meet him outside his mental citadel

In our old age we can remember what it was forty years ago or more, what kind of constant struggle life was. Present day history did not invent anything, terrorism or whatever. Violence, torture, horror has always existed and the only thing that changes is the form and shape it takes, the color and tune of the music, but the music is always in the street constant bullets flying around and shots banging everywhere and that is our hometown in our memory and it is in no way different from what they are experiencing in Syria, Iraq or Afghanistan. Vietnam, Algeria, Kosovo and many other places were just the same.

Nostalgia enables us to see that history in perspective is just a long series of repetitive catastrophes and horrors, and there is always someone to tell you, you’re dreaming if you think there is a small patch of sunshine where you can rest and even sleep without running the risk of being violated or burglarized alive for your heart or your kidneys, just before the bullet penetrates your hard skull.

Salvation in literature and dramatic art

But there is in this music, in these songs, in the voice and the wrapping up of the tunes some anger, some suffering, some recollection of a past that was not that beautiful and a future that will not be in anyway better. The songs have a taste of blood and the voice feels like gunpowder ready to flash a big bang in our flesh. That’s probably what makes this Bruce Springsteen valid for some generations to come who will have to confront the Singularity of the take-over of the world by machines.

Dr. Jacques COULARDEAU