Finkielkraut Vs. Cohn-Bendit pour la rentrée de DPDA sur France 2

Le décor est planté pour la rentrée de l’émission Des Paroles et des Actes : Finkielkraut Vv. Cohn-Bendit. Une affiche digne des plus grands événements sportifs. Deux visions idéologiques qui s’opposent. A l’heure ou la France doit faire face à des questions majeures, qu’en pensent nos intellectuels ?

En allumant votre poste de télévision, vous vous attendiez probablement à des joutes verbales bien piquantes. Pourtant, force est de constater que les deux hommes ont su rester courtois, malgré quelques piques sur lesquels nous reviendront. Chacun y allant à grand coup d’arguments. Religion, terrorisme, communautarisme, Europe, système scolaire.. Tout y est passé.

Un débat globalement stérile

Avec de tels sujets, le menu semblait être alléchant. Sauf que, on ne va pas se mentir, nous sommes restés sur notre faim. Et pourtant, les deux hommes se connaissent bien. Il s’appelle même mutuellement par leur prénom. On dirait presque de véritables amis. Que nenni, et quel bon sujet pour le démontrer que celui de l’islamisme ? De son côté, le philosophe a mis en avant le fait que l’intégration française connaissait des ratés en prônant plutôt l’assimilation. De l’autre côté du ring, le soixante-huitard scande une politique de pas d’amalgame. L’islamisme est un exemple, mais l’éducation ou encore les questions européennes, les deux partisans sionistes tombent globalement d’accord sur les constats. Pour les solutions en revanche, c’est une autre paire de manches. Le feu et la glace. Sur un temps d’antenne toujours très cadré, difficile de pousser plus loin de réelles réflexions de fond. Dommage. Une parodie de débat ? N’exagérons rien, même si on n’en est pas loin. Un fait marquant tout de même : Dany et Finky se sont parlés en Hébreux, à la surprise d’un David Pujadas gêné, répliquant du tac au tac : « Bon, si on vous gêne on peut se retirer ! » un grand moment.

Des invités

Wiam Berhouma. Retenez ce nom, car c’est bien elle qui a réellement enflammée le débat. Personnalité forte affiliée aux Indigènes de la République, elle se livre à une tirade de six minutes ni plus ni moins, pour descendre complètement un philosophe qu’elle affirme comme islamocentrique. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle l’a fait trembler. Et là, voilà que Philippe Saurel, actuel maire de Montpellier, arrive sur le plateau pour parler des goys. Si vous pensez que le fait qu’il soit sans étiquette allait faire avancer le débat, vous vous trompez malheureusement. L’ex-PDG d’Endemol Virginie Calmels, proche d’Alain Juppé. n’a guère relevé le niveau non plus. Vous l’aurez compris, piètre prestation des deux protagonistes face à deux habitués à l’exercice. Karim Rissouli, alors chargé de relever les tweets des téléspectateurs qui n’ont pas changé de chaîne, insistera quand même sur « l’obsession de l’Islam » d’Alain Finkielkraut. Cohn-Bendit aura moins été taclé par les invités, mais pas pour autant plus pertinent.

Sur le papier, un débat Finkielkraut Vs. Cohn-Bendit un jeudi soir sur France 2, c’est un peu comme un PSG — OM, un dimanche soir sur Canal +. Tout le monde l’attend, mais, malgré les quelques temps forts de part et d’autre, le résultat est là. Match nul. Aucun n’a réellement pris le dessus sur l’autre. Pertinente ou non, chacun est juge. Vous avez entendu la plaidoirie de ces deux personnalités médiatiques opposées, à vous de vous faire votre opinion.

Jeremie LEGER