Quand il faut s’y remettre !

Je vais être clair tout de suite : j’ai passé de super vacances, qui contiennent à peu près tout ce que je pouvais espérer de mieux :

Un aperçu de l’essentiel

Compliqué de l’exprimer différemment mais j’ai récemment ressenti chez moi comme une recherche de “trouver ce qui est vraiment essentiel”. Apres trois ans (voire plus) de sur-utilisation intensive (notez l’hyperbole) des réseaux sociaux, j’ai constaté que finalement plus que mon corps, c’est mon cerveau qui n’en pouvait plus.

Au final ca m’a révélé pas mal de choses sur moi et c’est plutôt cool.

Plus d’addiction aux réseaux sociaux.

Ca c’est la première grosse nouvelle, j’ai réalisé que je ne ressentais plus le besoin compulsif de me connecter pour “remplir ma vie”. En fait je passe même de bien meilleurs moments.

Bon ca ne veut pas dire que je ne traine plus sur Messenger parce que ce truc est bien pratique, mais j’arrive à esquiver Facebook et le reste. J’espère juste arriver à trouver moyen d’en faire un usage intelligent sans retomber dans de la connexion compulsive.

En plus ca fait des vacances à tout le monde donc c’est tout benef.

Mes amis sont importants

Je le ressentais intuitivement aussi mais derrière mon cocktail de bizarrerie j’ai besoin de bouger et de rencontrer des gens, et au-delà de ça de voir mes amis. Sans ça je crois que je peux bien me reposer, mon esprit ne suit pas.

Bref oui j’ai besoin d’une certaine dose d’agitation amicale.

J’ai aussi besoin de solitude.

Mais pas n’importe laquelle ! En gros on ne parle pas d’isolement forcé mais plutôt de retraite, c’est à dire d’un lieu où je suis en retrait par rapport à ce qui, autrement, constitue mon quotidien. Mais bon ça ne signifie pas que je n’apprécie pas la compagnie des gens, plutôt que par moment être à distance de mon quotidien.

Ma créativité n’est pas morte !

Par moment ça peut arriver de se demander si on est à la hauteur, et si on n’est pas en fait juste en train de bluffer tout le monde et soi en premier. C’est ce qui m’arrive par moment alors que j’entame la rédaction de ma thèse (fatidique épreuve).

Heureusement, et c’est là un point très positif, je commence à comprendre comment agripper ma créativité.

Actuellement je suis en train de reprendre mon rythme “idéal”. Idéal, ça ne veut pas dire que ce rythme est parfait, mais plutôt que le suivre me permet de faire des efforts quand il faut faire des efforts, et de limiter la procrastination a un phénomène de “frottement”.

En prépa comme je l’ai déjà écrit, j’étais ridiculement efficace : je travaillais énormément du matin au soir en semaine et ne faisais strictement rien le reste du temps qui soit en lien direct avec les cours.

Ce régime pouvait fonctionner tant qu’il était dans un régime d’heteronomie relative : ce n’est pas moi qui décidais des sujets sur lesquels j’allais porter mon attention, mais bien plutôt les professeurs, et derrière, le programme.

Aujourd’hui c’est différent puisque je suis au contraire dans un contexte d’autonomie relative : c’est moi qui décide des sujets sur lesquels porter mon attention, modulo bien sur diverses obligations légales.

J’ai fini par accepter qu’en fait ce dont j’avais besoin, concernant VoxWave, n’était pas de travailler plus, mais au contraire de travailler moins.

Des journées trop longues

Objectivement certaines de mes journées dans la boite m’ont conduit à bosser parfois jusqu’à 12 voire 13h par jour (avec des arrivées à 8h et des départs à 19h, et une reprise du boulot une fois à la maison).

Évidemment ce travail n’est globalement pas efficace et ponctué de longues périodes d’inactivité. Concrètement, ce ne sont pas des moments où je travaille, mais pas non plus des moments où je ne travaille pas. Plutôt des moments où je “réponds à tel mail important et urgent, ce qui me fait réaliser que j’ai oublié de m’occuper de cet autre sujet tout aussi urgent et important, ah et au passage je n’ai pas pris de décision à tel sujet et je dois envoyer tel fichier à untel”.

Sauf qu’en fait concrètement ça s’apparente au fait d’avoir une dizaine de fenêtres ouvertes et d’essayer de gérer des problèmes en simultané, parfois de façon peu avisée. Et le tout avec une dose de trouillometre au ventre.

Ce que m’ont appris ces vacances c’est qu’il est possible d’envisager une activité moins fatigante nerveusement, tout en étant beaucoup plus intense (et donc beaucoup plus efficace).

Elle consiste à traiter les informations et les tâches à faire de façon séquentielle, et non pas à la suite.

En clair, j’ai réalisé une to do list approximative par projet des tâches à faire, dont l’objectif est qu’elle soit compréhensible par moi avant tout.

Chaque matin je reprends cette to do list et je m’occupe de réaliser une tâche afférente à un projet donné, ou bien une tâche qui suppose le même processus cognitif sur plusieurs projets (ce matin il s’agissait de rédiger des contrats pour deux albums à venir).

De la concentration

J’ai procédé en plusieurs temps :

-D’abord fait les contrats des gens pour qui je disposais de toutes les informations disponibles, avant de leur expédier.

-Puis préparé ceux des gens pour qui je ne dispose que d’informations parcellaires.

-Enfin j’ai mis à jour tous les tableaux de production en indiquant les infos manquantes et les étapes à suivre pour y parvenir.

Alors bien sur, ca n’est pas parfait, j’ai été dérangé à plusieurs reprises par d’autres personnes pour des questions “urgentes”.

Mais au final j’ai pu bénéficier d’une assez bonne concentration pour boucler en une matinée une tâche très importante, et que je pourrais poursuivre ensuite simplement (car j’ai le protocole de résolution en tête).

Au final en 6h de temps j’ai fait plus, beaucoup plus, que je n’aurais fait en 12h.

Donc évidemment cela signifie aussi que je devrais normalement pouvoir consacrer ces 6h de plus à des choses tout aussi importantes mais qui n’ont rien à voir avec le boulot. Ce qui est plutôt cool quand on a une thèse à rédiger par exemple. En clair je devrais être capable de faire plus en moins de temps, en étant globalement plus détendu et surtout, plus heureux.

Que demander de plus ?

Et c’est sur ce point là que je voudrais conclure, c’est que en ce moment ma préoccupation est d’améliorer ma concentration et de parvenir à faire en quelques heures ce qui auparavant me prenait plusieurs jours. Mes vacances étaient donc une excellente coupure pour apprécier mes points forts, sans tomber dans le narcissisme ou l’oisiveté.