Vaincre la procrastination 101 : Retrancher le nuisible
Pour cet article je me base pas mal sur ma lecture du livre de Scott Adams How to Fail at Almost Everything and Still Win Big.
Comme je le disais dans un article précédent, la méthodologie c’est la clef.
La clef qui permet de construire un système de gestion de l’énergie efficace.
C’est un peu obscur dit comme ça, je vais donner un exemple simple :
J’avais souvent tendance à grignoter quand je suis chez moi. Il suffisait que je m’ennuie pour aller prendre un truc dans mon placard et le manger.
Concrètement ça avait deux effets néfastes :
- M’empêcher de me concentrer sur un truc que j’avais à faire.
- Me faire prendre du poids en mangeant un truc pas sain (et même pas aussi bon que j’aurais pu l’espérer).
Quand je me suis rendu compte de ça et que je passais mon temps à manger plutôt qu’à faire des choses importantes, j’ai d’abord tenté de traiter ça en agissant sur mes actions immédiates.
Par exemple, essayer de me retenir de manger. Ce qui était une très mauvaise idée, pour deux raisons :
- Subitement la pensée de manger ce truc devenait une obsession.
- En plus de ça je finissais par craquer et par devenir coupable.
Au final non seulement je finissais par manger des trucs pas sains, mais en plus de ça je culpabilisais d’être si nul. Et je perdais un max de temps.
Finalement j’ai trouvé une bien meilleure solution, plus radicale.
J’ai fait un examen de tous les trucs que j’achète habituellement. Au final je me suis rendu compte (coup de bol) que hormis ces cochonneries, j’avais une alimentation plutôt équilibrée.
Donc qu’est ce que j’ai fait ?
J’ai arrêté d’en acheter.
Et j’ai constaté que miraculeusement, je n’avais plus du tout envie d’en manger. Ou que quand ça me prenait, ma flemme était suffisante pour me dissuader de faire 10 min à pied pour aller en acheter.
Mais ce n’est pas la seule chose que j’ai fait, j’ai aussi substitué à ça des trucs plus sains. Ca ne veut pas dire parfaitement sain (un bout de fromage ca reste gras), mais plus que ce que je mangeais avant (des chips).
Les causes plutôt que les conséquences
Concrètement, qu’est ce que j’ai fait ? C’est tout simple : plutôt que d’agir sur les conséquences de la situation (j’ai acheté des trucs gras, je résiste à l’envie de manger des trucs gras), j’ai agi sur les causes de la situation (j’ai l’habitude d’acheter des trucs gras, j’arrête d’en acheter).
Ça ne signifie pas de faire attention à ce qu’on mange, mais de faire attention à ce qu’on achète.
Ultimement les avantages de cette situation sont nombreux :
- Pas besoin de résister à l’envie (pourquoi résister à un truc qui n’est pas malsain ?)
- Économies substantielles (c’est bizarre mais la nourriture saine coûte moins cher que les trucs malsains).
- Du coup plus d’énergie à mettre dans des trucs qui vous motivent. En clair plutôt que de résister à l’envie de manger, vous pouvez mettre votre volonté au service d’autres objectifs.
En clair, les premières fois que vous allez aller au supermarché pour vous recharger vous allez galérer car vous aurez trop envie de vous prendre ce truc qui vous fait tellement envie. Donc oui là il faudra lutter.
Et puis une fois chez vous vous n’y penserez plus. Parce que votre propre flemme vous vaccinera contre l’envie de sortir.
Le tout ce n’est pas de vaincre sa flemme, c’est de l’utiliser utilement.
Ce que je présente ici pose en fait les jalons d’un style de vie qui repose sur le fait de construire une façon efficace de gérer son énergie. En gros, comment faire pour que lorsque vous avez besoin de vous concentrer sur un objectif précis, vous n’ayez pas une occupation néfaste et nuisible qui se met en travers du chemin.
En clair, une des premières étapes consiste à éliminer les actions qui, sur le long terme vous causent du tracas. Ces actions ne vous demandent pas de décider de vous y mettre aujourd’hui ou demain. Vous décidez de vous y mettre, et vous trouvez un moyen de vous rappeler de la décision à prendre sur le moment.
Quelques exemples de souffrances ordinaires :
-L’alimentaire, cf tout ce qui précède.
-l’entourage toxique. Si quelqu’un vous pompe votre énergie à chaque fois que vous la voyez, débrouillez vous pour ne plus avoir à faire affaire à elle.
-le fait de geeker tard : perso je laisse mon PC portable dans mon sac à dos, dans le salon. Généralement quand je vais me coucher et que j’aimerais bien brancher mon PC pour geeker, j’en suis dissuadé par le fait qu’il est trop loin pour moi.
-le fait de zapper une douche le matin car vous avez préféré remettre le réveil à plus tard : douchez vous la veille. En plus vous pouvez prendre le temps. Et en plus ça vous fait une coupure alors que vous geekez.
-les achats compulsifs : ne prenez pas votre carte bleue avec vous.
Évidemment face à ça vous pouvez vous trouver mille excuses. “Mais si j’ai besoin d’acheter quelque chose en urgence, je fais comment ?” “je ne peux pas être un pourri avec untel, ça ne se fait pas”, etc.
Vous pouvez raisonner comme ça, mais au fond vous ne faites que prolonger une situation qui est pathogène, plutôt que d’agir à la source.
Surtout que (et c’est le bon point), les bonnes habitudes sont aussi difficiles à déloger que les mauvaises.
C’est pour ça que j’évoque dans l’article précédent le sommeil comme un point clef : une fois pris l’habitude de dormir à votre rythme, vous aurez du mal à revenir à des habitudes pathogènes car vous serez trop fatigué pour ça.
Évidemment, ici, j’évoque des méthodes faciles à mettre en oeuvre pour “retrancher le négatif” dans votre vie. C’est a dire retirer ce qui ne va pas. Ce n’est pas suffisant pour se sentir pleinement satisfait, mais c’est déjà un grand pas en avant vers le bien être.
En résumé
On récapitule :
- Identifier ses comportements pathogènes (trop manger, souffrir de la présence de quelqu’un, zapper de se doucher le matin…). Perso je ne fais pas de liste, je constate juste par moment qu’en fait un truc me saoule.
- Identifier l’intrant qui correspond au problème pathogène identifié (achat de courses, une personne insupportable, le fait de devoir être propre en journée).
- Identifier le moment où vous pouvez faire face au problème le plus à la source possible, et avec le minimum de volonté (le moment où on fait les courses, le moment où le téléphone sonne, le moment d’aller se coucher)
- Appliquer la solution la moins coûteuse psychologiquement parlant (prendre d’abord les trucs importants et constater qu’on est surchargé, mettre son téléphone en silencieux, prendre une douche vraiment cool).
- Observer si la situation s’améliore dans le sens voulu. Si oui, revenir au 4. Si non, revenir au 1.
Globalement une fois cette petite gymnastique mentale mise en place ça va tout seul.
En fait ça fait partie d’un état d’esprit global qui consiste à augmenter les sources de positivité dans sa vie. Mais ca… on en parle plus tard !
