SmartHome :

le nouveau combat


Entre les dernières innovations du CES, les kick-starters florissants et les multiples annonces de rachat de startups par les GAFA, une véritable bataille est en train de jouer sur le marché de la domotique, en pleine effervescence : les industriels sont en mutation et se réinventent face aux nouveaux entrants ultra-innovants.

Quelles sont les différentes approches et solutions proposées ? Et surtout, pourquoi un tel enjeu pour les acteurs qui se disputent ce marché ?

Parce que la SmartHome c’est l’accès aux datas du foyer grâce à des systèmes intelligents. Et ces datas devront être rapidement centralisées pour offrir des services plus simples, plus pertinents et plus intelligents aux consommateurs.

Qui sera le plus smart ?

Dernièrement

2014, Samsung rachète SmartThings et annonce la création de la plateforme SmartHome, qui permettra de relier et contrôler tous les objets connectés de la maison.

2015, le produit HUB de SmartThings remporte le Editor’s Choice Award du CES.

Toujours dans l’esprit d’un écosystème fermé mais très fonctionnel, Apple développe son protocole HomeKit.

Google rachète le thermostat Nest et fait développer une gamme de produit.

Microsoft investit dans un incubateur spécialisé qui permettra de développer les fonctions de son protocole HomeOS.

L’objectif étant de simplifier l’interconnectivité des différentes technologies présentes dans les foyers.

Qu’est ce que la SmartHome ?

2010, en Europe, seulement 11 % des foyers possédaient des installations intelligentes dans leur maison.

2015, grâce à la démocratisation des smartphones et des box internet, mais également grâce à l’intégration progressive des objets connectés dans les foyers, la SmartHome touche un public bien plus large.

Les acteurs se disputent le marché

La multiplicité des objets connectés impose une standardisation des systèmes de communication. Les grands fabricants tentent de s’imposer comme leader sur le marché de la SmartHome. Dans cette bataille, les entreprises spécialisées depuis plusieurs années dans ce secteur s’associent aux géants pour définir les standards en vigueur.

S’embarquer dans les murs des nouvelles habitations, imposer son standard, connaître et anticiper les besoins de leurs clients à travers l’immense quantité de données partagées, tels sont les enjeux auxquels les entreprises sont confrontées.

Quelles formes pour quelle SmartHome ?

@ Joshfire

Les marques doivent créer des systèmes d’objets intelligents cohérents, adaptés aux habitudes de chacun ou suffisamment intuitifs pour s’intégrer aux scénarii de vie de l’habitant.

De l’infrastructure

La fluidité et la fiabilité qu’apporte un dispositif intégré à l’habitat, à l’image des immeubles intelligents de Cachan par Bouygues et Hager, est séduisante. Cependant, les contraintes d’installation et l’aspect permanent d’une telle solution peuvent représenter un frein.

À l’objet connecté

Les systèmes d’objets indépendants offrent une alternative évolutive et facilement adaptable. Ils permettent d’envisager la SmartHome de manière ludique et à travers une infinité d’applications.

Quels sont les différents aspects de la SmartHome ?

1. Le service

Au delà de la solution technique adoptée, les objets de la SmartHome accompagnent, alertent, assistent l’habitant dans la gestion de sa maison. La qualité du produit sera évaluée par rapport à la pertinence du service apporté. De la gestion discrète au coaching de vie, l’objet connecté symbolise la vision du nouvel habitat.

2. Le design

L’objet connecté au service de la maison peut se faire invisible pour s’intégrer à l’environnement de l’utilisateur ou s’imposer comme un objet familier, symbole d’un style de vie.

De l’expérience utilisateur (UX) à l’interface (UI), la réflexion autour de la forme et des interactions est essentielle pour assurer une solution adaptée et convaincre l’utilisateur.

3. Le protocole

Les objets connectés communiquent grâce des protocoles intra-habitat :

  • communication filaire directement dans les murs du foyer (ethernet ou cablâge spécifique)
  • sans fil, avec des protocoles de communication radio (ZigBee, Z-Wave, Enocean, Wi-Fi, RFID et NFC, Bluetooth).

Entre le système et l’utilisateur, la communication se fait le plus souvent à travers internet ou les réseaux de télécommunication (3G, 4G, GPRS). Le protocole choisi a une incidence importante sur le fonctionnement du système et constitue un enjeu majeur pour la SmartHome de demain.

4. Les capteurs

Les capteurs peuvent mesurer l’orientation, la tension, la pression, le débit d’un liquide, l’intensité lumineuse, la position, la force, le courant, le champ magnétique, l’inertie, les déplacements, la température, les sons, etc.

Tout évènement au sein de la maison peut être détecté et l’information évaluée et traitée en fonction du but recherché. Ainsi, c’est dans la façon dont sont utilisées les données que réside l’enjeu du dispositif.

2020, 50 Milliards d’objets connectés

La SmartHome évolue

Du big data à l’informatique ubiquitaire, les dispositifs connectés rendent la collecte des données aisée. La SmartHome, forte de cet accès permanent à l’information, s’intègre dans les usages pour définir une nouvelle conception du foyer, qui nous contrôle autant qu’il révèle notre quotidien.

Avec la multitude d’approches possibles et les solutions techniques à disposition, la technologie n’est plus l’enjeu. La conception que se fait la marque du service et le parti pris qu’elle adopte déterminent l’orientation du produit et la qualité de la solution proposée.

Quelles sont les approches possibles ?

1. Réaliser un objet autonome dans la maison

Un produit indépendant qui s’intègre facilement au quotidien de l’utilisateur. De la gestion du foyer à l’accompagnement de ses occupants en passant par le coaching, le style de vie qu’offre l’objet connecté joue un rôle déterminant pour susciter l’adhérence de l’utilisateur.

Nest
Sen.se Mother + Withings Aura

2. S’associer/détourner les entités déjà présentes

Un dispositif de commande des éléments du foyer, qui demande un faible investissement pour une évolution simple mais significative reposant sur l’intelligence du système mis en place. Le service s’appuie sur les entités déjà présentes pour enrichir et simplifier l’organisation existante, facilitant la gestion du foyer sans bouleverser le quotidien de l’utilisateur. En se plaçant entre l’objet et sa commande, le système peut ‘hacker’ les données récoltées au service de sa propre intelligence pour améliorer la qualité de vie.

BSH Home Connect + Fibaro Home Center
Tecnalia

3. Faire évoluer son service

Intégrer au service déjà proposé les technologies et méthodes de communications inter-objets pour rendre intelligents les éléments du foyer. La relation entre le client et la marque déjà établie, l’enjeu se trouve autour de l’expérience et de la capacité à proposer une interaction simple et intuitive qui enrichie effectivement la maison.

Legrand Flocoon+ HomeBySFR
Amazon Echo

Quelles stratégies pour quelle SmartHome ?

Se concentrer sur l’expérience

La SmartHome propose des expériences de vie au travers de systèmes sensibles qui touchent l’utilisateur de manière personnelle et unique. Pour éviter l’écueil de l’intrusion négativement perçue, la pertinence du service apporté et la fluidité de l’interface sont déterminants.

S’intégrer par le design

La SmartHome redéfinit la relation à l’habitat. Intégrée aux usages, elle promet d’accompagner et de simplifier le quotidien en s’adaptant aux spécificités de chacun. Le design de l’objet et son positionnement (objet individuel ou système intégré) vont être des points déterminants quant au choix de l’habitant. La qualité de la solution repose sur sa capacité à se rendre fluide et fonctionnelle.

Envisager les futurs

Le développement des objets connectés et la quantité de données récoltées permettent à la marque d’être à la fois omniprésente et omnisciente. Elle s’introduit dans le quotidien de l’utilisateur pour devancer ses besoins, anticipant la demande jusqu’à l’orienter. Quittant un rôle essentiellement informatif, la SmartHome devient un véritable acteur de l’habitat, qui s’adapte et évolue au fil du temps. On ne parle plus de service mais bien de relation à l’habitat, des attentes de l’occupant, et de façon d’y concevoir le futur.

Et demain ?

Une fois dépassé le besoin d’hyper gestion du foyer, la SmartHome se révèle une solution pour s’émanciper des contraintes et gagner en autonomie.

La tendance est à la personnalisation des systèmes pour plus d’empathie et d’efficacité dans l’assistance. Le foyer s’humanise et devient un véritable individu.

La Smarthome en tant qu’entité individuelle, autonome et intelligente est une conscience à part entière, intelligence artificielle implantée au cœur de la maison, et qui accompagne l’utilisateur où qu’il se trouve.

En exemple le robot JIBO, assistant ultra personnalisé dont l’interface simule les expressions humaines pour un maximum de compassion.

JIBO

À terme, nos objets vont donc devenir de véritables assistants de vie au quotidien ; ils apprendront de nous et de nos comportements pour mieux anticiper nos besoins, jusqu’à nous surprendre, à l’instar du personnage de Samantha dans le très romantique film Her. Plus effrayante, la série Black Mirror, dans son dernier épisode, a imaginé un futur où l’on pourrait cloner (et asservir) une partie de notre cerveau pour lui reléguer les tâches de la vie quotidienne, l’assistant idéal en somme.

Entre science-fiction et prédiction, une chose est sûre, la SmartHome c’est l’intelligence artificielle qui se fait peu à peu une place chez nous.

Do you read me HAL ?