Détachement
L’absence de souffrance masque l’absence de passion
Cinq humeurs soufflées par l’élan vital initial
Quatre vertus cardinales dans un océan de feu originel
Trois garde-fous impassibles dans la brume natale
Deux forces contraires et enlacées au coeur de l’existence
Une Âme du Monde qui incarne et absorbe l’ensemble depuis le début
L’absence de souffrance masque l’absence de passion, marque le passage des émotions dans un gouffre sans existence, où les rayons de lumière disparaissent pour laisser le silence apaisant étendre son aire.
La roue des humeurs essouflées s’enlise dans la ligne du temps, dans cette vase visqueuse et brûlante dont la trainée s’étend à perte de vue et file incommensurable vers son destin incurable. Sis sur la lave déliquescente, les éléments frémissent patiemment, attendant leurs tours à tour de rôle. Il est un vent qui ne connaît aucun faiblissement. Comme s’il s’écoulait avec la conscience d’un éternel retour.
Ignorant l’environnement cyclique comme un borgne qui ouvre les deux yeux pour loucher, le Sage cherche en son sein le guide de ses actes. Force et justice conduisent les braves à la bataille ; prudence et tempérance restent les incompris des Dieux. Ignorance est coupable d’ignorer la remise à zéro universelle.
Seules les barrières de l’âme pourront alors garder cet élevage de sa propre folie. Brume démente et clôture spirituelle accompagneront la naissance de l’Homme jusqu’à son ouverture au monde. Etre dans le monde, être au monde. Seul un bornage Triangulaire imaginait une justice divine sans partiale incongruité.
Et de cet ambivalance naquit les premiers flux, forces incroyables mues par un élan vital inavouable. Car un souffle s’essoufle s’il s’aspire lui-même. Ce serait un désastre, bien qu’il n’arrivera jamais de mémoire d’Homme. Toute chose s’équilibre un instant dans le chaos, tout équilibre est instable dans l’ordre éphémère, tout ordre est évanescent dans le Vaste Ether.
Il n’est qu’une seule Âme du Monde, qui incarne et qui absorbe l’ensemble, trou blanc de l’existence et du réel, lumière invisble et éblouissante, silence sourd et inouï ; il n’est qu’une seule origine et qu’une seule fin. Tous les parallèles se perdent en son sein.