Ryomen Hisashi [RPG]

Chapitre 1 : Kira Gitsune

Dix-neuf ans auparavant, Kira Gitsune naquît dans la région de Ni. C’était un royaume limitrophe de Ichi et moitié moins grand que ce dernier. La population y était pourtant assez nombreuse mais les Seigneurs des époques passés avaient misés au fil des siècles sur l’agriculture et le savoir plutôt que les armes. Inférieur dans le maniement des armes, Ni était rapidement devenu l’une des cibles préférés des régions voisines. Mais de son histoire ravagée par les guerres à sens unique, Ni retient une seule chose : les mercenaires pouvaient facilement se contenir si l’on y mettait les moyens. Et c’est ainsi que la région réussit peu à peu à calmer ses ennemis en leur versant une rançon qu’ils ne réclamaient même pas.

C’est dans ce contexte que, Dix-neuf ans plus tôt, Bakemono Nura se dirigea vers cette région avec son cortège. Décidé à cette époque à ravager une petite province de Ni, l’ancien commandant mis son armée d’élite en marche. Le Seigneur de cette époque eut beau envoyer des dizaines de missionnaires - chargé de cadeaux de grandes valeurs chacun - il ne réussit pourtant pas à arrêter cette expédition menaçante. Et c’est ainsi que Nura finit par ravager cette province, par vengeance. Une guilde de mercenaire de second rang y avait établit son quartier général et l’un des membres avait osé souiller le nom de Nurarihyon, le grand-père de Ryomen Hisashi.

Sur le chemin du retour et alors même que le quartier général périssait dans les flammes, Bakemono Nura croisa la route d’une femme portant un bébé. En le voyant arriver, celle-ci eut un mouvement de recul avant de comprendre qu’elle ne pouvait fuir. Elle se mit à supplier pour sa vie et celle de son enfant mais aucun mot ne parvint à cet homme… Il lui trancha la gorge d’un geste sûr et la tête manqua presque de se détacher. Le corps tombant lourdement sur le sol et l’enfant roulant sur le sol, Nura posa son regard sur cette boule de linge pleurant. Descendant de son cheval, il attrapa l’enfant avec un regard toujours aussi froid et enfonçant doucement sa lame dans le linge, il traversa doucement les épaisseurs…

— Père ! Que faites-vous ?

Âgé de seulement quatre ans à cette époque, Hisashi avait accompagné son père dans cette campagne ou, plutôt, ce massacre. Il était resté à l’écart lors du combat mais il avait observé tout le carnage. Nura voulait d’un fils puissant et il enseignait à son fils l’art de la Guerre de la même façon que le grand Nurarihyon. Une fois la bataille terminée, l’enfant avait pu se balader parmi les corps afin de constater les conséquences du déshonneur.

Aucun homme en Nihon n’oserait jamais profaner le nom de Nurarihyon car tous l’admirait. Il avait été l’homme le plus craint du pays durant de nombreuses décennies. Il avait alimenté bien des mythes et légendes, et de nombreux contes racontaient ses prouesses. On disait qu’à l’époque le Grand Seigneur du pays lui-même s’inclinant en sa présence. Mais si on ne pouvait dire du mal de lui, c’était aussi à cause de son fils. Nura avait toujours admiré son père et sans qu’il ne le veuille vraiment, il s’était toujours donné pour mission de le dépasser. Aussi, quiconque osait insulter son père - aussi noble ou de sang royal soit-il - exposait sa famille, son ordre ou son clan à une mort certaine. Afin d’enseigner à son fils le sens de l’honneur, Nura avait ainsi décidé d’emmener son descendant. Il devait voir ce qu’il advenait d’un clan dont le chef s’était couvert de honte… et de la colère d’un Commandant Suprême.

Mais il n’avait pas anticipé sa présence alors même qu’il tentait de tuer un nouveau né et le regard rempli de larmes de son fils le ramena à la raison…

— Que fais-tu ici Hisashi ?
 — Eh bien, je suis venu vous voir, Père. J’ai… J’ai peur…

Entendant les pleures du bébé dans ses mains, Nura comprit que lui-aussi devait avoir peur. Sa mère gisait sur le sol tandis que son sang imbibait doucement la terre. Il tendit alors l’enfant à ce jeune garçon pleurnichard.

— Tiens, occupe t-en. Il doit avoir peur, lui aussi. Rassures-le. S’il lui arrive quelque chose, tu en seras tenu pour responsable, compris ?

Hochant la tête de haute en bas, il saisit le bébé dans ses bras de façon maladroite. Rengainant sa lame, le commandant se permis un moment de tendresse en lui montrant la façon de tenir un enfant.

L’armée se remit en marche une heure plus tard. Il était temps de retourner en Icchi. Hisashi avait demandé à une femme de l’ordre de l’aider à attacher le nouveau né contre son torse. Il portait ainsi ce lourd fardeau tout en chevauchant un poney. Il leur fallut plusieurs heures de chevauchée pour rejoindre les frontières de leur région d’origine et, observant une pause, Hisashi profita de l’occasion de changer le bébé. Il se mit alors à courir vers son père en tenant le bébé à bout de bras.

— Père ! C’est, c’est une fille !

Bakemono Nura discutant avec ses meilleurs hommes, il se mit à fixer son fils après s’être retourné, cherchant ce qu’il voulait dire par là. En voyant l’enfant, il comprit tout de suite…

— Je vois cela. Ta mission reste la même, prends soin d’elle. Elle sera ta petite sœur à présent. J’aurai aimé que ce soit un garçon mais tu devras t’en contenter. Compris ?

À nouveau, le jeune garçon se contenta d’hocher la tête. Son père aurait préféré un autre garçon afin d’aiguiser l’esprit compétitif de son fils mais une fille pouvait aussi très bien faire l’affaire. Après tout, sa femme fut une guerrière accomplie.

C’est ainsi que Hisashi pris soin de sa petite-soeur durant de nombreuses années, se mesurant à elle dès son plus jeune âge et la protégeant toujours des hommes les entourant. À eux deux, ils étaient promis à un bel avenir militaire…

Tout est pardonnable, excepté le mensonge, l’infidélité et la trahison.

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