Ryomen Hisashi [RPG]

Chapitre 2 : La puissance du Démon.

Dans la taverne de l’Ordre des Mercenaires la pagaille régnait. Depuis l’annonce du Commandant Suprême, tout le premier étage semblait dans un état second d’excitation. Chaque membre de l’élite se préparait en vue du départ tandis que les mercenaires au rez-de-chaussé ne pouvait qu’espérer défier l’un d’eux avant le départ afin de prendre sa place.

L’organisation était assez simple mais aussi très sanglante. Pour être dans l’élite, il fallait respecter un certain protocole. Tout d’abord, il était nécessaire de défier publiquement le mercenaire ayant la place visée. Cela devait se faire en présence du Commandant Suprême afin que personne ne puisse se défiler. Ensuite une date était décidée… enfin une heure pour être plus précis. Dans la plupart des cas le duel avait lieu dans l’heure qui suivait. Finalement, le duel était un combat à mort entre les deux mercenaires. Si le membre de l’élite perdait alors le gagnant prenait sa place dans l’élite. Un guerrier pouvait ainsi passer du rez-de-chaussé - sans rang - à la cinquième place de l’élite. Ce genre de choses étaient arrivées seulement cinq fois dans l’histoire de l’Ordre. Le premier cas fut celui de Hisashi lui-même qui réussit à se hisser à cinquième place du cortège de son père. Il avait quinze ans à l’époque. L’élite entière fut choquée en découvrant la puissance du fils de Nura. Ils l’avaient souvent vu s’entraîner bien sûr ou même durant les missions où ils ne lui confiaient jamais de missions dangereuses. Mais là, dans un duel avec un mercenaire respecté et craint, il avait réussi à offrir un spectacle hors du commun. C’est à cet instant sans doute que chacun compris qu’il deviendrait le prochain chef. Ensuite ce fut le tour de Gitsune. Elle avait réussit l’exploit juste avant de disparaître suite à la mort de Nura. Un mois avant cet événement tragique et alors âgée de seize ans, elle prit la sixième place. Puis ce fut au tour des Oyama, un à un ils se hissèrent entre la septième et dixième place. À cette époque, Seipu avait été trop timide pour viser plus haut et s’était contenté de la dixième place.

Ainsi, chacun rêvait de défier l’un des membres de l’élite. Oh, bien sûr sans prendre aucun risque. Ils espéraient défier le centième membre afin d’avoir une chance. Les plus ambitions iraient sans doute pas plus loin que la quatre-vingt-dixième place. Malheureusement pour eux ces hommes semblaient tous se cacher à l’étage supérieur… Et de leur côté, les Oyama et Hisashi étaient montés au second étage. Ils étaient les bienvenus dans les appartements du Commandant. Ils discutaient là de leur objectif mais aussi et surtout de la répartition des trophées. Des trophées… C’était ainsi qu’ils nommaient les têtes de leurs ennemis.

— Mes amis, comme je vous l’ai dit il y a quelques instants nous nous dirigerons vers la Région de Ni. Notre objectif sera de prendre la tête de l’élite de l’Ordre des Mercenaires présent là-bas. De la centième place à leur Commandant Suprême, chacun d’entre eux verra sa tête rouler sur le sol.

Les Oyama se mirent à sourire diaboliquement. Quiconque aurait pu voir cette scène en aurait tremblé de peur. Leurs yeux semblaient briller d’une rage silencieuse et d’un désir brûlant. N’importe qui aurait pu deviner que leur soif de sang était à l’égal de leur réputation. Mais ils furent rapidement ramené à la réalité par leur supérieur.

— Pour cette fois, je me réserve le Commandant Suprême. Je prendrais aussi ses cinq meilleurs hommes. Et en plus de cela, je me chargerais de quiconque fera un bon divertissement pour moi. Vous pouvez toutefois garder la dixième à sixième place, le top vingt et trente. Je m’amuserai avec le reste…
 — Attends, Hisashi… Tu ne veux rien laisser aux autres ? Que feront-ils ?

Hasaki était stupéfaite qu’il l’envisage seulement. Chaque mercenaire de l’élite se préparait à présent en s’imaginant accomplir des exploits qui leur vaudrait un surnom digne de ce nom.

— Oui, tu as bien compris. Ils pourront prendre les fuyards, à la limite. Ils seront simplement là car ils font partit de mon cortège. Si Ni est véritablement en relation avec Gitsune et ainsi responsable de la mort de mon père, leur Seigneur apprendra à me craindre comme si je pouvais surgir à tout instant. Il finira par regarder chaque coin d’ombre pour s’assurer que je n’y suis pas. Il connaîtra la colère du Démon.

Ces mots les laissèrent sans voix. Ils étaient certains que leur ami était fort et l’aura qu’il avait dégagé plus tôt les laissait supposer qu’il était peut-être plus puissant encore qu’ils ne l’imaginaient. Toutefois être seul contre six personnes d’une telle puissance… Et comment réagirait le cortège en comprenant qu’ils ne pourraient pas s’amuser ? Tsuyosa fut le premier à réagir à ces mots.

— Hisashi… Je comprends ton point de vue et ton envie de te défouler. Et comme toujours je serais proche de toi pour assurer tes arrières des quelques lâches qui voudraient t’atteindre dans le dos. Mais… Tu ne peux pas demander aux hommes de sortir attaquer une région sans même les laisser s’amuser un peu. Certains parmi eux espèrent vraiment se démarquer à tes yeux durant cette bataille et obtenir un nom…

Le Commandant Suprême se mis à sourire.

— Ceci n’est pas leur bataille mais la mienne, Tsuyosa. Si je fais intervenir mon Hyakki Yakko c’est dans l’unique but de terroriser la région ainsi que celles aux alentours. Nous passerons un message aux mercenaires de bas rang de leur région : quiconque offre refuge à Gitsune devra nous accueillir aussi. C’est une chasse à l’homme ni plus ni moins. Et en tant qu’amis autant qu’en membre de mon élite, j’attends de vous un soutient exemplaire. Vous anéantirez les forces ennemis qui ne m’intéressent pas et vous mènerez nos forces vers la victoire. Je m’occuperai de mes cibles seul. Compris ?

Son regard criait de désir. Il voulait du sang sur sa lame, sur son visage et ses vêtements. Il voulait pouvoir s’y baigner. Mais il voulait surtout montrer au pays entier qu’il était puissant et que chacun devrait à présent le craindre. Et sans qu’il ne le sache sans doute, c’était le parfait moment pour cela… Un Seigneur venait de mourir de la main de Oyama et bientôt un autre prierait pour ne pas être le prochain…

— C’est d’accord, Hisashi. Les Oyama acquitteront de cette tâche. En tant que ton bras droit, moi, Supai, t’en fait la promesse.

Suite à ces mots, ils échangèrent une coupe de saké comme ils l’avaient fait autrefois. C’était il y a maintenant cinq ans alors que Hisashi venait d’être nommé Commandant Suprême. Ils avaient fait d’eux ses plus fidèles alliés et ses meilleurs lames. Suite à une certaine cérémonie, ils avaient échangé une coupe de saké afin d’attester de leur loyauté mutuelle. Les Oyama le reconnaissaient là comme leur Seigneur de Guerre. Aujourd’hui, cinq ans après cet événement, ils échangeaient encore cette coupe de saké à l’aube d’une nouvelle grande bataille afin de ce rappeler de leur serment. Au matin, ils partiraient en guerre…

Ceux qui savent quand se battre et quand s’abstenir sont toujours victorieux.

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