Interview avec OuiShare publiée le 6 juillet 2016

Rencontre avec Julien Letailleur, personnage de fiction, héros de roman et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2017. Pour que la fiction devienne réalité, il doit avoir réuni 500 signatures de citoyens sur la plateforme LaPrimaire.org d’ici dimanche. C’est comme au poker, c’est pour avoir le droit d’être à la table et de continuer de jouer. Si après avoir lu cette interview vous êtes comme nous curieux de savoir la suite, votez ici !

Julien Letailleur, vous êtes un héros de roman, les gens ne vous connaissent pas. Qui êtes vous ?

Julien Letailleur. Je suis issu du roman Un peuple totalitaire ? Initialement, je suis un énarque, conseiller à l’Elysée, qui m’aperçois des limites du système de représentation. Alors je vais chercher à rendre le pouvoir au peuple. Mais au fur et à mesure je me rends compte que ma méthode n’est pas forcément la bonne, et en discutant avec les gens, je décide de faire autrement : de construire cela à plusieurs. Aujourd’hui je suis un visage, celui de tous les citoyens. Et le plus important c’est que je n’ai pas d’égo puisque je n’existe pas.

Ca veut dire quoi rendre le pouvoir au peuple ?

J. L. On vit dans un monde où la démocratie a toujours été une expérience, or celle que nous vivons dans la France de la Ve République arrive à ses limites. Malgré le modèle de démocratie représentative, on a de plus en plus souvent l’impression que les décisions qui sont prises deviennent principalement des mesures de gestion. C’est normal et sain, mais cela ne suffit pas. Nous aimerions porter des idées constitutives d’une vision qui permettrait à la France de s’insérer avec toutes ses ressources dans le monde qui est en train de se construire.

Les initiatives ne manquent pas, tout n’est pas à créer ! Nos méthodes sont différentes, nous jouons le jeu de la co-construction et de l’intelligence collective, permettant de s’appuyer sur les idées qui existent déjà, notamment grâce à des outils numériques.

Au fond vous cherchez le consensus plutôt que l’opposition des forces démocratiques ?

J. L. C’est un peu plus compliqué. Le consensus, c’est le plus petit dénominateur commun. Mon but, c’est avant tout de donner les clés à chacun pour participer à la construction du monde de demain.

Un mot a été trouvée par l’un d’entre nous, et elle résume bien ce que nous proposons : non pas la Révolution mais la RêveSolution. La Révolution c’est le combat. La RêveSolution c’est la confrontation constructive, la tension féconde qui permet d’imaginer de nouvelles solutions collectives.

D’ici dimanche, vous devez avoir réuni 500 signatures de citoyens sur la plateforme la primaire.org pour être candidat. Qu’essayez-vous d’accomplir ?

J. L. On a beaucoup discuté avec les initiateurs de La Primaire et nous sommes en accord avec leur charte et leurs valeurs. Pour avoir le droit de jouer, il faut 500 votes. Le projet n’est pas encore totalement construit, mais on a besoin de 500 personnes qui pensent que l’expérience mérite d’être tentée.

L’univers romanesque est-il selon vous la seule façon de s’émanciper des schémas de pensée politiques habituels ?

J. L. Il y plusieurs univers qui le permettent… La bande dessinée, le cinéma, l’art d’une façon générale. Ce qu’ils ont en commun, c’est de pouvoir activer l’imaginaire, sans tomber dans une vision technocratique des choses, de telle sorte que cela devient compréhensible par tous. Et de l’art à l’engagement il n’y a qu’un pas. Et seul l’engagement permet de défendre des causes plus grandes que soi.

Mais justement la politique c’est quelque chose de sérieux, et surtout de complexe. La vulgariser, n’est-ce pas la dénaturer ?

J. L. Matisse, au début de sa carrière, peignait des toiles très complexes. A la fin, il dessinait des lignes épurées et toute l’émotion ressentie par le spectateur réside dans cette simplicité ! Rendre les choses simples, c’est tout l’enjeu du politique aujourd’hui, afin que chacun puisse les comprendre et juger en conscience. La pire chose à faire, c’est de décréter que c’est trop compliqué et de priver les gens de leur pouvoir de décision.

Economie, sécurité, chômage, éducation, intégration, Europe… Avez-vous un programme ?

J. L. Avec ceux qui me rejoignent, nous sommes en train de bâtir un programme, qui n’est pas finalisé. On fait cela avec tous ceux qui le souhaitent. J’appelle cela le pari de l’optimisme : le but, c’est d’être la voix des gens qui veulent essayer des choses nouvelles. Mais ce sur quoi nous concentrons notre énergie, c’est surtout une première mesure précise et très ciblée qui permettrait de changer les mentalités pour permettre à chacun de se réapproprier cet espace politique.

Par exemple ?

J. L. On réfléchit à comment mettre en adéquation nos valeurs avec des mesures concrètes. Une de nos valeurs est la tolérance et respect de l’autre. Et pour la promouvoir, l’un d’entre nous a imaginé une mesure permettant à tous les écoliers d’aller passer un an à l’étranger afin de découvrir une autre culture. Ce n’est qu’un exemple. Nous construisons. Je précise que si des gens veulent nous aider, ils peuvent proposer des mesures directement sur mon mur Facebook.

Qui vous soutient aujourd’hui ?

J. L. Le danger, pour nous, c’est l’entre-soi. Tout le monde est le bienvenu. Surtout, ceux qui ne votent pas, ou qui ne votent plus. Pour l’instant, la démarche se structure autour des gens qui nous sont proches, dans les communautés qui réfléchissent depuis pas mal de temps à ces sujet, mais le but est évidemment d’aller au delà.

N’avez-vous pas peur d’être un cliché et de ne vous adresser qu’à une frange minoritaire de la population, à la fois ultra éduquée, politisée et connectée ?

J. L. Mécaniquement, ceux qui se rallient les premiers sont ceux-là mêmes que vous évoquez. Si on n’arrive pas à dépasser ce biais, le projet ne pourra pas répondre à tous les espoirs qu’il suscite.

Mais vous êtes un homme, blanc, énarque, conseiller à l’Elysée… N’incarnez-vous pas ce que vous prétendez combattre ?

J. L. C’est comme ça que je me suis lancé dans le projet en partant du roman, sans arrière-pensées. Mais c’est aussi ce qui me rend réel. L’avantage c’est que je peux à tout moment changer de nom, sexe, de couleur de peau, d’origine ethnique ou de milieu social… Après tout, pourquoi pas ? Je suis fictif ! D’autre part, mon évolution a déjà commencé. Si vous avez la curiosité de consulter ce qui entoure mon personnage sur Facebook, je suis une mosaïque de visages et j’évolue au gré des énergies qui me rejoignent.

Comment peut-on vous aider ?

J. L. A très court, terme, en votant pour vous sur la primaire.org ! Concrètement, cela nous permettra d’y exposer notre programme. Si vous avez des idées ou que vous souhaitez échanger, vous pouvez aussi m’écrire sur Facebook en m’ajoutant comme ami (Julien Letailleur) ou me suivre sur twitter Je réponds aux messages privés.

Retrouvez Julien Letailleur sur Medium et sur twitter autour du hashtag #pourquoipas

Retrouvez également la première interview télévisée de Julien ici.

Originally published at magazine.ouishare.net on July 6, 2016.

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