Source : Le BREXIT : illustration ©Thibault Geffroy/Voxe.org

#LEAVE

« Je suis venu te dire que je m’en vais »

Le peuple anglais, consulté par référendum à l’initiative du Premier Ministre David Cameron, vient de rendre son verdict, après plusieurs mois de discussions.

Le Sun a eu raison avant tout le monde, comme à son habitude, et ce n’est pas anodin : LEAVE.

Ceci est le dernier séisme en date d’un processus engagé depuis longtemps déjà de déconnexion entre ce qui est habituellement caricaturé comme « les Elites » et « le Peuple ».

Peu importe que les Elites aient eu raison ou non sur le fond. On ne peut pas avoir raison si on n’arrive pas à rassurer, à convaincre, à entraîner avec soi ceux que l’on a voué sa vie à servir. Parce que telle devrait être la cause de la politique et de ceux qui en font métier. Comprendre, Proposer, Servir.

Aujourd’hui, le peuple anglais, consulté par référendum, a rendu son verdict.

Le peuple n’est personne. Il n’est qu’une représentation commode.

Aujourd’hui, ce sont James, Jack, Megan, Daniel, Lauren, Sophie, Lucy, David, Jessica, Beth, William, Luke, Alice, Scott et tous les autres qui ont rendu ce verdict.

Ils ont crié leur dégoût de n’être jamais entendus.

Ils ont clamé leur envie d’être enfin considérés, entendus par ceux qui font métier de les servir.

Ils ont répondu au jeu proposé par David Cameron en disant qu’ils sont pour une fois plus fort que le premier Ministre du pays qu’ils habitent.

Ne nous méprenons pas. Jack, Megan, Daniel, Lauren, Sophie, Lucy, David, Jessica, Beth, William, Luke, Alice, Scott et tous les autres sont intelligents. Ils sont conscients de la portée de leur vote. Ils ne croient pas une seule seconde à l’image d’Epinal d’un « tout sera résolu en votant non » qui leur a été vendu par les militants du Non.

En fait, ils ne croient plus en rien. Et le font savoir.

Et parmi eux notamment les jeunes, qui laissent par indifférence ou désespoir le champ libre à un vote opposé à leurs voeux et qui les concerne plus que tout.

Becky, étudiante à Leeds, pourra dire dans 5 ans : “’Ils ont voté pour nous avant de mourir — nous devrons vivre avec leur décision”

Comment leur rendre espoir ? Comment leur montrer que le monde que nous créons ensemble au quotidien peut également amener de belles surprises ?

Je ne sais pas.

Mais je sais ce en quoi je crois.

Je suis optimiste,

Je crois en l’homme.

Je crois en l’intelligence collective,

Je crois en la responsabilité collective et individuelle,

Je crois en la bienveillance,

Je crois en l’engagement commun, à la détermination de chacun.

Notre monde est à un point de bascule, et c’est une chance formidable de le réinventer.

Trois voies sont possibles.

Le statu quo : ressasser éternellement les mêmes débats dépassés.

La peur: refuser obstinément cette évolution.

La dernière, celle que nous choisissons : accueillir cette évolution du monde, contribuer à faire en sorte qu’elle nous porte vers un avenir meilleur, construit par tous.

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