Le Parisien 10 septembre 2015

Trois cents Roms expulsés de leur camp

QUELQUES HEURES après leur expulsion, des familles roms restent dans les parages pour récupérer leurs affaires. Maria vivait ici depuis un an. Elle explique qu’hier matin tout est allé très vite, les policiers les pressaient et répétaient « “vas-y, tout de suite” j’ai pris mes trois enfants et c’est tout ». Elles sont plusieurs femmes à rester près du portail pour essayer de rentrer dans leur ancien refuge. Elles supplient désespérément l’agent de sécurité : « Je te jure, juste je rentre, je prends les affaires des enfants et je m’en vais. Promis ! » Mais l’homme posté à l’entrée refuse catégoriquement de les laisser passer. « Ça me fait de la peine, mais moi je fais comment ? Les policiers sont venus tout à l’heure, ils m’ont dit que s’ils [les Roms] revenaient pour leurs affaires, je ne devais surtout pas les faire rentrer. Du coup, là je les ai appelés. Normalement, ils vont les laisser prendre leur sac mais uniquement en présence des policiers. »


« Je suis très satisfait de ce résultat » Manuel Aeschlimann, le maire (LR) d’Asnières-sur-Seine


Résignée, Liliana attend. « On a toute notre vie dedans. Les affaires des enfants, nos papiers… » Entre 250 et 300 personnes vivaient au 252, avenue des Grésillons à Asnières-sur-Seine depuis l’été 2014. D’après la préfecture des Hauts-deSeine, l’expulsion d’hier s’est bien passée, comme le confirme le maire de la ville (Les Républicains). « Je suis très satisfait de ce résultat, pour montrer à tous les squatteurs, les Roms et d’autres catégories de personnes qui voudraient venir s’installer de façon illégale et irrégulière à Asnières, que je ne permettrais jamais une chose pareille ». Le hangar de 5 500 m² n’appartient pas à la ville donc Manuel Aeschlimann ne pouvait pas agir de son propre chef. « J’avais sollicité de façon très insistante le propriétaire du site pour qu’il puisse, lui, enclencher une action en justice pour l’évacuation des Roms. » Le 29 octobre 2014, le tribunal de grande instance de Nanterre a rendu une décision pour déloger les familles, motivée par deux raisons : la dangerosité du site laissé à l’abandon et le blocage des travaux de construction du futur parc d’affaires des Grésillons. Un projet colossal qui s’insère dans le cadre du Grand Paris. Des ouvriers étaient déjà sur place pour nettoyer les lieux.

JUSTINE CHAUVIN

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