Le Parisien 22 septembre 2015

Port du voile à l’IUT : l’étudiante s’explique

SCEAUX. Après un début de polémique sur les réseaux sociaux, Sheïma, 19 ans, revient sur son désaccord avec une enseignante qui voulait qu’elle se découvre la tête en cours.

ELLE A ACCEPTÉ de se confier pour mettre un terme aux rumeurs. Sheïma, 19 ans, de confession musulmane, porte le voile. Mercredi dernier, elle assiste à son premier cours de droit mais avant de commencer, la professeur la prend à part : « Elle est venue me parler à l’extérieur de l’amphithéâtre pour me demander de mettre mon voile en arrière et de dégager mon cou, mais j’ai refusé parce que je sais que c’est mon droit de porter le voile comme je veux tant que mon visage est dégagé. » L’enseignante insiste mais, face à ce refus, elle décide de commencer son cours. C’est le message d’une étudiante présente dans l’amphithéâtre, posté sur Twitter, qui lance une polémique au sujet de l’incident.

« Je comprends ma camarade, c’était pour me défendre, mais les médias s’en sont servis pour relancer le débat sur le voile à l’université », regrette Sheïma. Pour elle, l’incident avec sa prof est clos. « Je lui ai écrit pour lui dire que je ne voulais pas lui manquer de respect mais que je respecte simplement ma foi. Et elle m’a répondu que je pouvais continuer à venir à ses cours et qu’elle allait faire en sorte que l’année se déroule bien », explique, soulagée, l’étudiante en 1re année de GEA (gestion). « Les profs sont géniaux et il y a une bonne diversité dans les classes, insiste-t-elle. Je regrette qu’on enfonce l’IUT avec cette histoire. » Mais dans les couloirs, on en discute encore. Certains étudiants racontent qu’à chaque rentrée, la même professeur demanderait aux filles de porter leur voile en turban ou de sortir de sa classe. Sarah se souvient que « la prof disait qu’elle était trop féministe pour tolérer des élèves voilées, que c’était un signe de soumission ». Un élève de 2e année témoigne d’une scène similaire en 2014 : « En général, les filles acceptaient à contrecoeur. » Contactée, l’enseignante n’a pu être jointe hier. L’IUT, de son côté, évoque un « non-événement », précisant que le cours a bien eu lieu en présence des deux femmes.

JUSTINE CHAUVIN AVEC J. VA.


CE QUE DIT LA LOI

La Conférence des présidents d’université a remis à jour, la semaine dernière, son guide sur « la laïcité dans l’enseignement supérieur ». Celui-ci précise que la loi du 15 mars 2004, qui interdit le port de signes ou de tenues à caractère religieux, ne s’applique pas à l’université, mais vise les enceintes des écoles, collèges et lycées (y compris classes préparatoires). A l’université, les étudiants peuvent donc suivre les cours si leur visage est visible. Les seules exceptions à cette règle sont les motifs d’hygiène ou de danger, par exemple en cas de manipulations en laboratoire. En période d’examens, les surveillants peuvent aussi demander aux étudiants de découvrir leurs oreilles afin de vérifier l’absence d’écouteurs

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