KIKK : Dessous les trips

Sur le site du KIKK, on peut lire que le KIKK Festival est un “international festival exploring the creative uses of new technologies in art, science and design.” Genre, on écrit en anglais parce qu’on existe au-delà des frontières namuroises. Cela dit, ce label international n’est pas seulement décoratif. Hier les States, demain la France, aujourd’hui la Suisse.

Les faits. Pour continuer à évoluer, l’équipe du KIKK va voir ailleurs. En un mois seulement, elle a parcouru 15 266 kilomètres, soit plus d’un tiers du tour de la Terre. Correct. Très correct. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le KIKK risque de continuer à crâner en anglais.

Inspirations, rencontres, découvertes, c’est le moment de partager avec vous nos plus beaux souvenirs de voyage. Premier arrêt: Minneapolis.

Festival Eyeo de Minneapolis

Prince est né à Minneapolis, il y a grandit. Son rapport avec le festival Eyeo est moins évident. Quoi que. Le festival rassemble des codeurs, designers et artistes autour de questions liées aux cultures digitales et créatives. Cinq jours de conférences et workshops. Le public est majoritairement professionnel, le prix d’entrée assez élevé, on parle tout de même d’un pass à 669$. Toutefois, tout ce gratin n’est pas venu dans un esprit de compétition. Au contraire, en témoignent Marie, coordinatrice du KIKK et son homologue américain Dave Schroeder, cofondateur du Eyeo, qui ont montré le bon exemple en tapant causette dès le premier soir.

Minneapolis compte de nombreux lacs et usines à farine.

À Minneapolis, Marie a eu trois coups de coeur. À égalité et dans le désordre, les voici.

D’abord, et c’est un fait suffisamment rare pour le mentionner, au festival Eyeo, sur scène comme dans les gradins, il y a autant de femmes que d’hommes. Une exception dans le monde du digital, généralement associé à un taux de testostérone dominant.

Des hommes et des femmes au festival Eyeo

Ensuite, l’importance attribuée à la rencontre. « N’hésitez pas à parler à votre voisin », encourage-t-on dès le début du festival. D’ailleurs, tous les participants reçoivent un badge qu’ils gardent autour du cou durant tout le séjour. Nom et prénom, twitter et boite professionnelle. « Ça te permet d’identifier d’emblée les personnes à qui tu t’adresses », explique Marie, enthousiaste.

Vue de profil de la terrasse du Guthrie Theater lors de la soirée d’ouverture du festival

Les gens du public sont aussi intéressants que les conférenciers, ajoute-t-elle. Là, elle frime peut-être un peu. « Il y a plein de moments consacrés à l’échange, au networking comme lors des mini-présentations auxquelles n’importe qui peut s’inscrire. » Bon et puis il y a les drinks aussi, ça aide à briser la glace.

La terrasse bondée de participants intéressants qui brisent la glace.

Enfin, parmi les dizaines de conférences, il y en a deux qui sortent du lot. A commencer par celle d’Adrien Segal qui travaille la datavisualisation de manière concrète et artistique. Exit les infographies nébuleuses, l’artiste incarne les données dans la matière et réalise des oeuvres « hyper physiques. »

« Dans les projets d’ Adrien Segal, la technologie est invisible.»
Sculpture éphémère incarnant la fonte du glacier Grewingk au cours des 150 dernières années.

L’autre conférence, c’est celle de l’artiste et designer Sara Hendren. Pleine de charisme, elle délivre un message simple, essentiel.

« Il ne faut pas forcément être expert pour être innovant. »

Y a qu’à voir le commandant Cousteau. Il a démocratisé la plongée, poussé l’exploration sous-marine sans être titulaire du moindre titre scientifique. Passion et partage sont moteurs de création.

Sara Hendren quant à elle, propose un design engagé, en intégrant notamment la dimension technologique à la recherche consacrés au handicap.

Slope : Intercept, projet de rampes et plans inclinés

L’étape parisienne

Deuxième étape, Paris, première halte : Futur en Scène, le rendez-vous incontournable de l’innovation. L’équipe du KIKK s’y est rendu pour prendre le pouls de la planète startup française. Gaëtan et Gaël, les magic makers du studio Superbe, ont même monté un petit stand au sein du Village des Innovations.

Gaëtan, Geometric Music et Minimom

À l’honneur cette année à Futur en Scène : la VR. Et il y a un projet qu’on n’oubliera pas de si tôt : Notes on Blindness, une expérience de réalité virtuelle sensible, inspirée par l’expérience de la cécité progressive de John Hull.

Notes on Blindness

Nos globe-trotters, accompagnés par les collègues du TRAKK, ont ensuite poussé une pointe jusqu’à la Gaîté lyrique, le centre des cultures numériques. Ils ont même poussé la porte. Et ils ont bien fait. Ils ont visité l’exposition Les vrais, les faux, l’incertain, ils ont flâné et se sont laissé séduire par l’oeuvre zen de Nils Völker.

Inspirez. Expirez. Inspirez. Expirer. Inspirez. Expirez. Jusqu’au 17 juillet 2016.

L’idée derrière ce petit city trip? Visiter des lieux, nouer des partenariats, noter quelques bonnes idées au passage. Dernier détour: ICI Montreuil, un fablab et un espace de co-working gigantesque, une “usine pour les créateurs” en plein coeur du “Brooklyn français.” Sur place, des créateurs de tous bords se rencontrent dans un bel esprit de collaboration, certains amènent même leurs propres machines pour en faire profiter les autres. Notre petit tip pour touristes pressés : testez les toilettes et entrez dans la cinquième dimension.

Jury à l’ECAL de Lausanne

Enfin, et comme tous les prétextes sont bons, nous nous sommes autorisés une dernière escale à la Haute école d’arts appliqués de Lausanne, en Suisse. Les étudiants en design média et numérique de troisième année y présentent tous les ans au mois de juin, leur projet de fin d’étude. Communication visuelle, application, jeux vidéo, objet : une vraie mine d’or. Prenez Deltu, le robot cabotin d’Alexia Lechot. Composé de deux iPads et d’un bras, il interagit avec humour et humeur avec les humains qui ne seront pas déçus du voyage.

Deltu est têtu

Deltu va jusqu’à refuser de jouer avec son interlocuteur pour prendre un selfie et le poster sur Instagram.

On a également découvert le kit de survie FOMO, en référence directe à cette phobie de rater quelque événement en se déconnectant des réseaux sociaux. Oh my god, mais comment est-ce possible? Si vous êtes en cure de sevrage, le kit de Lara Defayes devrait donc vous permettre de vous rendre à tous vos événements-super-importants-inmanquables-tu-comprends.

Boussole, lampe de poche, sifflet, pour pallier la “Fear of Missing Out”

Et pour terminer, on s’est baladé dans le cosmos imaginaire de Lina Vozniuk-Berzhaner. Celle qui voulait être cosmonaute a fini par construire le télescope qui lui permettrait d’explorer l’univers en gardant les pieds sur terre.

The Ptolemy Mission : un télescope , sept planètes

Comme quoi, “tu ne vois pas la même réalité quand tu regardes à travers un autre prisme.” Tout est une question de point de vue.

Là-dessus, on va quand même retourner bosser parce que le temps file et qu’on a pas que ça à faire.

On vous fait des gros bisous,

La KIKK Team.

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