Choisir c’est renoncer.

Je ne saurais dire combien de fois mon père a pu me répéter cette phrase. Je ne me souviens ni du contexte précis, ni même de mes réponses à ce concentré de sagesse en 3 mots. Il n’empêche qu’avec les années je me rends compte à quel point cette phrase est dramatique… Et véridique.

Credit : Tyler Feague

J’ai toujours un million d’idées, constamment, et il ne se passe pas une journée sans qu’un sujet ne pique ma curiosité. Avant même de m’en être rendu compte, je commence déjà à imaginer un nouveau projet, toutes ses ramifications, ce que je pourrais apprendre ou en tirer. Le moins qu’on puisse dire c’est que tout ça est extrêmement exaltant, ultra excitant… Jusqu’à ce que je commence à me sentir submergé par les infinies possibilités liées à cette nouvelle opportunité, sans compter mes 72 autres projets déjà en cours, que je tente tant bien que mal de faire exister.

Seulement voilà, il y a une limite à ce qu’un homme (ou une femme) seul(e) peut faire. Et si il y a une chose que j’ai du mal à admettre ce sont mes propres limites. Je m’y refuse. Tout simplement. Je refuse d’abandonner ce qui me semble être une bonne idée, en tout cas pas avant d’avoir essayer. Mais le constat est toujours le même : je manque cruellement de ressources et particulièrement de temps donc il faut que je choisisse…

Je pense que cette difficulté à abdiquer reflète quelque chose d’intéressant. Je pense que mon problème est intimement lié au fait que j’ai une peur bleue de louper une occasion de me réaliser.

Et si cette fois c’était la bonne, et si j’avais enfin trouvé ma voie, et si j’avais enfin trouvé quelque chose pour lequel je sois doué… Quelque chose dans lequel je pourrais me réaliser, me dépasser, me transcender.

Et si…

Peut-être est-ce lié à la jeunesse, au fait qu’au final à 25 ans on commence à peine à se connaître (en tout cas en ce qui me concerne). Ou alors peut-être que ça tient au fait que lorsque l’on est jeune on veut tout essayer, tout faire, tout tenter, expérimenter le plus possible.

Mais seulement voilà, pour aller au bout d’un projet, être bon dans un domaine, cela demande du temps. Beaucoup de temps. Et s’il y a une ressource dont on ne dispose (et ne disposera) pas à loisir c’est bien le temps. Il n’est ni extensible, ni rechargeable, ni monnayable. Alors il faut choisir… Et donc renoncer.

La seule question qui vaille alors d’être posé c’est : A quoi souhaitez-vous réellement passer votre temps?

X.

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