Être ou ne pas être ? La télé réglera la question

La conscience est l’image de l’inconscience, jamais l’inverse. Nous sommes conscients de nos actes, et c’est pourquoi nous ne mettons jamais en cause leurs origines. Leurs origines viennent du soi, de notre conscience. Notre libre-arbitre nous permet de choisir, et qu’importe quels sont nos choix, puisque nous choisissons.

Le cerveau humain est noyé d’informations qui sont, chaque jour, déversées par les médias. Principalement grâce aux chaînes d’informations en continu, qui du matin au soir cherchent constamment à nous garder devant notre télévision. Nous nous mettons à mieux comprendre l’économie ou la politique que les générations précédentes, à mieux râler aussi. Malgré eux, les médias sont devenus des outils de communication plus puissants aux yeux des politiques qu’ils ne l’ont été jusqu’à présent. La politique débarque alors dans les foyers, plus présente que jamais. Elle change de visage, aussi. Si elle était propre au débat familial du dimanche, elle est devenue pensée unique. Seulement cette pensée n’est pas si unique, chaque parti défend la sienne. La pensée politique devient alors un outil marketing qu’il faut vendre. Et la pensée unique devient vérité universelle.

Allons bon, ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau en revanche, c’est le bombardement médiatique et numérique qui l’accompagne. L’information, dépassée par les réseaux sociaux, devient idée. Le danger n’est pas la popularisation du débat politique, mais son ineptie. Car l’idée la plus médiocre devient vérité à celui qui n’y prend pas garde. Si les discussions de comptoirs étaient autrefois réservées à ces derniers, elles sont aujourd’hui généralisées et tentent de se déguiser en expertise. Les bavards piliers de bar ont troqué la bière à la cravate, la laïcité au communautarisme majoritaire, le populaire au populiste.

La machine politique a toujours été un jeu de conquête. Et tant pis pour celui qui perd, même s’il détenait le vrai. Nous nous conformons à une pensée unique, nous la défendrons. Et qu’importe ses conséquences, elle nous plaît, elle est vérité. Nous tenterons de la défendre quel qu’en soit le prix, même celui-ci prend la forme d’éthique ou de démocratie.

La manipulation de nos consciences diminue la créativité de nos esprits penseurs. La pensée, faussement libre, se dogmatise. Notre palette de choix devient mince, alors que le sophiste devient Roi. Notre libre-arbitre nous permet de choisir, et qu’importe quels sont nos choix, puisque nous choisissons.