Octobre

Assise sur un banc dans un cimetière, Camille lisait. Le vent jouait avec les feuilles rouges-orangées des arbres, et l’air glacial lui chatouillait le visage. Imperturbable demeurait-elle cependant, sa lecture la tenait en haleine. Il se mit à pleuvoir et la jeune femme s’abrita sous un arbre massif pour que son feuillage empêche les feuilles de son roman d’être mouillées par la pluie. Soudain, les rayons du soleil d’une couleur fauve ; des rayons tièdes, apparaissaient et réchauffaient l’atmosphère. Elle s’élança précipitamment dans l’allée, tournoyant comme une ballerine inondée par la pluie et le soleil. Elle avait toujours son livre à la main qu’elle faisait virevolter dans les airs. Une vielle dame non loin de là observait avec stupéfaction la scène. Comment un roman pouvait-il valser avec tant de poésie? Le vent y était assurément pour quelque chose ! Puis, ce fut au tour d’un jeune étudiant de s’émerveiller. A ce moment là, Camille se retourna et l’aperçut. Plongeant ses yeux dans les siens, elle tentait de déterminer s’il la regardait, elle. Qu’il était beau ! Mais le regard du jeune homme fixait toujours le livre qui maintenant était suspendu en l’air à au moins un mètre du sol. Elle haussa les épaules, évidemment qu’il ne la voyait pas le fantôme qu’elle était. Tournant les talons, elle alla rejoindre Wilde qui lui au moins l’a verrait.

Toujours dans la même position, le jeune homme la mâchoire pendante à en menacer de se décrocher, accompagnait du regard le livre qui survolait l’allée en s’en allant.