“ Consommateurs créateurs ”, un nouveau pouvoir

La créativité collaborative au service de l’innovation

Nos sociétés conservatrices réduisent souvent les champs du possible en matière de créativité collaborative. Les gouvernances et organisations appauvrissent la créativité, car elle s’exprime en vase clos face à des consommateurs passifs en attente de produits et de solutions dont ils n’ont pas forcément réellement besoin.

Pour ma part, la créativité a toujours été collaborative et interactive. Aujourd’hui, les nouvelles technologies proposent à chacun d’exprimer et de partager simplement ses désirs, ses frustrations, et au-delà, formuler des idées et des propositions de valeur novatrices. Au travers de nouvelles plateformes collaboratives et sociales, nous constatons ainsi régulièrement que les idées remontent désormais des « consommateurs créateurs ».

Ce nouveau paradigme a pris son essor au travers d’une logique de changement. Sortir du cadre routinier et laisser sa créativité collaborative au service de nouveaux usages individuels et collectifs.

Nous pouvons dire que les utilisateurs que nous sommes détiennent désormais un « nouveau pouvoir ».

L’innovation, elle s’exprime souvent au travers du plus grand nombre de personnes et de technologies. Plus l’innovation est disruptive, plus l’incertitude est grande, et plus il faut innover dans l’utilisation et l’exploitation de ces nouvelles technologies.

Face à cela, il n’est pas rare que les entreprises restent malgré tout sur leurs acquis et leurs schémas d’expérience. Elles manquent régulièrement d’ouverture et de créativité notamment pour repérer les marchés émergents. En fait, cela ne rentre pas dans leur vue d’ensemble. Elles sont souvent victimes de leur structure organisationnelle et de leur mode de management. Henri Mintzberg synthétise bien cela dans ses différents ouvrages de référence.

Dans ces conditions, la nature ayant horreur du vide, cela laisse la place aux « consommateurs créateurs » qui, eux, explorent ces nouveaux territoires.

Les consommateurs deviennent de véritables experts en mode collaboratif et la consommation est l’expression même de leur potentiel productif.

Au regard des modèles qui nous entourent, nous voyons aujourd’hui une opposition entre deux mondes. Le monde fermé où la norme et le traditionalisme dominent. Et, le monde ouvert, dit « open source », qui s’oppose au précédent.

Le combat entre ces deux univers et modes d’organisation est flagrant. Les modèles économiques se choquent, s’affrontent avec pour ambition d’anéantir l’autre par quelques moyens que ce soit.

Un exemple bien connu est celui qui oppose le modèle Microsoft (Bill Gates) et le modèle Linux (Linus Torvalds).

Microsoft interdit la créativité et l’innovation. Il étouffe ou absorbe les startups naissantes pour nourrir son écosystème et son modèle économique fermé.

A contrario, Linux offre l’opportunité de mettre en place le génie créatif au service du plus grand nombre de façon ouverte et gratuite. Modèle économique qui renverse les situations monopolistiques de compagnies désireuses d’enfermer les consommateurs dans leurs modèles.

Voici quelques créateurs de la même veine que Linus Torvalds, le créateur du fameux noyau Linux ;

Guido van Rossum, créateur de Python ;

Larry Wall, le créateur de Perl ;

Patrick Volkerding, le créateur de Slackware ;

Matz, le créateur de Ruby ;

Daniel Robbins, le créateur de Funtoo ;

Mark Shuttleworth, le créateur de Canonical Ltd.

Il existe une troisième voie qui équilibre les exigences de chacun des modèles. Elle s’exprime au travers d’une question simple. Comment financer et organiser les modèles libres dans une économie qui demande de l’investissement et du financement pour les structurer et les développer ?

Certaines entreprises s’ouvrent et évoluent sur cette troisième voie. Elles prennent conscience des opportunités de croissance et de la nécessité de renouveler ainsi leur modèle vieillissant. Finalement, on peut considérer cela comme un principe darwinien, « si l’on n’évolue pas, on meurt ».

Les effets de levier que proposent ces nouveaux modèles ouverts vont permettre de régénérer nos économies dites traditionnelles. Ils proposent à chacun d’entre nous de ne pas être simple utilisateur, mais de devenir acteur, producteur et concepteur de nouveaux usages et modes de consommation, beaucoup plus en phase avec nos besoins réels.

Il apparaît donc comme indispensable de repenser les modèles dans lesquels nous vivons. Plus largement, pour ma part, c’est un principe de vie qu’il faut garder toujours à l’esprit.

Paulo Coelho disait, « Si vous pensez que la vie est dangereuse, je vous propose d’essayer la routine. Elle est mortelle… »

À vous de voir.