Morbide
19h et il pleut.
Quels temps tragique,pour un lundi.
Je suis revenu de l’ecole trempé jusqu’au os, mon cartable de cuir noir sous mon manteau, je ne voulais pas le mouiller, il y a toute ma vie dans ce sac, du moins une partie de moi.
A peine arrivé, je me suis installé comme à mon habitude, pres de mon pc sur une chaise salement vieille, trouvé par hasard dans ma rue, laissé à l’abandon.
J’avais jeté mes livres par terre, essuyé mes lunettes, chauffer de l’eau pour me faire un café bon marché en sachet.
J’avais regarder par la fenêtre, regardant dans le vide creux de la rue.
Allumer la télé sans le son, il n’y a rien de bien de toute façon, on nous pompe le cerveau d’infos bidon et de crimes incohérent.
Machant des cereales du ptit matin, abandonné en vitesse sur la table.
Sorti mon paquet de cigarette, fouillant dans le bazar mon briquet rouge et plonger ma main dans mon fameux sac, pour y sortir mon journal.
Un petit dos de cuir, l’odeur acre de l’abandon, des feuilles déchirées, rassemblées, recollées, agrafés...
Des petits mots écris à la va vite, du sang, beaucoup de sang…
Maudite feuilles tranchantes.
Il est un peu plus de 2Oh.
J’ecris, je vous parle.
Les infos défilent, sans que le son vienne jusqu’ici, réel bonheur.
J’ai du passé un quart d’heure tout au plus à bavarder sur les exams avec un ami, sans plus.
Je sens le chien, je suis lasse de cette vie.
Tout les jours la même rengaine, les mêmes feuilles blanches qui se remplissent, les mots qui s’éparpillent entre eux, les joies, les peines, les amours déchus, ma voisine d’au dessus se disputant avec son piano, les notes sans vie, mon amour propre blessé, enfoui ,trahi.
Je coure, j’avance, je crie sans but, sans rien, sans passion et je me dévoile ici bas.
Mais pour qui? pourquoi?
Bientôt 23h.
Je tombe de fatigue, mais je continue à écrire.
Une raison? y’a pas de raison quand on a l’heroine.
5hOO du matin, j’oublie, j’efface, je rature, je continue.
J’entend du bruit,ce sont certainement des voisins bourrés qui doit feindre de ne plus pouvoir correctement ouvrir leur putain de portes afin de rentrer chez eux…
7hOO, j’ai fais une petite sieste, rapide.
J’allume une énième cigarette, je secoue la cuillère prés de moi, elle est encore chaude.
7h3O, l’heure d’aller en cours, de cacher mon carnet loin des yeux indiscret, de reprendre ma double vie, celui de l’etudiant, toujours à l’heure, de bonne humeur, retardant ses angoisses du soir, souriant faiblement aux gens que je déteste tant.
Parler de Baseball, du dernier jeux vidéo, de la nana de la cafétéria avec les amis qui sont la.
Effacer chaque nuit de mémoire, mentir sans cesse à l’entourage pour ne pas avoir a répondre de l’infernal tourmente, qui me tue un peu plus chaque fois.