Peintre irritée
Depuis quand suis je devenue ainsi?
Travaillant d’arrache pied dans cet atelier, condamnant ma propre maison à être constamment plonger dans le noir.
Seule une faible lumière s’y détachant de temps en temps…
Ces pauvres peintures, ce maigre butin, cet odeur forte du waspirit, ce siège maculé de poussières…
A quoi ça rime au final?
Laissant ma vie de coté, comme ces toiles qui me hantent.
Depuis combien de temps ne suis je pas sortie?
La musique flotte dans l’air de cette pièce si souvent fermé.
Je ne dors plus, je suis pourtant si fatiguée.
Je fume beaucoup plus, le cendrier est de plus en plus plein.
Combien de coups de fils raté?
Le téléphone ne sonne presque plus de toute manière.
Les amis, les amants, la famille, tous se sont fais une raison.
Me laissant encore plus seule que d’habitude.
Depuis combien de temps n’ais je pas parlé a quelqu’un ?
Je ne sais plus.
C’est’il passée des années, depuis?
Je ne me rappelle même plus de l’heure, du jour et encore moins du mois.
Il n’y a que ce journal, que je tiens qui le sais (sans doute).
Pas un seul jour sans que j’ecrive ici.
Pas une seule nuit sans que je peigne la noirceur de mon coeur sur une feuille de papier.
A force, j’ai du m’enfermer dans une sorte de coma, un cercle plutôt viscieux et disgracieux.
Ne plus avoir de vie, de visite, de présence, de dieu en qui croire, de rêves.
Parlons en de ces chenapans, les seules pauses que je m’octroie sont quand mon cerveau ne répond plus de rien, la drogue sans doute et que je somnole sur mon vieux canapé.
je ne songe plus.
Ce cher vieux canapé, toujours la, plus vieux que jamais, toujours à me bercer, tachés, troués, usé à souhait, lui mon fidéle ami.
L’usure le tuera bien un jour.
Je suis un débris, une pièce qu’on a déposée la et qui s’est salie par le temps, devenue une pauvre fille infâme, qu’on a plutôt envie d’oublier , qu’aimer.