Le dernier homme

C’est dans ces moments là, aux prises avec une fatigue sans nom et sans visage, que d’un coup pour un homme le monde s’ébranle.

Le ciel se vide puis devient noir, immense et insultant. Un gigantesque éclair blanc et opaque vient former une fractales de veines célestes puis se fige, silencieux. Il ressemble maintenant à un tableau maintenu dans les airs par une main extraordinaire. Soudain, l’homme sent la Terre se fendre en deux en un fracas inaudible. Dans la brèche se trouvent les êtres qu’il a aimé, qu’il aime et qu’il aimera demain si demain existe. Mais c’est comme si eux n’avaient pas été frappé par la vision d’Apocalyspe, ils semblent ne craindre rien et continuent à s’affairer à leurs occupations, et lentement le gouffre de plus en plus béant les aspire, les englouti pour finallement les anéantir à la vue de l’homme. L’homme est resté seul, au bord du précipice. A genoux, très lentement, il se penche sur le vide, comme s’il y cherchait quelque ami ou parent qui serait resté accroché à une corniche miraculeuse. Mais il n’en est rien, il ne reste au monde que lui et l’immense éclair blanc qui a épousé le ciel d’ébène.