La (nouvelle) mécanique du cœur

Le cœur est une machine virtuelle, qui explose et implose aux rythmes de ses battements.

Il est relié à une batterie (+) et (-), les deux polarités ampèriennes qui délivrent l’énergie du monde.

Avec elles-deux, le cœur fonctionne car l’équilibre est maintenu. Le positif sans le négatif n’est pas possible, et vice versa. Connecté ainsi en permanence, le cœur bat, vrille, vibre, vacille, saute, s’emballer, court, s’effondre, se blesse, se morfond, boude, pleure, crie, s’isole, rebondit et tourne sur lui-même jusqu’à en avoir la nausée. Si l’on débranche ce puissant système par peur de souffrir, c’est le court-circuité assuré et l’équilibre est rompu.

Avant, j’étais persuadée que la mécanique du cœur était comparable à un canal : on ouvre et on ferme les vannes à intervalles réguliers pour faire circuler les fluides et pour avoir bien sûr une totale maitrise, sinon “Risques d’inondations”. En fait, aucun contrôle rationnel ne peut s’appliquer. Aucun. En réalité, le cœur est un circuit ouvert, branché sans relâche à l’Univers, la transmission joignant ce dernier au fin fond de notre âme, bien enfouie dans la complexité renversante de ce système.

Là où nous devons nous focaliser réside dans une seule partie : le filtre.

Les mailles s’encrassent en raison de ces 7 milliards de kilowatts sur Terre qui y pénètrent n’importe où et n’importe quand, à chaque heure, chaque minute et chaque seconde. En chacun de nous sommeille un petit mécanicien. Et comme tous bons mécaniciens qui se respectent, il faut régulièrement vérifier l’état du filtre à particules nuisibles et polluantes, le nettoyer des manipulations qui ont cru être assez fourbes pour passer entre ces micro-espaces, et enfin remettre à niveau les pressions artérielles pour que la mécanique soit comme neuve. Ce filtre, si fragile, est le film protecteur indispensable entre le “Moi” et l’”Autre”. Alors, pourquoi ne pas commencer dès aujourd’hui par faire un bon ménage de Printemps?

Laura Perez