Réflexion sur L’humanocentrisme

Pour situer le paragraphe que l’on écrit

Cette réflexion m’est venue après avoir lu le maître du haut château de Philip K. Dick.

Sans rien dévoiler de plus que ce qui figure au quatrième de couverture, le contexte de l’histoire est une uchronie où l’Allemagne a gagné la seconde guerre mondiale. Grâce à de légères modifications dans le cours de l’histoire connu, certaines défaites de l’axe ont en fait été des victoires. Le monde dépeint après cette victoire, est pire que les horreurs de la guerre, les nazis commettant des exactions toujours plus infâmes, en toute impunité, étant ceux qui font les lois.

Ce livre m’a paru bon, intéressant, sans pour autant que je ne le trouve culte. Mais il a alimenté une réflexion que je mûris depuis quelque temps.

Remettez l’humain au centre de l’humanité, et rendez-nous De Gaulles, et on veut des frites aussi!

Lorsque vient la question de dimensions parallèles, il semble que l’on soit, NOUS, les hommes du monde connu, toujours dans la dimension “originelle” et que les autres dimensions soient basées sur la notre.

En ayant souvent des traits communs avec, mais les événements historiques sont différents ou les ressources sont autres. La dimension parallèle diverge donc à ce moment là, pour donner une version altérée de NOTRE dimension.

Tout comme lorsque des extra-terrestres entrent en jeu, dans nos histoires, ils sont différents. Envahisseurs, supérieurs technologiquement, mais nous avons des valeurs qui font que l’on finit par vaincre (la force de l’amitié Wouhouu !)

Ou quand ils n’ont pas la conviction de tous nous assassiner, on s’associe avec eux pour vaincre une force étrangère plus puissante.

Tout comme dans les mythologies et les religions, l’homme n’est pas là par hasard et survivra à la fin du monde, ou en tout cas existera encore après, rien que ça!

Les Scandinaves subiraient le ragnarok avec leurs dieux, mais il y aurait un après

Les chrétiens verraient les humains jugés et l’âme immortelle perdurerai

Les Musulmans également

Etc…

En somme, l’humain est toujours au centre du débat

(ou du moins y prend une part significative au moins aux moments les plus importants.)

Ce qui paraît absolument normal, pourquoi voudrions-nous disparaître? (même lorsqu’on s’imagine disparaître, comme dans ce reportage lien , nos actions portent encore longtemps, et certaines conséquences même, ne disparaissent (presque) pas.)

Un récit n’impliquant pas les humains, ou niant tous les attributs ou valeurs qui leurs sont habituellement conférés, sonnerait étrange au lecteur, et il y a de grandes chances que l’on rejette le fait qu’il s’agisse bien d’humains, lorsqu’il y en a.

Donc en quoi cela est-il un problème, puisque faire l’opposé serait inintéressant ou incompris?

Parce que si on ne l’avait jamais fait, considérer qu’un groupe n’est pas le point central de l’univers. Et bien, les blancs continueraient à croire que les noirs et les amérindiens ne sont pas des hommes. Le communautarisme est simplement une version plus acérée, plus forte de ce concept.

A force de considérer que l’homme est le point central de l’univers et de penser qu’il survivra, par une force divine ou en parcourant l’espace, on se confère virtuellement une immortalité d’espèce.

Je pense que c’est totalement infondé, s’il y a une fin du monde dans les prochaines décennies, et avec la violence contingente qu’on peut attendre de ce terme, fin du monde, il y a trop peu de chances que l’humanité survive sans le monde, ou pas longtemps en tout cas.

Je ne dis pas qu’il faut se mettre à parler aux plantes et se damner si on écrase accidentellement un escargot. Mais prendre conscience que l’on n’est pas différent de notre environnement, on en fait partie intégrante.

Comme nous agissons avec nombre d’espèces qui ne nous apportent rien directement et que nous avons juste catalogué et oublié… et que parfois nous sur-multiplions ou exterminons selon les besoins

En se remettant en question de la sorte il faut aussi peut-être se dire que les extra-terrestres nous ont déjà rencontré et qu’ils nous ont ignoré parce que nous sommes totalement inintéressants pour eux, du moins pour le moment.

Si on a réussit à adapter nos ressources, à notre population grandissante, est-ce que c’est possible à l’infini sur l’espace fini qu’est la terre?

Avec notre immortalité d’espèce (cf. plus haut) nous ne nous rendons peut-être pas compte de ce qui se joue autour de nous. Si un astéroïde se crashe dans quelques minutes et que l’on meurt tous, ces questions n’ont pas trop d’importance. Mais si nous avons les moyens de continuer l’histoire de l’humanité, il faudrait ménager nos efforts pour combattre les problèmes venant des autres histoires que de se créer des problématiques soi-même.

Et pour cela rien de mieux que d’essayer de s’imaginer plus souvent d’un point de vue extérieur (extrêmement difficile à adopter et pour certains, qualifiée d’activité intellectuellement masturbatoire), de relativiser et sortir de son point de vue habituel (d’ailleurs si vous avez des œuvres à me conseiller dans le genre je suis preneur)

Je ne recommande pas de manger bio, de faire attention à tous vos petits gestes quotidiens, ou quoique ce soit dans le genre, ce n’est pas la question qui est traitée ici. Je propose juste d’essayer de changer votre point de vue en enlevant l’humanité du centre de l’univers et de considérer qu’elle est juste l’histoire que l’on connaît le mieux.

Cela peut paraître effrayant, mais touts les changements ne peuvent arriver que si l’on commence par penser différemment.

Bibliographie concernée: -Le Maître du haut château, Philip K. Dick

-La guerre de la faille, Raymond E. Feist

-L’Echo du grand chant, David Gemell