Confessions d’un Tweet-Basher

Aujourd’hui, j’ai appris qu’Ollivier Pourriol sortait un livre.

Pour ceux qui, comme moi, ont besoin d’associer l’image au nom, il s’agissait d’un chroniqueur du Grand Journal que j’avais affectueusement surnommé « Grisounet » sur Twitter (pour sa couleur de cheveux à la Richard Gere et son côté un peu « morne »).

Des premiers échos autour de ce livre, il faut croire qu’il garde un souvenir doux-amer de cette année aux côtés d’Arianne Massenet et Jean-Michel Apathie (et non pas de Michel Denisot, parce que lui, il était tout seul à son bout de table cette année là).

Paradoxalement, l’année de son arrivée a été aussi l’année où j’ai décidé de ne plus regarder son émission, et le pire, c’est que ce n’est pas vraiment de sa faute.

Aujourd’hui, si je regarde certaines émissions, c’est principalement pour la commenter sur Twitter, et si en plus, je peux me permettre d’être à la fois (très) drôle et (un peu) méchant, c’est encore mieux.

Oui, parce que même si parfois, j’ai du mal à l’admettre, j’ai mis le doigt dans l’engrenage du tweet-bashing sans m’en rendre compte.

En fait, la première fois que j’ai commis la maladresse de critiquer de façon non-subtile (et surtout gratuite) quelqu’un via le réseau social de l’oiseau bleu, c’était une blogueuse mode.

Ne comptez pas sur moi pour vous dire qu’elle l’avait cherchée, j’essaye de faire amende honorable.

Bref, ce jour là, l’intéressée a eu l’intelligence de ne pas me répondre, mais certains followers ayant cautionné mon acte, j’étais assez fier de moi. Donc j’ai récidivé. Encore et encore.

Tout était pretexte à donner mon avis forcément négatif sur ce qu’elle et ses collègues pouvaient faire. Une faute d’orthographe dans le titre de son article ? Un tweet + une twitpic.
Un propos un peu hasardeux sur sa dernière vidéo ? 5 tweets pour lui dire qu’il y a quand même plus important que sa technique de pose de masacara.

Le mieux / pire (selon l’époque), c’était qu’elle me réponde. Jackpot. Regardez, mademoiselle perd ses nerfs. Allez, chiale, CHIALE ET FILME TOI S’IL TE PLAÎT.

Puis, comme un enfant gâté qui ne supporte plus son jouet après cinq minutes, je me suis attaqué à une autre cible de choix : le blogueur jeux vidéo.

Quelque part, c’était l’arrogance qui parlait; un peu comme un fan de football qui pense pouvoir faire mieux que n’importe quel joueur pendant un match (« Oui parce que moi, tu me passes le ballon dans ses conditions, je te le marque ce but. Surtout au prix auquel je suis payé pour le faire »).

Tu me parles de ta rumeur ? Et tu prétends journaliste.
Tu mets 5 à ce jeu alors que tu as mis 7 à l’autre ? J’en fais une blague en évitant de quoter au passage, juste pour éviter de te faire de la pub en plus.
Et ainsi de suite.

Pour critiquer, j’étais le premier, mais quand je ne trouvais rien à redire, ou pire, quand je trouvais que le boulot était bien fait, je préférais parler de ma petite vie.

Jusqu’à l’arrivée d’Ollivier Pourriol.

Le soir de sa première émission, j’avais déjà décidé de ne pas l’aimer, parce qu’il remplaçait Ali Baddou… que je supportais pas non plus.

Reprendre sa place, c’était donc aussi reprendre toutes les vannes que je n’avais pas faite sur le côté « chroniqueur littéraire dans une émission passe-plat ». Le mec n’avait pas encore parlé que j’avais au moins 6 tweets en brouillon près à être lancés.

« Vous trouvez pas que Grisounet [INSEREZ UNE BLAGUE] ? #lgj »

Je me cachais derrière deux choses :

1- Il était en direct, donc il n’avait pas le temps de lire mes tweets (et je me doutais bien que la production avait autre chose à foutre que lui faire un livetweet de mes réactions puériles dans l’oreillette)

2- Je n’étais qu’un petit utilisateur de Twitter parmi tant d’autres, et que j’étais prêt à ouvrir le dialogue si besoin est… derrière mon username pas très discret.

La lassitude aidant, je suis parti avant lui, et je suis passé à plein d’autres victimes.

Sauf que ce soir, j’ai une mini-révélation.
Je me tape sur les doigts en me disant qu’un jour, je vais vraiment blesser quelqu’un avec mes conneries, que ça va surement déraper, et que j’aurais bien l’air con.

Je devrais même dire qu’à partir de maintenant, je ne le ferais plus jamais.

Sauf que voilà, maintenant, les tweets passent en direct à la télévision.


Ce témoignage anonyme a été précédemment publié sur
Le Blog Générique, le 11 avril 2013 à 18h43.

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