đŸ“± đŸ˜” 💩 Attention Ă  ton attention 📖 🍆 đŸšČ

Oui tu n’en peux plus de chaud, mais cesse de rafraüchir ton wall !

FAIS ATTENTION.

Ceci n’est pas un ordre, cela n’est pas l’état d’urgence, c’est un conseil d’ami·e. Tu scrolles frĂ©nĂ©tiquement, tu cliques sans t’arrĂȘter, tu actualises pendant des Ă©ternitĂ©s, tu passes trop de temps accro Ă  tes Ă©crans. Pas vrai ? Evidemment : c’est fait exprĂšs. Des armĂ©es de brillants cerveaux ont travaillĂ© dur pour que tu te fasses frire le ciboulot sur les rĂ©seaux sociaux.

Sensation d’éparpillement, de distraction, de confusion. Dans cet entretien que nous te recommandons chaudement (haha), un ex-employĂ© Google, James Williams, t’explique comment l’ensemble des appareils et des plateformes technologiques que nous utilisons chaque jour sont conçus pour contrĂŽler notre attention. C’est une ressource rare, mais qui dĂ©cide de comment nous la dĂ©pensons ? VoilĂ  selon lui une “question politique de premiĂšre importance”. On est bien d’accord.

Pour dĂ©coller de nos Ă©crans, redevenir maĂźtres·ses de nos pensĂ©es, on te conseille de tout couper, fermer les yeux, laisser entrer le silence. Et, une fois rĂ©gĂ©nĂ©ré·e, de tendre l’oreille ; le temps se prĂȘte parfaitement Ă  notre petit atelier-collage sur Radio Nova, diffusĂ©e tous les lundis Ă  22h30, rattrapable ici.

Cette chronique Ă©rotico-littĂ©raire tenu par une Journalope s’appelle Les Pages CollĂ©es, car comme le dit notre tĂ©moin de la semaine, fan de SAS, “si c’est pour garder ses mains derriĂšre la tĂȘte, on a pas besoin de littĂ©rature Ă©rotique”. Si toi aussi tu as envie de partager tes souvenirs Ă©moustillĂ©s, Ă©cris-nous, on est toujours Ă  la recherche de colleur·ses de pages.

“C’est peut-ĂȘtre un peu direct, mais voilĂ  je voudrais faire l’amour avec toi
 Je te sens venir, venir en moi » susurre Juliette Armanet, qu’on adore ; aux Journalopes on a Ă©coutĂ© cette chanson en boucle. Ca nous a donnĂ© envie d’écrire sur toutes les chanteuses qui ont osĂ© assumer une sexualitĂ© joyeuse. Parce qu’on pense que chanter des choses comme “DĂ©shabillez-moi”, “Je me fais laminer l’écrevisse” ou “Andy, dis-moi oui”, c’est aussi un geste fĂ©ministe. Orgasme, cunnilingus et masturbation en musique et au fĂ©minin, de Colette Renard aux Rita Mitsouko : Ă  lire, casque aux oreilles, sur telerama.fr

AprĂšs cette playlist, tu brĂ»leras d’inonder virtuellement l’obscur objet de ton dĂ©sir d’aubergines, gouttes d’eau, pĂȘches et autres clins d’oeil. Merci, l’inventeur des emojis ! Mark Davis, le tĂ©nĂ©breux Seigneur des Emojis (!) vit et travaille Ă  Zurich, oĂč nous l’avons rencontrĂ©. Il prĂ©side le Consortium Unicode, groupe qui rĂ©git entre autres missions la validation et la crĂ©ation des Ă©mojis. A chaque fois que tu choisis parmis les 1850 Ă©mojis en circulation, c’est grĂące Ă  eux. Il y a vingt-cinq ans, c’était un groupe secret de gĂ©nies de l’informatique
 On te raconte tout dans le journal Le Temps.

Aux Journalopes on fait attention


En Turquie, tandis que la dictature d’Erdoğan se durcit chaque jour, les intellectuel·les entament des grĂšves de la faim
 On t’explique dans Middle East Eye pourquoi c’est devenu un argument politique. A quoi sert ce moyen d’action et comment font celleux qui le choisissent pour tenir ?

En Ukraine, on a Ă©tĂ© frappĂ©es par le sort injuste rĂ©servĂ© aux combattantes de retour du front, souvent blessĂ©es. Elles ont tout quittĂ© pour partir en guerre, dĂ©fendre leur terre (le Donbass) en combattant les sĂ©paratistes pro-russes. A leur retour, la sociĂ©tĂ© les mĂ©prisent (mauvaise mĂšre!) et elles doivent de nouveau batailler pour obtenir une pension de l’Etat .

C’est à lire dans Grazia cette semaine.

Nous sommes allĂ©es Ă  Mossoul, dans les quartiers rĂ©cemment repris, pour raconter l’occupation par l’État islamique du point de vue des femmes. En deux annĂ©es et demie, les djihadistes ont imposĂ© une sĂ©rie de lois retranchant chaque fois un peu plus les femmes dans leur domicile. “On est restĂ©es enfermĂ©es pendant deux annĂ©es, sept mois et un jour”, nous a confiĂ©e une ingĂ©nieure de Mossoul, qui m’a reçue dans sa maison. Une police des moeurs, la Hisba, patrouillait dans les rues pour y faire rĂ©gner la terreur : coups de fouet, morsures
 Une prisonniĂšre nous a racontĂ© son sĂ©jour dans une prison secrĂšte de la Hisba. Tu peux lire le dĂ©but de notre rĂ©cit ici et retrouver la suite dans le Causette du mois de juin.

Cette semaine, le journaliste français Stephan Villeneuve et le fixer kurde Bakhtiar Haddad ont Ă©tĂ© tuĂ© par une explosion alors qu’ils Ă©taient en reportage Ă  Mossoul Ouest. Nous exprimons notre immense peine face Ă  ces disparitions et partageons nos plus sincĂšres condolĂ©ances Ă  leurs proches.

OĂč croiser une Journalope ?

Dans l’eau, dans l’air, dedans, dehors, en Ukraine, en Irak, en Turquie, en Allemagne, dans la forĂȘt, sur les quais, au cinĂ©. Ah, et Ă  vĂ©lo, aussi : on t’invite Ă  pĂ©daler 3 jours avec nous, de Paris Ă  Autun, pour aller au Rendez-Vous de Juillet, le festival de la revue XXI : 250 km, en pente douce. Tu viens ?

Et sinon, on te donne rendez-vous le 6 juillet Ă  19h au Monte-en-l’Air (71 rue de MĂ©nilmontant, Paris, 20) pour le vernissage de l’exposition Exils Intimes. Cela raconte, en textes et en dessins, le parcours de six rĂ©fugiĂ©s LGBT. Tu peux t’inscrire Ă  l’évĂ©nement sur Facebook par ici et suivre toutes les actualitĂ©s de ce projet par lĂ .

On t’embrasse attentivement,

Les Journalopes.

PS : On a rĂ©digĂ© cette lettre en Ă©criture inclusive car on se demande comment nos sympathies fĂ©ministes pourraient imprĂ©gner notre Ă©criture. Qu’est-ce que tu en dis ? Tu aimes ? Si tu veux en savoir plus, voici un petit guide trĂšs bien fait par l’agence Mots Clefs. Et si toi aussi tu veux devenir un·e as du point milieu, tiens, c’est cadeau :