L’écran de Tro ?

Aujourd’hui, la règle du 3–6–9–12 du psychiatre Serge Tisseron paraît dater d’un autre siècle… Pour rappel, il définissait en 2008 des paliers à respecter dans l’exposition des enfants aux écrans (pas d’écran avant 3 ans, pas de console avant 6 ans, utilisation d’Internet accompagné d’un adulte dès 9 ans, pas d’Internet seul avant 12 ans)

Quand tablettes, ordinateurs et smartphones font parti du quotidien des familles, quels repères peut-on encore se fixer ?

Face à ce phénomène, de nouveaux spécialistes ont récemment émis de nouvelles recommandations :
 — Avant 18 mois : pas d’écrans ! 
 — À partir de 18 mois, les enfants peuvent regarder certains programmes éducatifs à condition d’être accompagnés de leurs parents. 
 — Entre 2 et 5 ans : ne pas dépasser 1h d’écran par jour, toujours partagée avec les parents…

Il est donc de notre responsabilité de parents de garder un certain contrôle, aussi bien sur ce qu’on laisse regarder à nos enfants que sur la durée d’exposition. Surtout face à l’explosion des compilations de dessins animés sur le Web en format +2h.
 
 Rajoutons au dilemme des écrans la question du contenu … ce qui rajoute une tâche supplémentaire dans mon quotidien de maman déjà bien chargé. Il faut donc en plus: 
 — Décortiquer chaque dessin animé au préalable
 — Définir un temps limite et s’y tenir, même si l’enfant râlera forcément au moment d’éteindre la TV
 — Nous demander si les messages diffusés en accord avec le mode d’éducation choisi pour notre enfant, ou s’ils nous mettent porte-à-faux ? 
 — Ne pas partir du principe que « Trotro étant un dessin animé à partir de 2 ans, il est convenable de le mettre devant dès qu’il a 2 ans ».

Je me suis pliée à l’exercice, justement avec Trotro.

Episode 1: “Trotro fait les courses.”

Synopsis : On retrouve Trotro seul au supermarché, en train de remplir un petit chariot de gâteaux et de bonbons. Il finit par appeler son Papa qu’il a perdu de vue (on ne l’a d’ailleurs pas vu depuis le début de l’épisode, et ça n’inquiète ni l’un ni l’autre apparemment). Il finit par retrouver son papa au passage en caisse. Trotro dépose alors ses petites courses de sucreries sur le tapis. 
 Le papa annonce : « Dis donc, des gâteaux, des bonbons… tu ne crois pas que tu exagères ? » 
 Et Trotro de répondre « C’est tout ce qu’il faut pour Trotro ! ». 
 S’en suit un fou rire du Papa et de Trotro. 
 Fin. 
 
 
Là dessus je constate et m’interroge,:

- Trotro a le droit d’échapper à la vigilance de son papa dans un supermarché sans que ça n’inquiète personne.

- Trotro se goinfre de sucreries sous le regard bienveillant et approbateur de son papa

- Lorsque le papa essaye de moraliser Trotro, c’est Trotro qui a le dernier mot, et cela amuse la galerie.

- Où est le message « mangerbouger.fr » sur les risques de manger trop gras, salé ou sucré ?

- In Fine : est-ce-que je veux que mon enfant reçoive ces messages là ?

En définitive, est-ce que le programme “fait pour” mon enfant de 2 ans est vraiment adapté aux valeurs que je veux transmettre ?…. Et pourtant, je me dis que priver totalement mon enfant des écrans reviendrait à le marginaliser tôt ou tard, dès l’inclusion de celui-ci parmi d’autres petits camarades qui auront été, eux, bel et bien exposés. Le dilemme reste donc entier. Entre prendre du recul et poser des limites, l’éventail de choix est vaste et les propositions qui nous sont faites en tant que parents ne sont ni toujours réalistes ni appropriées. #Toughlife

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