Ce que j’ai appris en auto-publiant mon premier livre

Où comment j’ai vendu 200 livres en une semaine sur Kindle grâce à la magie du collectif

Avril 2017 : L’idée

J’avais quitté mon CDI un an plus tôt. Et j’étais bien décidé à trouver et incarner ma mission de vie. Ce ne doit pas être un hasard d’avoir ce sentiment depuis l’enfance d’avoir quelque chose d’important à faire une fois arrivée à l’âge adulte. Mais j’ai cette fâcheuse tendance à l’oublier, souvent, ce qui me plonge dans des périodes bien obscures. A chaque fois que je m’éloigne de qui je suis, pour plaire aux autres, c’est la déprime assurée !

Donc assumons le, mon rôle est d’aider les autres à ne pas se perdre. Par la loi du cordonnier qui est toujours le plus mal chaussé : on vend toujours ce dont on a le plus besoin. J’en suis arrivée à la conclusion qu’après 20 déménagements en 10 ans dans 5 pays,

ma vocation est d’aider les gens à trouver leur place dans un monde qui change.

Et moi même avant d’oser prendre ma place professionnellement, j’ai eu besoin de beaucoup de sources d’inspiration. Se lancer dans l’entrepreneuriat et la création d’une entreprise n’est pas évident. Je suis une grande fan des podcast et vidéo Ted partageant des histoires de vie d’entrepreneurs. Et me nourrir de tous ces témoignages m’a franchement beaucoup aidé avant de me lancer à mon tour.

C’est dont là, assise sur mon canapé à regarder une vidéo que l’idée m’est tombée dessus. J’ai compris que je devais interviewer 50 femmes inspirantes pour aider mes clients en reconversion professionnelle à franchir le cap eux aussi. J’ai contacté plusieurs webentrepreneures qui m’inspiraient tout en me ressemblant. Certaines ont accepté, d’autre ont refusé ou tout simplement pas répondu. Cela fait parti du jeu !

Et c’est comme ça que j’ai commencé à publier des interviews sur mon blog, ma chaîne youtube et mon podcast pendant deux ans.

Novembre 2018 : La mi-projet

Je réalise que j’ai déjà interviewé 25 femmes. Je perds un peu la motivation. j’ai besoin d’un coup de boost pour ne pas baisser les bras. J’ai envie de tout arrêter, de fermer mon blog et ma chaîne youtube. J’ai l’impression d’avoir fait le tour du sujet. Et si je changeais de métier ?

Je suis contente d’avoir su me réinventer à ce moment là et d’avoir persisté dans mon projet de départ. C’est dans ces moments là que ça vaut le coup de s’entêter un peu car on a fait 95% du travail et qu’il reste encore peu d’efforts à faire pour ramasser les fruits de notre travail.

Le truc c’est qu’on a pas eu l’impression de faire des efforts pendant tout le début du projet. Et c’est les derniers mètres du marathon qui semblent interminables.

C’est donc à ce moment là que j’ai demandé un coup de main. J’ai rassemblé toutes les interviews dans un Google Doc que j’ai envoyé aux 25 femmes interviewées. Je leur ai demandé de corriger le fond et la forme de leurs interviews en vue d’une publication de livre. Leurs premiers retours me redonnais de la force. J’avais envie de publier ce livre avant le 31 décembre 2018. Histoire d’avoir une deadline et un engagement qui m’oblige à avancer sur le projet.

Pendant ce temps d’émulation, je discute du projet avec quelques amis. Stéphane questionne mon rapport conflictuel à l’orthographe. Mathilde me motive à aller jusqu’à l’impression papier. Victor me fait des retours constructifs sur le visuel de la couverture. Damian me parle de l’importance du focus dans la conduite de projets perso. Jenna et Claire me partagent leur expérience de publication.

Je repense à papi, un orphelin qui a grandi dans le désert, et sans internet as réussi à publier son autobiographie et l’envoyer au roi d’Espagne. La classe !

31 Décembre 2018 : L’échec

Je suis partie au fin fond de la cambrousse fêter le nouvel an dans une maison louée et pleine de gosses adorables. Je n’ai pas du tout tenu mon engagement. La motivation m’avait lâchée. J’avais juste envie de profiter de l’instant. Au diable les projets importants.

Je laisse ce projet mariner en arrière plan pendant plusieurs mois, sans ouvrir ce document. La phase de correction orthographique me tétanise. J’ai dix mille questions dans ma tête. Comment on fait la mise en forme d’un livre ? Dans quel fichier dois-je exporter ? Comment vérifier le rendu avant de publier pour de vrai ? De quelle couleur la couverture ?

Je suis immobile. Impossible d’avancer. Je ne sais pas à qui demander de l’aide. J’ai envie de tout lâcher. Mathilde me fou des coups de pied au cul.

L’épisode de podcast ou j’explique les coulisses du projet

Avril 2019 : Un mouvement dans le brouillard

J’arrive à motiver Stéphane pour m’aider à la relecture. On s’y prend en plusieurs jours, et on y arrive finalement ! Merci Stéphane :-)

Je regarde un tutoriel sur Youtube pour apprendre à utiliser le logiciel Pages sur Mac que je n’ai jamais utilisé, je n’ai pas Word depuis 2012. Cela fait 7 ans que je n’écris que sur le web. Je n’imprime plus, ne fais jamais de travail de mise en page. Même si j’ai appris tout ça à l’université, cela me semble si loin.

Je prends connaissance d’un prestataire spécialiste de l’autoédition. Elle s’occuperai de la mise en page, et de la publication sur la plateforme d’Amazon. Discuter avec Marie m’aide à comprendre la différence entre kdp.com et lulu.com en terme de qualité du rendu final. Finalement j’ai envie de voir les choses en grand. Partons sur Amazon pour une version Kindle et papier.

Et au fond de moi, je sens que je n’ai pas envie de déléguer la mise en page car j’ai toujours cette soif d’apprendre. J’aime faire les choses moi même, voir et comprendre.

Je veux apprendre le métier de l’autoédition

Et là je réalise que j’ai un budget de formation qui n’attends qu’à être utilisé. Je trouve un organisme à Paris qui propose une formation de 2 jours présentiels, fin mai. On y apprend le métier de l’autoédition et ses challenges. Voilà une piste pour réinventer mon métier. Je ne serai plus bloggueuse mais aussi auteure. J’ai donc bien fait de persister.

Je monte un dossier de formation. Je le soumet à mon OPCA. Et j’attends 10 jours. En fait, 3 semaines après j’attends encore leur réponse alors que mon livre est publié. On a un décalage dans nos rythmes.

Bref, quelques jours après avoir soumis mon projet de formation, j’écoutes un podcast qui parle de la plateforme Skillshare qui permet d’avoir accès à plein de formations en ligne. Je m’empresse de l’installer sur mon mobile avec le lien de la québéquoise pour profiter de 2 mois gratuits. Et là je passe 2 nuits sur mon petit écran à découvrir tous les tutoriels sur l’autoédition. Ca me redonne du courage. Ca à pas l’air si compliqué que ça finalement.

Vendredi 3 mai : Je me lance !

Je sors de chez moi sous la canicule sevillane. Je vais au bureau à 15h. J’ai plein de trucs à faire sur ma to do list. Mais tant pis, quand la motivation est là faut foncer !

J’échange quelques whatsapp avec Mathilde et Eliane pour avoir leur avis sur la couverture. Je l’ai faite sur Canva comme une bonne débutante. J’échange quelques emails avec Camille, ma graphiste qui m’encourage. J’y vais !

Je me connecter sur www.kdp.com 
J’exporte mon fichier en .epub
Je l’upload sur la plateforme
J’y ajoute la couverture en .pdf
Je me lance sur la mise en page de la version print du livre
Je choisis un format de livre
J’upload le fichier .pdf
Et là la galère commence avec la maquette de la quatrième de couverture. Je calcule les millimètres en fonction du nombre de page et du type de papier. 
Mais dans quoi je me suis lancée ?

20h mon coworkeur ferme l’espace

Hop hop hop, pas si vite. En attendant qu’Amazon valide mon livre, on va aller fêter ça. Je l’invite boire un coup et manger des tapas. L’ambiance dans les rues de Seville est estivale et festive. On démarre le premier weekend de la feria. C’est le weekend le plus attendu de l’année.

J’y crois pas, j’ai uploadé mon livre sur Amazon. C’est l’aboutissement de deux ans de travail ! Et c’était aussi simple.

Plus tard dans la nuit je reçois la confirmation, le kindle est validé ! Yihaaaaa ! Je ne peux pas dormir. J’envoie le lien de la page du livre à tous mes contacts !

Et après ?

Après avoir publié le livre c’est pas tout. maintenant il faut en faire la promo. J’ai envoyé un email aux 25 femmes interviewées pour leur annoncer la nouvelle. J’ai décidé de proposer le livre en téléchargement gratuit pendant 5 jours (je l’explique dans mon podcast ci-dessus). Elles peuvent faire passer le mot à leurs communautés.

Après 8 tentatives de maquette pour la quatrième de couverture, mon coworkeur Rafa m’a filé un coup de main avec photoshop. Et finalement le livre papier a été validé hier matin. C’est tellement bon de se sentir bien entourée !

Numéro 1 des ventes en 1 semaine !

Voilà, aujourd’hui ça fait 7 jours que mon livre est disponible en Kindle et un jour qu’il est disponible en version brochée. Il a été téléchargé 200 fois en une semaine. Il est 3° dans le top 100 des ebook gratuits. Et il est 1° dans sa catégorie des livres gratuits.

https://www.amazon.fr/dp/B07RG6YY2C
https://www.amazon.fr/dp/B07RG6YY2C

Ce que j’ai appris avec cette aventure

  • C’est l’importance de bien s’entourer et d’oser demander des coups de main quand on se sent en difficulté.
  • C’est d’aller au bout des projets qu’on entame parce que la satisfaction de finaliser un projet c’est tellement bon !
  • C’est que même dans la routine, on arrive à se réinventer. Et que pour les zèbre de mon genre il suffit de changer un petit détail pour que tout change et qu’on face la peau à cette foutue routine.
  • Que quand on a l’intention d’aider les gens, et de mettre en valeur leur travail on reçoit tout ça en réverbération multipliée.

Alors merci les amis,
Merci la famille,
et merci aux 25 femmes qui ont participé à ce projet.