Comment je suis devenue Digital Nomade ?

Aujourd’hui, Elise, une participante de la formation Fait le Bilan Online chez Switch Collective m’a posé des questions sur mon statut de Digital Nomade.

Elle voulait savoir comment j’ai fait pour devenir digital nomade et aujourd’hui travailler depuis plusieurs pays. A l’entendre, cela semblait extrêmement compliqué à faire. Pour moi c’est tout simplement une évidence.

Quel statut pour être Digital Nomade ?

Aujourd’hui je suis gérante de la société que je viens de créer. Je suis coach et formatrice en ligne. Mais cela n’a pas toujours été le cas. 
Je crois que je suis digital nomade depuis que j’ai quitté le lycée en fait. J’ai étudié en école de commerce et mon programme m’a permis de vivre dans 4 pays différents.

J’ai donc été productive dans une salle de cours, la bibliothèque, la cafétéria, les jardins du campus, mon appartement, etc … 
Ensuite j’ai travaillé en stage dans des bureaux, depuis des starbucks, dans des hall d’hôtels, dans le métro, dans des trains, des avions, des openspace, des centres d’appels.

Finalement en regardant mes différentes expériences, elles avaient toutes une dimension de grande autonomie sur mon temps de travail et mon lieu de travail.

Que je sois stagiaire, étudiante, salarié en CDD, en CDI, volontaire en VIE ou autoentrepreneur, j’ai toujours eu une obligation de résultat.

Tant que le travail est bien fait, on s’en fiche que tu le fasse depuis chez tes beaux parents avant d’aller faire un tour à la plage. La seule exception a été dans une agence d’intérim. Là je devais tenir l’agence avec des heures d’ouverture au public.

Quelle organisation du temps ?

Que l’on écrive son mémoire de fin d’étude, où que l’on prépare une présentation pour un client, l’important est d’y mettre toute sa concentration pour boucler avant la deadline. Certains se concentrent mieux dans une ambiance bruyante, d’autres dans un lieu calme.

Personnellement je suis plus efficace quand il y a du monde autours de moi. C’est pour ça que j’aime aller travailler dans des cafés, des coworkings ou chez quelqu’un. J’utilise aussi Noisli pour transformer mon salon en café de la Gare. Je travaille souvent le soir, j’ai plus d’inspiration que le matin.

Ce qui est bien avec les horaires flexibles, c’est que l’on ne travaille que quand on est inspiré. Pas besoin de se forcer à rester assis devant son ordi si l’inspiration ne vient pas.

Quels interlocuteurs ?

Aujourd’hui, mes principaux interlocuteurs au quotidien sont les participants à mes formations en ligne, et mes clients de coaching. J’échange aussi chaque semaine en visio, avec l’équipe de Switch Collective pour notre débriefing hebdomadaire.

J’ai également besoin d’être stimulée par un environnement d’entrepreneurs. C’est pour cela que je rencontre d’autres expatriés dans ma ville, on trouve souvent des digital nomade sans faire exprès.

Je fais aussi appel à un coach pour stimuler ma productivité. Je tisse des collaborations avec des confrères basés en France.

Je ne pourrais pas passer une semaine sans parler à quelqu’un de mon travail. Je suis une extravertie après tout !

Mais certains nomades ayant une préférence à l’introversion se sentiront peut-être très épanouis dans un travail d’écriture, de traduction, de code ou artistique demandant moins d’interactions.

Et le sentiment de solitude, l’esprit d’équipe ?

C’est vrai que si on ne s’organise pas bien, on peut se sentir un peu seul coincé chez soi. D’où l’importance d’entrer en contact avec d’autres travailleurs ayant des rythmes similaires.

Concernant l’esprit d’équipe, je trouve que c’est complètement indépendant du moyen de communication. On peut créer une équipe très soudée en ligne. On peut aussi s’entendre très mal avec ses collègues de bureau. C’est du relationnel, de l’humain, de l’animation d’équipe. J’utilise pour ça des outils de communauté en ligne et de visioconférence comme :

Google+, Facebook, Skype, Appear In, Hangouts, Zoom, Slack, WhatsApp, Dropbox, Trello …

C’est vrai qu’il est toujours bon de rencontrer les personnes avec qui on passe tant de temps à travailler. Ca permet de détendre l’atmosphère. Chacun ses habitudes. Pour moi une ou deux rencontres annuelle me suffisent en général. C’est également ce que fait Buffer, une entreprise 100% en Remote Working qui réunit tout son staff une fois par an.

Trouver sa communauté

Il existe plein de plateformes dédiées aux digital nomades : 
- La communauté des French DN sur Facebook
- NomadList pour trouver une ville adaptée
- ChangMai en Thailande semble être la destination préférée des Digital Nomade. Une bonne connexion internet, du soleil pour pas cher. 
- Cohome pour partager son salon
- Mon espace de coworking préféré à Paris, 18° arr.
- A l’Anticafé, on ne paye pas les boissons mais l’heure
- Remotive.io pour trouver un job nomade

J’ai également construit un réseau de partenaires, un peu sans faire exprès. J’ai interviewé 50 femmes inspirantes pour ma chaîne Youtube.

Il se trouve qu’avec la majorité d’entre elles je garde une relation forte alors que l’on ne s’est pas encore croisé physiquement. Internet permet de belles rencontres.

Comment faire si l’on est salarié en CDI pour devenir digital nomade ?

Il y a quatre ans, je signais mon CDI dans une société de conseil. Notre métier était la formation aux outils web dans la transformation digitale des entreprises.

Au début, nous travaillions à Paris, depuis un espace de coworking génial. Au bout de quelques mois, nous avons constaté avoir plus de clients à Lille qu’à Paris. Nous avons déménagé dans le nord. On s’est installé dans un incubateur de startup. Nous avions notre bureau à nous.

Après quelques mois, j’ai commencé à me fatiguer. J’allais tous les jours en métro travailler dans un bureau vide qui n’accueillais pas de clients. J’ai proposé à mon patron de travailler depuis l’Italie pour m’approcher de mon compagnon. Seuls quelques clients proches étaient au courant. Les autres n’y ont vu que du feu.

98% de nos activités étaient déjà en ligne, c’était notre métier.

Il ne me restait plus qu’à digitaliser mon standard téléphonique. C’est ce que j’ai fait grâce à l’application Aircall
J’adorais répondre depuis mon smartphone italien à un coup de téléphone que mon interlocuteur pensait réaliser sur un téléphone fixe lillois.

« Tout est possible aujourd’hui avec le digital, et vous quel usage souhaitez-vous transformer dans votre entreprise ? »

Une excellente entrée en matière pour embarquer un prospect dans le monde magique des nouvelles technologies.

Au début je partais en Italie quelques jours, pour tester. Puis quand j’ai déménagé, je revenais une semaine par mois. On en profitait pour faire des semaines de team building. Finalement je pouvais tout faire à distance.

Aujourd’hui, je suis à mon compte. 
Je travaille 100% en télétravail avec mes propres clients. Cette grande liberté me permet de continuer de déménager régulièrement sans modifier mes projets professionnels.

Voir aussi mon article : 50-metiers-de-digital-nomade