L’agriculture informatisée. Secteur primaire et code binaire

Le maïs Photo Benoit Donnadieu

Jean-Louis Dubourg, exploitant agricole à Cestas, n’hésite pas à investir des milliers d’euros pour équiper ses machines d’accessoires informatiques. Des dépenses conséquentes rapidement amorties grâce aux économies d’énergie.

La journée commence mal sur l’exploitation agricole de Jean-Louis Dubourg. Très mal. Le matériel informatique est en panne sèche. Le système de désherbage fait des siennes. Une galère qui s’ajoute aux journées déjà très chargées du métier d’agriculteur. Jean-Louis a commencé à 7 heures ce matin, et devrait finir aux alentours de 23 heures.

Son exploitation agricole implantée à Cestas fait 268 hectares de superficie. Une poussière sur la Route d’Arcachon où la moyenne est de 650 hectares. Ce matin, la plaine a des allures de Far West. La terre est fraîchement labourée, la journée est ensoleillée “le sol adhère moins par ce temps” constate Jean-Louis.

Photo Lysiane Larbani

Dans quelques mois, les vastes étendues de terre verront pousser du maïs doux, des betteraves, des pommes de terre, des haricots verts… Résultat du travail intensif de Jean-Louis et de ses trois employés. Les bidons de pesticides jonchent le sol. Qu’importe, la productivité est là.

Photo B.D.

Avare de mots, Jean-Louis Dubourg raconte quand même son histoire. Celle qui le lie à la terre girondine. Fils de paysan, il a repris l’exploitation il y a vingt-cinq ans. “Une autre époque. Mon premier employé ne savait ni lire, ni écrire” sourit-il. Nostalgique ? “Ce serait impossible maintenant”. Avec l’informatique, le travail de la terre est devenu une histoire d’ingénieur. Ses machines sont équipées de technologie numérique. Pour le fonctionnement de ses équipements, il souscrit à une dizaine d’abonnements téléphoniques.

Photo B.D.
Le traceur reste indispensable pour guider le tracteur en cas de panne du GPS. Photo B.D.

En 2016, l’agriculteur investit dans un semoir automatisé. Le système de désherbage lui permet d’évaluer les quantités nécessaires de produits pour limiter le surdosage.

Sa machine est également équipée d’un GPS, qui permet de tracer à l’avance les trajectoires. Le tracteur peut alors se diriger tout seul. “Au début, on est contents, c’est sympa, plus besoin de conduire… Mais faut toujours surveiller quand même” explique Jean-Michel, employé sur l’exploitation.

Tous ses accessoires en option ont un coût : 22 000 euros. Un investissement conséquent. Rentable ? “Bien sûr, il suffit d’une année pour amortir le prix des équipements” répond Clément, apprenti sur l’exploitation.

D’autres dépenses ont été faites dans les parcelles pour faire des économies d’énergie. Jean-Louis Dubourg présente fièrement sa dernière acquisition : des sondes d’humidité. Implantées dans la terre, elles permettent de connaître le degré de sécheresse du sol, et vérifier la consommation d’eau des plantes. Les sondes relèvent quotidiennement 48 mesures, envoyées deux fois par jour sur le smartphone de l’agriculteur. Ce dernier ne le quitte jamais.

Les journées de l’agriculteur se terminent au bureau. Attentif aux coûts de la bourse du maïs, Jean-Louis Dubourg détermine régulièrement les quantités de production, pour faire le moins de gaspillage, et donc le plus d’économies. Un changement considérable dans le métier.

Photo B.D.

Satisfait ? Pas complètement. Les galères informatiques se rajoutent aux aléas du métier qui est déjà très polyvalent. Une économie financière, oui. Mais l’économie de temps elle, dans des journées déjà très chargées, laisse à désirer.

Benoit Donnadieu, Lysiane Larbani, Julie Lassale

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