3 questions à Thomas Diouf, chargé de production audiovisuelle de M Stories

Comment concilier des budgets parfois très serrés et la production d’un film ?

L’époque est désormais bien loin où l’on pouvait se permettre de revenir sur un lieu de tournage pour refaire des plans… Où l’on modifiait le scénario au milieu du film… Mais un budget serré, ça n’existe pas. Il n’y a que des ambitions disproportionnées par rapport à un budget. Moins il y a d’argent, plus il faut d’idées. Il faut savoir où l’on va !

Cela passe par une très bonne définition du besoin du client. Comme la sculpture d’une statue, on part d’un bloc de marbre qui est « l’idée » et on la façonne pour aboutir à une image très précise du film : story-board, script, musique… C’est comme ça que l’on optimise un budget mais, surtout, que l’on produit un film dont tout le monde est fier. C’est du sur-mesure.

« L’essentiel, c’est le scénario et, plus précisément, son écriture, la force du récit, sa puissance narrative. »

Avec l’évolution des techniques, n’est-il pas facile de faire un film aujourd’hui… ?

Techniquement, on peut presque tout faire aujourd’hui. Avec un smartphone, on peut filmer avec tous les filtres possibles et inimaginables ; sur Snapchat, chacun peut incruster un fond 3D, faire un fondu ou des retouches qui auraient demandé des heures, voire des journées, il y a peu de temps encore…

Mais se pose dès lors une question cruciale : que fait-on quand on peut tout faire ?

La technique n’est qu’un outil au service des idées. Au final, l’essentiel, c’est le scénario et, plus précisément, son écriture, la force du récit, sa puissance narrative. C’est tout cela qui, de notre point de vue — celui d’une agence conseil en communication narrative -, détermine la réussite d’un projet.

As-tu en tête un film qui illustre cette approche ?

Nous venons de faire un film d’animation pour la CNSA, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Les cibles auxquelles s’adresse ce film sont clairement identifiées. Ce sont les personnes âgées qui envisagent de se placer en maison de retraite et les aidants qui prennent soin de leurs proches en perte d’autonomie.

La CNSA avait travaillé sur un brief et un texte de voix-off. Nous avons collaboré sur chaque point dans le moindre détail : le style graphique, le casting de la voix, le découpage technique, l’habillage sonore, l’incrustation de l’interprète en langue des signes et, bien sûr, le scénario, un scénario sur lequel reposent la puissance narrative et la portée du message. Il fallait trouver le ton juste.

Au final, le film est clair, serein, optimiste. Nous sommes parvenus à tourner un moment de vie un peu délicat en une plutôt belle histoire.

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