Game of Throne, petites leçon de vie pour survivre en milieu concurrentiel

Les saisons se suivent pour la série Game of Thrones et les fans attendent toujours l’hiver dans Game of Thrones, car il va arriver, il fera mal, et il sera impressionnant.
 Avec une telle aura médiatique, chaque épisode s’accompagne d’une flopée d’articles retraçant les événements de la veille. Même les médias les plus “sérieux” se retrouvent obligés d’en parler pour ne pas se retrouver distancé.
Alors les méthodes divergent et si Le Monde justifie le fait de mettre Game of Thrones en Une par un angle géopolitique, Buzzfeed va enchaîner les GIF et autres acronymes WTF.
 
Tel une critique de sport, les faits sont analysés, les prestations jugées et les audiences surveillées. Les commentaires vont bon train pour savoir quel personnage a le plus de chances de s’approcher du Trône de Fer.
Car Game of Thrones s’explique assez facilement, prenez la guerre des Deux Roses (qui opposa les maisons de Lancaster et de York en Angleterre au XVème siècle), changez les noms subtilement (les Lancaster deviennent les Lannister et les York deviennent les Stark) ajoutez-y quelques dragons et un peu de magie, reprenez d’autres événements marquants du Moyen-Âge, quelques personnages porteur d’une vision du monde, mélangez le tout, et vous aurez une série d’heroic fantasy à succès, avec du sang, de la sueur et des larmes. 
 Une des raisons du succès de la série, c’est parce qu’elle nous parle de politique, tant et si bien que Pablo Iglesias, leader espagnol de Podemos, parti de gauche radical qui vient de prendre la mairie de Barcelone et Madrid, a écrit « Gagner ou Mourir, leçons politiques dans Game of Thrones » qui reprend les principales idées de son parti avec un vernis de culture pop issue de la série.

Pablo Iglesias compare son combat avec celui de Daenerys Targaryen dont la réplique « Soit tu vis dans mon nouveau monde, soit tu meurs dans l’ancien » marque la volonté absolue de changer de système. Dans un précédent article, nous avions vu qu’un changement de système impliquait un transfert de personnes. Il faut trouver une place dans le nouveau système pour les tenants de l’ancien, sinon ils se battront jusqu’au bout pour le maintien du précédent.

Cependant, une autre confrontation avait marqué les esprits pour sa didactique. L’affrontement de velours entre Varys et Petyr, deux conseillers mal-nés qui évolue dans les plus hauts cercles du pouvoir. Varys symbolise une élite administrative oblative, au service du peuple et qui a besoin de la stabilité pour grandir. C’est un constructeur patient qui tisse des liens et s’assure du devenir du royaume. Petyr est son opposé, il symbolise l’opportunisme et la revanche social, méprisant la noblesse en place et n’hésitant pas à provoquer le chaos pour grimper dans l’échelle sociale. C’est vraiment ce rapport au chaos qui les oppose, l’un s’épanouit dans l’ordre, l’autre a besoin du chaos pour avancer.

Même le Trône de Fer nous éclaire sur la nature du pouvoir, bien qu’ils tournent tous autour, c’est une illusion et celui qui s’assoit dessus n’est pas assuré de sa mainmise. Tywin Lannister, patriarche et leader de la famille Lannister, n’hésite pas à déclarer « Vous pensez vraiment que c’est la couronne qui donne du pouvoir ? ». S’asseoir sur un trône est une bonne étape mais c’est loin d’être la fin de l’histoire puisqu’il faut se dépêtrer de tous les manipulateurs qui cherchent à tirer les ficelles de vos décisions. La forme du trône, composé des épées d’une armée vaincue rappelle cet état de fait, s’y asseoir est non seulement inconfortable mais en plus dangereux puisque toutes les épées ont gardé leur tranchant. En appuyant son pouvoir sur des épées, on ne s’épargne pas le risque que celles-ci nous blessent. Car « le pouvoir ne réside au fond que là où les hommes croient qu’il réside, le pouvoir n’est qu’un tour de passe-passe ».

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