Le sport, cette métaphore de l’entreprise

Aujourd’hui, nous revenons sur l’article “Le chaos comme moyen d’aborder l’incertain” qui file une métaphore entre l’entrepreneuriat et l’alpinisme.
Où tous le membre de l’entreprise sont en cordée, où le rythme du plus faible définit le rythme de l’ensemble, où parfois le brouillard est épais mais rester sur place est encore plus dangereux, où le sommet de la montagne n’est pas la fin de l’aventure. Où le vent peut changer et recouvrir nos traces ou des crevasses.
En allant plus loin, chaque sport a sa part d’enseignement.
Ainsi, dans un peloton de cycliste, celui qui est en tête n’est que très rarement celui qui va gagner la course, donner le rythme de la course est épuisant et les vrais leaders se positionnent souvent entre la 2eme et la dixième position du peloton. En sortant les Glass, Google a ouvert la voie, s’est pris le vent en pleine face et il y a fort à parier que Microsoft, avec HoloLens, profite de son travail. C’est l’enjeu d’avoir des poissons-pilotes, surnom donné aux cyclistes emmenant les sprinteurs à la victoire comme les start-up explorant pour les grandes entreprises.
S’il n’y a qu’un champion dans une équipe, il ne peut rien faire sans elle. La légende dit que si Anquetil a toujours devancé Poulidor, c’est parce qu’il reversait l’intégralité de ses primes à ses équipiers, qui, fort de cette reconnaissance, se battaient corps et âmes pour leur leader et lui évitait les galères qu’a pu connaître son rival.
 Comment ne pas penser management lorsque l’on voit le naufrage de Knysna, de cette équipe de France qui fait la grève dans un bus ? Tout y est passé, fracture culturelle, fossé générationnel, nocivité d’un élément, autorités incompétentes et décrédibilisées, politisation et médiatisation de l’affaire… La France en a parlé pendant des semaines et a mis des années à s’en remettre, à force de plans de com et de renouvellement de l’effectif.
 Que ce soit le brésil de Sokrates, une équipe de foot expérimentant la démocratie sous la dictature, ou le Barça qui hébergeait dans ses tribunes de fervents opposants de l’Espagne de Franco. Le foot a souvent été lié à l’histoire quotidienne de ses supporters. Peugeot, éternel sponsor du FC Sochaux, avait une réelle responsabilité puisque les supporters étaient pour la plupart également de salariés du constructeur automobile. Le derby entre Saint-Etienne et Lyon, quant à lui, nous parle surtout de la rivalité entre une ville populaire et une ville bourgeoise. Cette rivalité peut s’incarner par des banderoles insultantes comme celle déployée par des supporters lyonnais « Nos pères inventaient le cinéma pendant que les vôtres crevaient à la mine ». Dans cette phrase, tout le mépris social transmis de générations en générations.
 Le PSG version Qatari a un problème, il est obligé de gagner, tout le monde s’attend à ce qu’il gagne, lui-même méprise ce championnat de bas niveau. Mais c’est cette obligation qui l’empêche de gagner car il ne joue ni pour le plaisir, ni pour l’envie, mais pour respecter une logique économique. Et c’est quand ils ont dû faire face à l’exploit, quand les pronostics étaient contre eux qu’ils ont enfin pu se libérer et éliminer Chelsea en infériorité numérique.

Le rugby et ses valeurs de combat a longtemps été un outil de consolidation social dans les villages de France. Où le fils du banquier faisait la mêlée avec le fils du boulanger, comme un moyen d’abolir les conventions sociales le temps d’un jeu. Dans la boue, dans la sueur, les différents se démêlaient, et l’affrontement s’arrêtait au coup de sifflet final.
 Quel meilleur exemple d’innovation que le saut en hauteur de Fosbury ? Qui a littéralement accepté de changer sa vision de monde pour sauter la tête en bas afin d’aller plus haut. Cette innovation a fait de lui une légende de son sport, lui donnant le record mondial et le titre olympique à Mexico en 68. Il n’était pas le premier à faire ce saut, mais il respectait assez peu les traditions de son sport pour le faire tout le temps et surtout aux JO. Les premiers journalistes à avoir vu son saut trouvaient qu’il avait une allure “qui fait penser à un chameau à deux pattes”, les spectateurs de Mexico l’adoraient et l’acclamaient aux sons des “Olé”.
 Les exemples sont multiples et nous parlent tous d’équipe, même des sports très individualistes comme le tennis, portent en eux une part collective et si Roger Federer a pu être régulier à un tel niveau si longtemps, c’est aussi grâce à sa femme et ex-pépite du tennis, qui régente plus ou moins sa vie. Alors qu’il était un adolescent extrêmement turbulent, il est devenu un modèle d’élégance.
 Le sport, en exacerbant les expériences, a l’avantage d’être bien plus lisible que le quotidien en entreprise et ses leçons sont souvent universelles. Que ce soit en tant que spectateur, ou en tant qu’acteur, c’est une mine d’information. D’ailleurs, Camus lui-même a déclaré que tout ce qu’il savait de la morale, c’était le foot qui lui avait appris.

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