Les boîtes à outils, une première réponse pour valoriser l’apport des usagers ?

Premier élément de réponse tout de suite avec l’article« Les boîtes à outils pour l’innovation au secours des innovants » écrit par Guy Parmentier, professeur au sein du master management de l’innovation de l’IAE de Grenoble. Pour lui, il y a trois méthodes pour identifier les lead users, ces usagers capables d’influencer et de créer des usages : le dépistage, la recherche pyramidale et l’auto-sélection.

• Le dépistage consiste à identifier les lead users en recherchant ses caractéristiques dans une population, sur des sites spécialisés ou dans des communautés d’intérêts.
• La recherche pyramidale consiste à se baser sur des experts du domaine d’activité de la société ou d’un domaine connexe pour accéder à d’autres experts qui ont plus de connaissances et ainsi remonter jusqu’au lead user.
• L’auto-sélection consiste à fournir des tests de sélection aux lead users pour qu’ils puissent s’identifier eux-mêmes auprès des fabricants.
Une fois que l’on a trouvé des lead users, il faut arriver à les intégrer dans le process de conception, et c’est loin d’être évident. En effet, le lead user doit être formé aux méthodes de conception, il doit également réussir à se positionner par rapport aux équipes en place, faire valoir son expérience du terrain tout en épargnant le statut des experts en place. Pour cela, il faut surtout trouver des objectifs communs qui permettront à chacun de surmonter ses différences. Il ne faut pas oublier que l’on ne fait pas courir des philosophes avec des enjeux de géographes.
C’est là qu’interviennent les boîtes à outils pour l’innovation, que ce soit une boîte rouge comme l’Adobe KickBox, un kit de développement pour créer une application mobile ou encore un mode éditeur dans un jeu comme Trackmania. Ces boîtes intègrent sept caractéristiques : un apprentissage direct par essai-erreur, un espace de solution approprié, une large libraire de base, une grande facilité d’utilisation, une traduction directe sans intermédiaire, le partage de créations et un espace ouvert d’activités.
Dans le jeu de course Trackmania (que vous pouvez télécharger gratuitement et légalement), le joueur assemble les circuits à partir de formes de base et teste le résultant en jouant sur le circuit. La boîte à outils propose un espace de solution prédéterminé suffisamment ample pour que l’utilisateur se sente libre de créer ce qui lui correspond tout en respectant le cadre imposé. Ainsi, de nombreux utilisateurs ont créé des circuits de toutes sortes, allant du plus pédagogique aux plus déjantés. Ils ont même organisés, en communautés et sans aides logistiques de l’éditeur, des compétitions internationales rivalisant avec les leaders du marché. La valeur de Trackmania réside dans cette émulation car ils ont su donner les clés à leurs utilisateurs.
Les conférences TED fonctionnent également sur ce modèle. Ils vont proposer un kit de conférence permettant à chacun de créer son propre pitch ou même son propre cycle de conférences sous le sigle TEDx. En imposant une forme homogène, il permet un fond et des conférenciers très hétérogènes. 
De nombreux exemples existent dans tous les domaines, on peut même considérer que le monde d’Harry Potter est une boîte à outil pour de nombreux écrivains qui veulent développer une histoire sans devoir recréer et réexpliquer un monde cohérent, c’est le modèle éditorial des fanfictions.

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