Qu’est-ce qui fait qu’un enfant libre deviendra un employé heureux ?

Après avoir lu le livre de Céline Alvarez, je me sens obligée de faire le parallèle entre le système éducatif qu’elle propose et le monde du travail d’aujourd’hui. Pour faire ce lien, deux modes de fonctionnement opposés sont présentés dans les deux paragraphes ci-dessous.

Uniformisation…

Dans le système scolaire classique actuel, l’enfant n’apprend pas forcément par plaisir mais pour une notation et pour l’approbation d’un(e) maître(sse) si ce n’est celle des parents. Il n’est pas autonome dans le sens où il travaille pour quelqu’un d’autre sur un sujet qu’il ne choisit pas. Il devient difficile pour lui de s’écouter pour savoir ce qu’il aime (ce qui est différent de ce pour quoi il est doué). L’uniformisation de la société commence là : pour “réussir tous les enfants doivent se ressembler”.

Dans le monde professionnel, ce phénomène se retrouve avec souvent des objectifs fixés de façon uniforme pour les salariés d’une équipe. Le salarié travaille donc pour satisfaire sa hiérarchie voire pour une personne ou un avis. Nous retrouvons dans le même sens un adulte qui va chercher la reconnaissance auprès d’un supérieur ou d’une personne qu’il reconnaît comme étant capable de la lui donner. Dans le cas où il ne trouve pas ce qu’il attend, quelles que soient les raisons, un fort stress est généré et un cercle vicieux peut s’enclencher. Pour reprendre ce que dit Bernard Stiegler, dans cette situation, l’individu est automatisé ce qui le voue à la prolétarisation car il ne progresse plus.

A l’inverse de cette situation courante aujourd’hui où commencent à régner les généralités du Big Data, apparaît celle où les spécificités de chaque individu peuvent être prises en compte.

… versus spécificités

Dans un système scolaire libre où l’enfant choisit seul d’approfondir un sujet qui le passionne, il va pouvoir atteindre les objectifs qu’il se fixe seul ou guidé par l’accompagnant. Il développe sa confiance en lui et envers les autres. Il connaît ses capacités. Il a le droit à l’erreur donc n’a pas besoin du jugement d’un adulte. De cette façon, chacun développe ses propres spécificités.

Dans le monde professionnel et dans le même sens, cet enfant deviendra un adulte qui saura s’écouter, écouter les autres et ne sera pas soumis à la reconnaissance d’un supérieur hiérarchique. Il trouvera plus facilement sa place en fonction de ses aptitudes et de ce qu’il aime. Il se connaîtra. Il sera désautomatisé. Cette liberté que lui procure la non nécessité de plaire à un supérieur lui laissera la place d’être créatif et d’innover bien au-delà d’objectifs restrictifs.

Pour terminer, notons que le fait d’être conscient de ce schéma est déjà une étape vers l’autonomie. La transition, quelles que soient les circonstances dans lesquelles elle se produit, n’est pas une situation confortable. Vers une nouvelle ère où règnent la communication et la créativité, la recherche perpétuelle de nous-même, où apparaissent ces questions d’autonomie ou de self-management, devient cruciale.