L’inévitable calcification* des espèces

Marie-Sarah Adenis
13 min readJan 14, 2018
Jan Fabre, vanité : Skull with Frog (élytres de scarabées sur bois, 2011)

Jadis, l’humanité vivait au sein d’environnements sauvages et devait s’y contraindre. Elle accumulait et transmettait des tas de connaissances empiriques sur les animaux et les plantes avec lesquels elle devait composer. Ce savoir ancestral s’est peu à peu perdu car nous avons bétonné les sentiers et domestiqué la nature qui nous est désormais subordonnée, accessoire, décorative. Nous savons presque tout des cascades moléculaires qui l’animent mais nous ne reconnaissons plus les chants d’oiseaux, nous pouvons prédire les orages mais nous ne dansons plus en l’honneur des saisons. Et tandis que nous perdons connaissance, voici que les espèces s’évanouissent de plus en plus vite. Triste coïncidence ?

Ce que mes ancêtres savaient, je l’ai oublié

Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs possédaient un nombre colossal de connaissances sur leur environnement. C’est ce que nous rapporte Rémi Sussan (ici) à propos du livre de Lynne Kelly sur l’Art de la mémoire. On y apprend que plus récemment encore, les Navajos distinguaient jusqu’à 700 insectes en fonction de leur apparence et comportement et que les Mangyans pouvaient reconnaître 1625 plantes différentes. 700 insectes ? 1625 plantes ? Je fouille ma mémoire et trouve péniblement une vingtaine de noms d’insectes, une quarantaine en comptant des espèces préhistoriques qui refont surface depuis mes lointains souvenirs de cours de biologie animale. Ce qui me frappe surtout, c’est la coïncidence entre l’abandon de ces connaissances empiriques et la disparition vertigineuse d’espèces, au premier rang de laquelle figurent justement les insectes.

L’Hécatombe des Hexapodes

Dans une récente étude parue dans PLoS ONE, des chercheurs rapportent que 75% des insectes volants auraient disparu en Europe en à peine 30 ans.
Que représenteraient pour les Navajos cette apocalypse et plus généralement le sort que connaissent actuellement les êtres vivants qui disparaissent par millions ? Et qu’est-ce que cela représente pour nous ?

L’arbre phylogénétique du vivant m’apparaît dans son foisonnement. Mais l’image se brouille, car au sein de cette classification bien vivante et vibrante, voici qu’une partie de l’arbre phylogénétique se fige plus vite que prévu, dévoilant des espèces calcifiées, comme pétrifiées. Puis je songe à Carl Von Linné qui est à l’origine du concept de biodiversité dont il identifie près de 6000 espèces végétales et quelques 4400 espèces animales. C’est à lui que l’on doit la nomenclature qui consiste à hiérarchiser les êtres vivants en classe, genre, ordre, niveau, espèce et variété : classification qui sera adoptée jusqu’au XIXe siècle. Son obsession tourne autour d’une idée qu’il emprunte à Edward Coke : Nomina si nescis, perit cognitio rerum : la connaissance des choses périt par l’ignorance du nom.

Je suis frappée par cette sentence. La formule est belle mais elle aurait sans doute semblé un peu courte aux Navajos. Avoir un nom c’est une chose, mais c’en est une autre de savoir quelle allure, quel cri, quel habitat vont de pair avec sa dénomination.

Je pousserais bien la formule d’Edward Coke en me risquant à dire : Les formes de vie périssent par l’ignorance qu’on a de leur existence. Comme si le monde n’existait pas en dehors de nous, comme si pour le faire tenir, nous devions y tenir, nous y tenir. Cette affaire nous regarde. Regardons-là bien dans les yeux. Car si nous fermons les yeux, d’autres pupilles risquent de se fermer.

On n’a jamais nommé autant d’espèces qu’aujourd’hui, Linné serait en joie. J’en découvre tous les jours en fouillant des banques d’images de chercheurs sur Internet. Notre connaissance en la matière excède largement celles de tous nos prédécesseurs. Nous avons disséqué les corps, pénétré les nervures et jusqu’aux voies métaboliques. Nous avons une connaissance moléculaire de ces formes de vie. Nous savons des milliers de choses que tous les peuples cultivés d’antan ne pouvaient se représenter. Mais cette érudition n’est plus un savoir partagé, ancré, il appartient désormais aux spécialistes et à ceux qui vivent encore à leur contact rapproché. Or ce n’est ni par la voie du Saint Esprit ni par celles des voies métaboliques que nous sauverons les espèces en danger. Pas plus qu’en appelant à protéger la biodiversité. Les noms et les concepts ne suffisent pas.

“Nous serons tout à l’heure à cet endroit digne des mots. C’est une ruine botanique. Nous y serons un peu avant le crépuscule. Voyez-nous, marchant à petits pas, livrés au soleil, aux cyprès, aux cris d’oiseau.” Paul Valéry, Monsieur Teste (1926)

La biodiversité est un zoo mental

Comment peut-on vouloir sauver une chose aussi abstraite que la biodiversité ? Ne faut-il pas en faire l’expérience pour comprendre sa richesse, sa fragilité, sa nécessité et les moyens de la protéger ? Comme tant d’autres mots fourre-tout, on y empile pêle-mêle des cris d’oiseaux, des pattes palmées et des morceaux de canopée. La vitrine est séduisante mais l’entrée demeure difficile d’accès. La biodiversité est un zoo mental. Lorsqu’une espèce disparaît, notre vie n’en est que rarement bouleversée. Ceux qui l’étudiaient ou partageaient un territoire avec elle n’ont que des reliques ou des lignes de codes pour pleurer, épaulés par Google image qui ouvre à qui veut le voir son annuaire sur l’immense sépulture virtuelle, dévoilant un ossuaire d’un genre nouveau.

Faire connaissance

Les hommes préhistoriques ont vu les mammouths avant de les représenter. Si avec deux lignes tracées sur les parois des cavernes, on reconnait sur le champ le géant des prairies, c’est que nos ancêtres savaient tout du mammouth et pouvaient de fait en retranscrire l’essence. Aujourd’hui, les enfants mangent des savanes au goûter en jouant avec des girafes en peluche avant de les voir se déhancher pour de bon dans la savane.

Sophie la girafe

Des paradis artificiels à la réalité virtuelle

À mi-chemin entre l’animal en peluche et l’animal vivant dans son milieu naturel, on trouve les fameux dioramas (dont une jolie exposition a eu lieu au Palais de Tokyo cet été). Sur fond de nature tirée à quatre épingles se dressent des animaux empaillés « dont la magie brutale et énorme sait m’imposer une utile illusion » écrivait Charles Baudelaire à propos des dioramas.
Paradis complètement artificiels mais prémices de réalités virtuelles puisque le but est bien de produire une expérience immersive en proposant aux spectateurs un environnement dont les artifices nous transportent sur le terrain originel.

Le taxidermiste George Dante répare l’un des ours bruns de l’Alaska dans la salle des mammifères nord-américains. Photo: © AMNH / D. Finnin

Beau, comme la rencontre fortuite d’une baleine et d’un gymnase

Entre les mises en scène un peu désuètes des dioramas de musées d’histoire naturelle et la triste mais bien réelle mascarade du zoo, les animaux pourraient bientôt se montrer dans un tout nouveau décor : celui d’une réalité parallèle, virtuelle, segmentée, augmentée. Les êtres nous apparaîtront plus tangibles que jamais et tout à la fois absents, captés et non pas capturés, libres de circuler hors des cages et des marécages, goûtant au plaisir surréaliste de venir éclabousser notre réalité jusque dans un gymnase. Car la supercherie peut aller jusque-là. Superposer nos environnements pour réaliser le désir inavouable de faire tenir ensemble notre première nature et notre nouvelle nature. C’est en tout cas ce que promettent des entreprises telles que Magic Leap avec cette vidéo (en réalité mixée).

Simulation en réalité mixée, Magic Leap

Je savais tout des plathelminthes en théorie, ce qui n’est pas pratique. Une connaissance tubicole qui m’a transformé en mollusque savant, en acarien hypertrophié, en ruminante carnivore avide de nomenclature latine mais empotée comme un cactée coincé au rebord de l’évolution. Pour la beauté de ce lexique extravagant, du moins, je n’ai pas perdu mon temps et au moindre coup de blues, je me replonge avec ivresse dans ces classifications extatiques.

“Quand la connaissance était le pouvoir”

Connaître les formes de vie par toutes ces modalités peut-elle nous donner un pouvoir ? non sur elles mais pour elles, par elles, avec elles ? Dans son article, Rémi Sussan précise que la thèse de Lynne Kelly s’intitulait : When Knowledge Was Power (Quand la connaissance était synonyme de pouvoir). Le pouvoir est ici entendu comme force politique mais j’aime à l’entendre comme une potentialisation. La connaissance mène aussi au pouvoir en tant que possibilité de. Elle quitte alors sa tour d’ivoire, cesse de tourner en rond dans notre boîte crânienne pour se frotter au monde. Elle n’est plus un savoir déconnecté de sa puissance d’action.

Pour une connaissance incarnée

La connaissance ancestrale de la faune, de la flore et des événements géologiques et climatiques était avant tout incarnée. Les animaux et les plantes avaient forcément été rencontrés, écoutés, touchés, chassés ou mangés et cette connaissance était redoublée par le corps qui la retranscrivait à travers les chants, les danses ou les mythes. Dans l’émission Des récits et des masques, Jean-Claude Ameisen nous raconte comment, bien avant les encyclopédies, ce sont par les danses et les chants que certaines connaissances et faits historiques s’ancraient dans la mémoire. Ce sont parfois ces traditions orales, ces danses, ces mythes que la sismologie moderne interroge pour se renseigner sur le passé car ces récits fantasmatiques ont entre autre la vertu de conserver la mémoire précise de certains bouleversements géologiques.

Rendre les morts vivants

Rendre les morts vivants n’est pas ressusciter mais garder la mémoire vive. Au Japon par exemple, on rend hommage à certaines formes de vie non-humaines. C’est le cas de certains laboratoires où les animaux morts pour la science reçoivent une sépulture ainsi qu’un service de funérailles. Le chercheur Hideo Iwasaki raconte que les spermatozoïdes n’ayant pas pu rejoindre l’ovocyte ont eux aussi leur commémoration, disputant à cette occasion leur moment de gloire manqué. Cette disposition envers les vivants et jusqu’aux êtres en devenir fait sourire l’Occident et ses sujets cartésiens. Loin de sacraliser la vie au point de cesser toute recherche en laboratoire ou d’interdire l’avortement, elle crée plutôt une conscience étendue du vivant, un tableau plus étoffé de la vie où toute chose nous apparaît dans son interdépendance, replaçant au coeur des relations que nous entretenons avec le reste du monde animé une gratitude presque virginale, une candeur qui nous permet d’éprouver une forme d’empathie, condition nécessaire à toute tentative de sauvegarde.

La tour commémorative des animaux de laboratoire à l’Institut national des sciences radiologiques, Japon /
Service commémoratif pour les animaux de laboratoire à l’Université impériale de Tokyo

Dans cette optique de faire connaître et rendre hommage tout à la fois, nous pourrions par exemple nommer certaines rues, non pas d’une nième personne illustre, mais du nom d’espèces à qui nous devons certaines trouvailles (r)évolutionnaires. Comme notre colonne vertébrale, que nous devons à un dénommé Pikaïa !

Fossile de Pikaïa gracilens Walcott, découvert dans les schistes de Burgess (environ 500 millions d’années)

Boulevard Pikaïa

Pikaia, ancêtre des vertébrés, se présente comme un poisson en forme de lame aplatie de cinq centimètres de long. Il ondulait fièrement dans les eaux préhistoriques à l’aide de bandes musculaires que d’autres créatures aquatiques devaient lui envier, tandis que les lamproies baillaient infiniment et que des créatures au corps mou se débattaient dans l’eau en avalant des particules de nourriture microscopique. Pikaia est l’ancêtre commun des poissons, des reptiles, des dinosaures et des oiseaux et c’est à lui que nous devons notre colonne vertébrale. Nulle cérémonie pour le célébrer. Pas même un boulevard dédié à sa mémoire. Boulevard Pikaia, ce serait pourtant chic. Car si les noms de rues ne sont attribués qu’aux grands hommes de la nation, que dire de ces formes de vie primitives qui ont été héroïques lors de la plus longue des batailles, celle de la survie ?

Féconder la mémoire

Mais il y a des commémorations plus étonnantes encore qui elles aussi conservent la mémoire des disparus en passant par une danse que nous connaissons bien pour en être directement issus et pour la pratiquer à notre tour, je veux parler de cette danse qui débouche sur notre descendance et notre bon plaisir. Le lézard à queue en fouet honore la pensée des disparus de ce revers inattendu. Les mâles de cette espèce ayant tous été décimés, l’espèce a pu survivre car les femelles sont parvenues à se cloner (technique que la nature possède en option lorsqu’il est trop coûteux de faire des parades amoureuses ou lorsque les mâles disparaissent). Et bien que les femelles ne passent plus par une reproduction sexuée, elles simulent toutefois l’accouplement entre elles, comme le vestige d’une mécanique qui fait encore effet : celui de provoquer l’ovulation.

Lézard à queue en fouet (chez qui les mâles ont disparu)

C’est donc le rappel d’un acte fantomatique qui s’exécute en fabriquant ce qu’on appellerait miracle si l’on n’avait pas enquêté sur ce mystérieux office.

Sauve-garder l’hippocampe

La mémoire a elle aussi besoin d’être fécondée, stimulée, non pour donner la vie mais pour la conserver, la maintenir par le langage, la saluer par des danses, la sauvegarder sur le disque dur de notre matière grise et tenter la sauvegarde de sa contre-patrie réelle : maintenir la vie en vie.
Notre disque dur a le corps mou : le siège de la mémoire se situe principalement au niveau de l’hippocampe de notre cerveau. Cette structure anatomique a été baptisée ainsi en 1587 par l’anatomiste vénitien Giulio Cesare Aranzio qui y voyait une ressemblance troublante avec l’animal du même nom. L’hippocampe humain est donc nommé d’après l’hippocampe marin. Si l’art de la mémoire va en s’amenuisant, l’hippocampe des mers est à son tour comme frappé de ce sortilège, menacé qu’il est d’extinction, prisé comme amulette religieuse ou réduit en poudre pour des sois-disant vertus aphrodisiaques en Asie.

La confrontation de ces deux hippocampes me frappe. Pas tant pour leur ressemblance, que pour leur interdépendance, l’union secrète que j’y vois. L’un est vivant mais n’a pas conscience de sa propre disparition. L’autre, n’est pas vivant, mais participe à la conscience du péril du premier. Il en a les proportions, les contours, et semble conserver jalousement sa contrepartie secrète, bien à l’abri dans sa gangue neuronale…

Hippocampe humain et hippocampe marin

___________________________________________________________________

*

À propos du titre “L’inévitable calcification des espèces”

La calcification des espèces est une dyslexie de La classification des espèces évoquée plus haut. La classification subirait une forme de calcification dès lors que des espèces viennent à mourir. Ce jeu de mot est aussi une manière d’appuyer la métaphore à laquelle Darwin avait eu recours : il faisait référence au corail bien plus qu’à l’arbre pour représenter la structure phylogénétique des êtres vivants. Contrairement à l’arbre, le corail n’est vivant qu’à ses terminaisons, là où il bourgeonne, le reste de sa structure est calcifiée (ce qui produit les récifs coralliens). Comme le dit l’historien de l’art Horst Bredekamp, “le corail permettait non seulement de transmettre de façon particulièrement évocatrice l’image de l’évolution, à la manière d’un tableau de bataille avec des vivants vainqueurs et des morts pétrifiés mais il garantissait aussi par la forme de la croissance, la dimension anarchique de l’évolution et contredisait en cela une conception mimétique du modèle de l’arbre”. Avec le réchauffement des océans et son acidification, le corail phylogénétique du vivant se durcit prématurément. Il se calcifie plus vite, trop vite. Comme la disparition d’espèces avec lesquelles nous n’avons pas même eu le temps de faire connaissance. Si Darwin dit vrai, les récifs coralliens ne sont pas une simple métaphore, il nous tendent le miroir de l’état du monde vivant.

Deuxième diagramme de l’évolution, dessin de Charles Darwin (1837) / L’unique illustration de l’ouvrage “De l’origine des espèces” (1859).

*

À propos de l’oeuvre de Jan Fabre (en ouverture de l’article)

Ce n’est pas un hasard si les oeuvres de Jan Fabre fourmillent d’insectes : il est le petit-fils de Jean-Henri Fabre, célèbre entomologiste. Difficile de ne pas être envoûté par la beauté inouïe de ces surfaces irisées, ces enfilades de carapaces mordorées tapissant plafonds et objets volumineux pour lesquels il a tout de même fallu sacrifier pléthores de scarabées. Or, dans cet article, il est question d’insectes, de mort, de mémoire et d’oubli, et c’est la force de cette oeuvre que de réunir tous ces éléments : élytres de scarabées, crâne d’homme (où s’enregistrent et s’effacent les souvenirs) symbolisant la mort, et en guise de triomphe de la vie sur la mort, une grenouille couronnant le crâne, grenouille, qui n’a pas cherché à se faire plus grosse que le boeuf, et qui atteste que la vie nous survivra malgré notre vanité. Le thème des vanités prend ici tout son sens puisque le rôle de ces dernières est de rappeler à l’humanité qu’elle aussi est fragile et (pour le moment encore) mortelle. Le crâne est recouvert d’élytres de scarabées, comme si la mort de l’un faisait le lit de l’autre. Double vanité en somme, celle d’une créature mortelle, qui meurt et qui cause la mort. Beauté troublante où le sacre de la vie et de la mort se croisent.

Une autre hypothèse est que la fin est inéluctable, toutes les espèces disparaissant un jour. Sapiens n’y échapperait pas à coup sûr. Et, sentant sa fin prochaine, il prépare le spectacle de sa propre disparition. L’apocalypse est une esthétique qui a toujours fasciné mais elle est en plein essor depuis le 11 septembre 2001 où elle a atteint des sommets en montrant en direct l’effondrement du symbole d’une puissance qui semblait invincible. Malgré le choc, les images fascinent. Il n’y a que les studios hollywoodiens pour étourdir les spectateurs de la volupté d’une fin puissante et belle. Mais ce n’est pas du cinéma.. enfin si.. car toute cette mise en scène a été pensée pour être regardée par le monde entier.

The Falling Man, Richard Drew (11 septembre 2001 à 9 h 41 min 15 s)

Le tableau de Jan Fabre raconte aussi cela. Ainsi, malgré la prophétie de cette fin tragique, la mort se drape dans les plus belles étoffes qui soient : vertes, dorées, irisées, insolentes aux mises en garde et bien incapable de résister aux lois de l’optique qui l’oblige à mille variations de lumière.

--

--