Notre-Dame du Kintsugi

Pour une architecture des stigmates

Périodiquement détruite et reconstruite, Notre-Dame de Paris ne semble immortelle que dans sa capacité à renaître de ses cendres et à nous renvoyer, à chaque génération, à nos querelles intestines, entre conservatisme effarouché et frénésie du renouveau, mais aussi à nous faire communier au-delà des schismes et des catéchismes. Car par delà les religions, si chacun a été saisi dans ses chairs devant cet incendie spectaculaire, c’est peut-être parce qu’il ne s’agissait pas simplement de la destruction d’un somptueux lieu de culte, d’un ouvrage hors-norme, d’un morceau de notre histoire ancienne et précieuse ayant inspiré les plus grands créateurs, mais aussi parce que cet incendie semblait incarner notre impuissance à sauvegarder ce que nous avons de plus précieux. Dans les flammes se consumait la douleur de tous les martyrs, humains et non-humains, invisibles à nos yeux, comme dans une mise en garde, nous tendant le miroir d’une situation que l’on se refuse à voir. Ce lundi 15 avril 2019 nous avons pris la mesure de la formule tristement célèbre : “notre maison brûle et nous la regardons brûler”. Et coïncidence troublante, c’est précisément une forêt qui a brûlé au sommet de la cathédrale. Les gargouilles ne cessent de nous le chuchoter. Tendez plutôt l’oreille.

Gargouilles de Notre-Dame de Paris

Qu’est-ce qui gargouille, qu’est-ce qui crie ?

Depuis l’incendie de Notre-Dame, je suis assiégée par des visions de gargouilles. Ces êtres de pierre sont comme des gardiens qui surplombent nos vies effrénées et nous observent silencieusement, sans bouger. Pourtant les gargouilles crient, elles hurlent, il suffit de regarder leur gueule grand ouverte, il suffit de tendre l’oreille. Typiques de l’art grotesque elles n’ont jamais été si contemporaines, si absolument vitales. Leur rôle, en dehors d’évacuer l’eau de pluie, consistait à protéger le bâtiment contre les esprits maléfiques. Lundi soir, ce n’est pas un incendie criminel qui a eu lieu, pas de coupable à pendre en place publique donc. La maison a brûlé sans que notre colère puisse être autre que silencieuse. Paralysés, nous l’étions tous, comme nous le sommes devant les grands défis qui nous attendent. Les gargouilles figées, pétrifiées, ensorcelées, c’était nous. Les effigies, elles, se contorsionnaient, braillaient, bondissaient, nous toisant et nous exhortant à sortir de notre léthargie.

Et plutôt que de goûter un peu l’odeur âcre de la suie, de laisser décanter cette impuissance, voilà que l’on s’empresse de faire tout ce contre quoi les gargouilles nous mettent en garde : racheter son salut à coup de milliards, faire les travaux dans un temps record, et potentiellement restaurer la cathédrale à l’identique. Or l’argent ne peut pas tout, le temps de la cicatrisation n’est pas compressible à la folie, et refaire à l’identique serait le comble du déni, faire croire et se faire croire que rien ne s’est passé. Si rien ne s’est passé, alors tout va bien dans le meilleur des mondes. Et j’ose le dire, cela n’aura servi à rien !

Dans le brasier du coeur

Dans un tel moment, tout fait signe. Le lundi 15 avril, c’est d’abord ce petit coeur rouge que j’ai vu défiler sur la toile, prouesse technologique d’impression d’organe dévoilé en grande pompe, funèbre prélude bientôt remplacé par le coeur de Paris se consumant dans le brasier de Notre Dame. Entre frissons d’effroi et d’admiration, j’ai cherché à imaginer la reconstruction de Notre-Dame comme on reconstruit un organe avec sa charpente et sa matrice cellulaire, rapprochant les orfèvres de part et d’autre des siècles et des savoir-faire. Car tous ces êtres, chirurgiens des monuments et bâtisseurs de vie, tous jouent dans la cour des miracles.

Prototype de coeur imprimé en 3D à partir de tissus humains / Vue aérienne de l’incendie de Notre-Dame de Paris

Et un miracle a bien eu lieu.
Je ne parle pas du miracle que tout le monde salue ou condamne à travers les sommes astronomiques offertes ici et là. Non, je parle d’un miracle autrement plus intéressant et puissant. Celui du sauvetage quatre jours avant l’accident de ceux-là même qui opèrent des miracles.

Saint et sauf

Quelques jours avant l’incendie de Notre-Dame de Paris, les seize statues de cuivre qui ornaient la flèche de la cathédrale ont été descendues. Elles représentent les douze apôtres et les quatre évangélistes. Sauvés in extremis des flammes, ils avaient fort à faire en ce début de semaine sainte, se sachant prêts à revoir le Christ lors de l’Ascension (30 mai prochain). C’eut été dommage de manquer ce rendez-vous annuel car Jésus les revoit à cette occasion une dernière fois avant de monter au ciel et leur donne le pouvoir de réaliser des miracles en son nom, ici-bas. Il fallait donc descendre auprès de nous et pour sauver son prochain, encore faut-il se donner toutes les chances d’y parvenir en se mettant soi-même en sécurité.

Descente des seize statues de cuivre juchées à la base de la flèche de Notre-Dame de Paris © Jade Robin

Les misérables, en gilet de sauvetage ou en gilet jaune

C’est la semaine sainte, les dons affluent massivement, les bourses se délient comme pour renouveler à tout prix ce simulacre d’éternité et racheter ses péchés. Jesus transforme l’eau en vin, l’Etat transforme l’argent des uns en l’argent des autres. Les dons seront effectivement en partie indolore aux donateurs puisque grandement défiscalisés. Mais quelque soit sa source, l’argent coulera à flot. Les gargouilles en feront une indigestion. En prennent ombrage les autres monuments historiques, les misérables en gilet de sauvetage ou en gilet jaune, les espèces en voie d’extinction. Bref, c’est la cohue, tout le monde veut monter à bord de l’Arche de Noé ou de l’Aquarius car l’orage gronde au loin et pour l’heure, bien que l’air se charge d’électricité, il n’y a pratiquement que les plus fragiles pour en prendre véritablement la mesure.

Il va falloir bosser dur les tutos de Jésus

Si le miracle a épargné les apôtres, c’est peut-être parce qu’ils s’apprêtent à nous prêter main forte dans l’épreuve qui vient et nous paralyse face au péril climatique et ses conséquences vertigineuses. Mais il va falloir bosser dur les tutos de Jésus. Et même aller au-delà, car faire remarcher un paralysé ou rendre la vue à un aveugle ça y est on sait faire, aussi bien que Jésus sans doute, mais rendre la vue aux voyants sera une autre paire de manche !

Je cherche un Homme !

Rendre la vue aux voyants, leur ouvrir les yeux, voilà de quoi occuper les disciples de Diogène de Sinope qui s’en allait en plein jour dans les rues d’Athènes une lanterne à la main s’écriant : “je cherche un Homme !” alors qu’il faisait jour et que les rues étaient peuplées d’individus. Diogène dit-on cherche par là à montrer qu’il ne suffit pas d’être une entité biologiquement humaine pour être un Homme mais qu’il faut aussi être doué de morale, d’une humanité, qui est selon lui, absente chez la plupart de ses contemporains.

Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font

C’est l’une des sept paroles du Christ tandis qu’il subit les sévices de ses bourreaux. C’est la phrase qui m’est venue automatiquement en découvrant il y a quelques mois cette photo d’un incendie de forêt dans l’Oregon, au premier plan de laquelle on peut voir des golfeurs jouer comme si de rien n’était : «Ils en étaient au dernier fairway» a précisé la gérante du lieu.
De “Stairway to Heaven” à “Fairway to Hell”.
Les protagonistes de cette scène ne sont pas coupables (en tout cas pas directement) mais leur indifférence devant ce spectacle terrifiant dit beaucoup de notre relation à ces catastrophes. Ce qui nous crève les yeux ne nous crève pas le coeur. D’ailleurs c’est beau une forêt qui brûle. C’est beau parce que c’est terrible et sublime, c’est beau parce que c’est cathartique.

Des golfeurs jouent tandis qu’un incendie ravage une forêt de l’Oregon (4 septembre 2017, Kristi McCluer/Reuters) / Des passants regardant l’incendie de Notre-Dame (15 avril 2019, Houpline, SIPA)

La grenouille de bénitier, en voie d’extinction

Au contraire, lorsque la forêt (c’est ainsi qu’on appelle la charpente de Notre-Dame) a pris feu, nous nous sommes retournés, nous nous sommes recueillis et avons communié sur place ou par écrans interposés. Pas que les croyants soient nombreux parmi nous, on peut même dire que la grenouille de bénitier est à ajouter aux espèces en voie de disparition. Mais je crois qu’on a tous perçu, de manière plus ou moins consciente, que les civilisations sont en fait mortelles, que ce qu’elles ont de plus solide, leurs fondations, peuvent aussi s’effondrer et partir en fumée. Et, bien que le bûcher n’ait été allumé par personne, nous étions tous un peu destinataires de ce message incandescent. Est-ce les morts qui nous appellent à nous ressaisir ou les vivants à venir qui flairent la catastrophe ?

Un incendie ? Vous voulez dire un séisme !

Cette faille que nous avons découvert pourrait nous rendre plus fort.
Ça y est, nous savons que nous sommes mortels en tant que civilisation, Notre-Dame nous en a fait l’aveu. C’est pourquoi je crois que nous devrions rendre visible cette cicatrice plutôt que de la combler car c’est elle qui nous a ouvert les yeux.

Espèce en voie d’illumination

Si Notre-Dame est le point zéro de toutes les routes de France, elle pourrait être désormais l’épicentre du séisme qui nous a sorti de notre aveuglement.

Je vous rafraichis la nuque ou on garde le volume ?

Que va-t-on faire de Notre-Dame?
Certains proposent de tout refaire à l’identique (et n’en déplaisent aux conservateurs d’aujourd’hui, il y a fort à parier qu’ils eurent été les râleurs de l’époque, puisqu’ils considèrent comme canonique la restauration de Viollet-le-Duc qui fut hautement controversée en son temps, Ciel voyez-vous cela cette cathédrale mêle désormais le gothique primitif au gothique rayonnant !), d’autres proposent de la remettre au goût du jour (et même si ça craint dans la majorité des propositions qu’on voit surgir jour après jour, n’oublions pas non plus que Sainte-Sophie est un mille-feuille très réussi de temple-église-mosquée-musée), d’autres encore proposent de rester les bras en croix et de ne rien faire d’autre que de consolider le toit de façon sommaire (ce qui implique qu’apporter sa pierre à l’édifice peut parfois consister à ne pas en ajouter du tout) tout en proposant de rediriger les fonds vers d’autres causes toujours…

Notre-Dame du Kintsugi

J’avoue qu’aucune de ces propositions ne me séduit vraiment même si chacune a ses qualités. Au projet nihiliste (ne rien faire), à l’illusion d’éternité (refaire à l’identique) et à l’injonction au renouveau (faire une restauration contemporaine qui tranche), je préfère l’idée de repriser ce monument en rendant visible ses cicatrices, en montrant ses stigmates (à l’origine, marques miraculeuses disposées sur le corps comme les cinq blessures du Christ). En un mot garder une trace de cet incendie, pour qu’à l’illusion de l’éternité nous n’ajoutions pas la vacuité de l’amnésie ou l’arrogance de l’innovation à tout prix.

Les japonais pratiquent cet art de la mémoire d’une manière toute singulière à travers le Kintsugi. Dans cette perspective, un objet cassé n’est pas réparé de manière impeccable, les failles sont au contraire rendues visibles. Et non seulement elles deviennent visibles mais elles sont magnifiées. L’objet ainsi restauré acquiert plus de valeur encore qu’avant la casse. C’est un objet qui a vécu, qui a connu des accidents mais qui s’en ait remis et qui ne s’en cache pas. Veiné d’or, il est le symbole de la continuité comme du renouveau. Surtout il est un objet honnête et riche d’histoire. Un objet en qui on peut avoir confiance. C’est dans cet esprit que je chercherais à restaurer et la cathédrale et la mémoire de l’incendie si je devais y prendre part.

Exemple de Kintsugi sur céramique

Shou Sugi Ban

À propos d’incendie, le Japon s’est d’ailleurs depuis longtemps immunisé avec la technique du Shou Sugi Ban ou technique du bois brûlé. Certaines façades sont préalablement carbonisées pour les rendre résistantes au feu. Cette vaccination protège aussi le bois face à d’autres dégradations, aux UV mais aussi aux attaques des champignons et insectes xylophages.

Ce qui ne me tue me rend plus fort

Utiliser cette technique dans la restauration de Notre-Dame aurait donc un double intérêt : prémunir le bois face à l’éventualité d’un nouvel incendie mais elle aurait aussi l’avantage de témoigner de l’incendie. Rendre visibles les stigmates et les arborer (du latin arbor, arbre) fièrement.

Regardez, ceci est ma parure, touchez ceci est mon pare-feu.

Shou Sugi Ban ou technique du bois brûlé, Japon

Et quand il est question de transmission, de savoir-faire, les japonais ont là encore des pratiques passionnantes et proprement ahurissantes, en tout cas pour les gardiens du patrimoine que nous n’avons jamais cessé d’être.

Le Chêne et le Temple Shintô

Les occidentaux classent jalousement la culture au patrimoine de l’Unesco quand les japonais ont, eux, une conception bien différente de la valeur et de la mémoire historique. Le sanctuaire d’Ise qui abrite une centaine de temples Shintô en est un exemple saisissant. Cela fait mille ans que ces temples sont systématiquement construits, détruits puis rebâtis à l’identique, environ tous les vingt ans. Le 62ème renouvellement du sanctuaire a eu lieu en 2013. Chaque sanctuaire ainsi créé est synonyme de renouveau. Cette renaissance cyclique éteint tout fantasme de valorisation et de conservation de l’original puisque ce qui se conserve réellement ne se transmet que par les gestes et l’expérience de la matière. La valeur ne réside donc pas dans la pierre mais dans le savoir-faire, une manière comme une autre d’encoder la culture et de la préserver, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Dans une toute autre tradition, c’est aussi par la pierre que se scelle le lien entre les générations. C’est ce que nous rappelle Delphine Horvilleur, rabbine et écrivaine. En hébreu nous dit-elle, la pierre se dit Eben, contraction de deux mots qui signifient le père et le fils. Ainsi, la pierre serait ce qui rapproche les générations les unes des autres.

Sanctuaire d’Ise au Japon

Au Ghana où la royauté Ashanti perdure au sein de la République, à la mort de chaque souverain, on coule l’or des bijoux du roi pour en fondre de nouveaux. À ces sentiments d’une continuité idéale s’oppose l’attitude occidentale, hantée par le déclin et crispée sur les fastes de ses souvenirs. Au Japon comme au Ghana, au contraire, le sacré n’est pas l’œuvre du passé mais passe par la vitalité d’une production que les hommes entretiennent en la réitérant.

On comprend bien cette attitude au Japon, pays hanté par le spectre de la destruction : la catastrophe n’est jamais loin, le pays toujours en sursis, toujours au bord du chaos. Une raison de plus de se rapprocher des sociétés qui se savent fragiles et en ont depuis bien longtemps fait une force. Il semble d’ailleurs que cette menace permanente ait rendu l’esprit insulaire japonais plus proche du roseau qui plie et ne rompt pas, que du chêne viril, qui peut basculer d’un jour à l’autre.

Planter des peupliers là où sont implantés les piliers

Le chêne n’a pas rompu mais brûlé vivement dans le cas de Notre-Dame de Paris. Huit siècles que Notre-Dame était coiffée d’une toiture entièrement faite de poutres de chênes. Les forêts et les cathédrales ont en fait une intimité profonde, noueuse, inextricable. Une oeuvre incarne merveilleusement cette intrication. C’est sur l’île du Flevoland au détour de la ville d’Almere aux Pas-Bas, qu’une étrange forêt a surgi : la Cathédrale Verte de l’artiste hollandais Marinus Boezem. Des arbres sont plantés de manière régulière suivant le plan de la cathédrale de Reims, à l’endroit exact où sont implantés ses piliers. 178 peupliers comme 178 piliers s’élèvent à 30 mètres de hauteur. Cette cathédrale verte en cache une autre. Non loin de là, dans la forêt adjacente, des arbres ont été coupés selon la même forme et sur une même superficie. Vue d’avion, la clairière semble causée par le déplacement des arbres en direction du terrain voisin, où domine la cathédrale végétale. Lorsque les arbres qui forment la première cathédrale mourront, les jeunes arbres du terrain voisin auront eu le temps de se dresser et ainsi de suite. La cathédrale devient un organisme vivant, qui s’élève et s’effondre, inspire et expire. L’œuvre n’est pas simplement dédoublée, elle est rendue éternelle, comme les pierres des cathédrales, choisies pour traverser les siècles.

Cathédrale Verte (De Groene Kathedraal), Marinus Boezem (1978–1996)

Notre-Dame ne sera jamais prête pour aller au bal

Notre-Dame est une vieille dame, une grande brûlée qui jamais ne sera ramenée à sa prime jeunesse, elle continuera à vieillir avec les générations futures tout en rajeunissant au contact de ses interminables réajustements. Et c’est bien cet entrelacement de matériaux et de techniques qui font d’elle ce joyau de l’humanité, la preuve vivante que rien n’est parfaitement immuable, mais en même temps, que quelque chose persiste à travers les siècles écoulés. Notre-Dame de Paris est en Renaissance permanente.

N’est-ce pas cela la véritable, la plus belle, immortalité ? Le geste de départ est là, visible pour qui cherche à lire les pierres mais tous les autres gestes à travers le temps sont eux aussi inscrits en son sein. Son histoire tantôt grandiose tantôt malheureuse est le reflet de nos vies et de notre civilisation. Pour nous ressaisir, sortir du déni il faudra donc aussi rendre visibles ses meurtrissures, les maladresses, les pansements, les greffes, bref l’enchevêtrement bordélique des modes, des savoir-faire, des guerres, des intempéries. Pour que ces cicatrices nous ouvrent les yeux sur le monde qui est tout sauf inébranlable.

Quand ce n’est pas le dos qui tiraille, c’est les yeux qui piquent.

Croire qu’on pourrait achever sa reconstruction, qui plus est dans un temps record, est non seulement naïf et orgueilleux mais aussi funeste. Ces édifices ne cessent de demander des restaurations comme on demande des caresses. Quand ce n’est pas le dos qui tiraille, c’est les yeux qui piquent. De la pédicure au massage cardiaque, nous serons toujours à son chevet avec force délicatesse. Car c’est en la palpant que nous la garderons vivante, en la parant de ses frasques tumultueuses avec le feu, le vent, le temps, le tonnerre, les guerres, que nous lui offrirons une mémoire vive que nous pourrons consulter sans défiance. C’est en cessant de faire le portrait de Dorian Gray à l’envers, la cathédrale demeurant faussement intacte pour nous rassurer, que nous sortirons de l’illusion d’éternité et de cette amnésie collective qui nous empêche peut-être aussi de répondre à l’appel de la forêt.

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