BACH TO BOP AND BACK

Rencontre de deux univers musicaux esthétiques dans un concert étudiant

Considéré comme le seul évènement où tous les étudiants de trois années de Licence se retrouvent, le concert de chœurs du département de musique de l’Université Jean Jaurès est devenu le « tête-à-tête» entre deux parcours pédagogiques différents.

Chaque année, une centaine d’étudiants en Musicologie se réunissent à la Fabrique pour interpréter un répertoire de multiples formes musicales. Un voyage auditif, qui va du répertoire classique aux canons avec du body-percussion, en passant par des standards du jazz ou a cappella en ensemble vocal. Le résultat ? un bloc des sonorités puissantes et douces en même temps, des mélodies chargées d’une qualité interprétative impeccable et des nuances parfaitement tracées.

Sous la direction de Claire Suhubiette, cette chorale d’étudiants a intégré une culture polyphonique solide par le biais d’un répertoire adapté et varié. Des techniques différentes ont été adoptées pour faire sonner cette rencontre musicale entre le classique et le jazz. Pour le répertoire de Verdi (interprété par les étudiants de la première année de Licence) et le célèbre « Requiem » de Mozart (première et deuxième année de Licence), la lecture et l’interprétation des partitions ont été indispensables. Le contrôle absolu de la part du compositeur et du chef ont déterminé la performance vocale et la précision des nuances. Tout un défi, pour les étudiants de jazz qui sont habitués à avoir une liberté de choix par rapport à l’interprétation. En plus, l’exigence de la chef de choeur par rapport au placement de la voix a été fondamentale pour obtenir un son d’ensemble homogène et juste.

D’un autre côté, les étudiants de musique classique ont été amenés à essayer des nouvelles approches musicales, à travers l’improvisation et le body-percussion. Pendant les répétitions, ils avaient fait plusieurs tentatives pour se mettre en contexte et être à l’aise avec l’instabilité d’une partie non-écrite. Le mélange de body-percussion et des canons est la preuve définitive que ce concert a voulu produire une rencontre musicale très riche et offrir aux jeunes musiciens un bagage plus complexe. La coordination de ces deux techniques n’a pas été aisée et elle a constitué un sérieux défi pour les étudiants de deux filières.

Sortir de sa zone de confort n’a jamais pas été facile. Mais c’est s’ouvrir son champ des possibles, à de nouvelles opportunités. Après une observation et une analyse de la méthodologie employée par la chef de choeur, on peut constater que l’élément le plus important pour réussir dans cette nouvelle expérience, est la confiance en soi même. Confiance qui doit être fournie par le pédagogue et qui permet de prendre des nouveaux défis. Dans ce cas-là: adopter le rôle de chanteur en étant instrumentiste de base, chanter sans partitions et dans des langues qu’on ne connaît pas, travailler la coordination entre le body-percussion avec le chant des canons, et supporter le stress de la mise en scène représentent des défis pour les étudiants issus des deux filières.

À la fin du concert, tous les étudiants se sont rapprochés pour interpréter a capella « River » du groupe Ibeyi. Malgré les difficultés rencontrées, le chœur des étudiants de l’Université Jean Jaurès a démontré que c’est possible de créer un mouvement entre ces deux styles musicaux, et c’est un cycle qui va dans les deux sens puisque toutes les musiques s’inspirent et en inspirent d’autres, et donc évidemment, la musique classique s’est elle-même beaucoup inspirée du jazz au cours du XXe siècle.

Fiorella Mansilla

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