Effets du chantier SEA : premiers éléments

L’Observatoire Socio-Economique de LISEA étudie les enjeux et opportunités liés à l’arrivée de la grande vitesse ferroviaire sur un territoire. Parmi ses axes de travail : les retombées économiques et sociales du chantier. Retour sur l’étude menée sur la période 2011–2013.

L’étude menée par Etienne Fouqueray, chercheur à l’Université de Poitiers, apporte un éclairage et une première série de réponse à la question rituelle sur les retombées économiques des grands projets d’infrastructure pour les territoires. Cette question intéresse bien sûr les collectivités en charge du développement économique des territoires (a fortiori lorsqu’elles co-financent le projet), mais aussi les entreprises locales qui escomptent des retombées dans leur secteur d’activité. 
Menée dans le cadre de l’Observatoire Socio-Economique de LISEA, cette étude mesure les effets directs, indirects et induits du chantier de la LGV Sud Europe Atlantique, entre Tours et Bordeaux*. Un chantier gigantesque, le plus grand du moment, qui a employé jusqu’à 9000 collaborateurs répartis sur 340 km de lignes nouvelles.

S’attachant à la période 2011-début 2013 (soit un chantier déjà avancé de plus de 40 %), le travail d’Etienne Fouqueray permet d’avancer quelques données éclairantes et significatives. Ainsi, « la construction de la LGV SEA Tours-Bordeaux sur la période 2011–2013 a généré dans les trois régions traversées 13 799 emplois, 1,6 milliards d’euros de production et 755 millions d’euros de valeur ajoutée ». La croissance du taux de chômage a également été ralentie, singulièrement dans les zones proches du chantier ; dans son étude, Etienne Fouqueray souligne que « la majorité des salariés locaux du chantier était au chômage avant de travailler sur le projet (48 à 70 % selon les CSP) ». Ce qui vient rendre justice au travail exemplaire mené par le constructeur de la ligne qui, grâce à la forte mobilisation de Pôle Emploi, a organisé un modèle de recrutement efficace.

Intitulée « Impact économique de la construction de la LGV SEA Tours-Bordeaux sur les régions traversées », l’étude a été publiée en avril 2016 dans la Revue d’Economie Régionale et Urbaine (Armand Colin). La version (payante) on-line est ici : https://www.cairn.info/revue-d-economie-regionale-et-urbaine-2016-2-page-385.htm.

*Débuté en 2011, cette nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse sera livrée en 2017 et permettra notamment de relier Bordeaux et Paris en 2 h, contre 3h15 en 2015. Les gains de temps de déplacement seront ressentis dans tout le grand sud-ouest français.

Like what you read? Give Matthieu Lafaurie a round of applause.

From a quick cheer to a standing ovation, clap to show how much you enjoyed this story.