[207] Ah ! Qu’en termes galants ces choses-là sont mises !

The Autumn Of My Springtime | Rezo Gabriadze | Tbilissi [Georgie] 1991

Bien que rejetée par le veto russe, la résolution française a introduit pour la première fois au Conseil de sécurité l’idée d’une interdiction de toute action militaire aérienne au-dessus d’Alep. Une « no bombing zone », [en français dans le texte] nouvelle formulation réclamée ces derniers jours par plusieurs organisations des droits de l’Homme en Syrie commence à faire son chemin. « Placer les acteurs devant leurs responsabilités », selon la formule du Quai d’Orsay, est désormais chose faite. « Montrer que l’obstruction à toute solution est le fait de la Russie », est aussi un objectif atteint. Pendant ce temps-là, les bombardements continuent.

François Hollande se poserait « encore la question » de recevoir Vladimir Poutine lors de sa venue à Paris le 19 octobre. Lors d’un entretien réalisé samedi 8 octobre à Tulle, et qui devait être diffusé ce lundi dans l’émission « Quotidien » sur TMC, il déplore les « crimes de guerre » commis à Alep, ville de Syrie intensément bombardée avec l’appui aérien de la Russie.

Les résultats partiels du scrutin législatif en Géorgie publiés dimanche 9 octobre donnent 50,44 % des suffrages à « Rêve géorgien », le parti au pouvoir. S’adressant à ses soutiens devant le siège de son parti, le premier ministre géorgien, Giorgi Kvirikashvili, s’est félicité d’une « énorme victoire ». Nika Melia, la chef de campagne du MNU, Le Mouvement national unifié, principale force d’opposition a affirmé que « des voix nous ont été volées. Nous allons défendre nos votes ». La Commission électorale centrale a annoncé avoir enregistré 46 plaintes pour violation des procédures. L’issue définitive du scrutin pourrait en revanche n’être connue que fin novembre étant donné la complexité du système électoral géorgien.

Le débat entre Donald Trump et Hillary Clinton a pris des allures d’affrontement personnel, et la tension est montée d’un cran, dimanche, à l’occasion du deuxième débat présidentiel, où les candidats devaient répondre à des questions d’électeurs. Selon un sondage CNN sur le vainqueur du débat, il s’agit encore d’Hillary Clinton à 57%, Donald Trump améliorant son dernier score avec 34%.

Au Yémen, la France a appelé, dimanche 9 octobre, à « une enquête indépendante » sur l’attaque qui a fait au moins 140 morts samedi à Sanaa, frappant une veillée funèbre dans l’ancienne capitale du pays prise par les rebelles houthistes. Dans un communiqué, le Quai d’Orsay a appelé « l’ensemble des parties au conflit à respecter strictement le droit international humanitaire ».

Le gouvernement éthiopien a déclaré l’état d’urgence dimanche, après plusieurs mois de violents troubles dans le pays, « après un débat approfondi en conseil des ministres sur les morts et les dommages aux biens survenus dans le pays », a déclaré le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

En Colombie, les partisans de la paix espèrent que le prix décerné vendredi 7 octobre à leur président aidera à sortir de l’impasse provoquée par le « non » au référendum du 2 octobre. Malgré le rejet de l’accord au référendum de dimanche dernier, un communiqué annonçait que des points de l’accord « commenceraient à être mis en place » ces jours-ci : la démobilisation des combattants mineurs, le déminage, la recherche des disparus, la substitution des cultures de coca. Peu à peu, le gouvernement pourrait parvenir à montrer que les 297 pages signées à Carthagène ne sont pas lettre morte et que la paix peut avancer. 

De son côté, le président colombien Juan Manuel Santos, lauréat vendredi du prix Nobel de la Paix, a annoncé dimanche 9 octobre qu’il allait faire don de l’argent accompagnant cette prestigieuse récompense, 8 millions de couronnes suédoises [environ 828 000 euros] aux victimes du conflit qui déchire ce pays.

A Paris, le Prix Nobel de la Paix 2006, Muhammad Yunus explique sa décision d’installer une antenne de sa fondation au sein de la future « Maison des économies solidaires et innovantes » créée par la mairie de Paris, sur les berges du canal de l’Ourcq [19ème]. L’économiste bangladais y défend son concept de « social business » et le rôle joué par la capitale française.

Cet été, des centaines de migrants ont été évacués du quartier Stalingrad et des jardins d’Eole, dans le nord de Paris. Beaucoup de ces campements ont fini par se reconstituer au même endroit où dans les quartiers alentours comme sur le canal Saint-Martin, près du métro Jaurès. Pour remédier à cette situation la mairie de Paris a décidé la construction de deux camps humanitaires. L’un de ces camps ouvrira ses portes entre le 20 et le 24 octobre à Porte de la Chapelle. Il a été pensé pour accueillir les migrants et les réfugiés avec « dignité », selon les mots de Julien Beller, l’architecte qui a conçu le site.

Tous les français ne rejettent pas les migrants et les étrangers. Le 27 octobre 2015, 51 réfugiés soudanais venus de Calais ont été accueillis sur décision préfectorale à Arry [540 habitants], en Moselle. Une partie de la population a proposé son aide pour les intégrer [cours de Français, démarches administratives…] tandis que certains migrants participaient à des tâches manuelles dans le village.
Et si vous écoutiez « Les pieds sur terre » ?
 
Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, interrogé par Le Journal du dimanche du 9 octobre, a opposé une fin de non-recevoir aux élus qui réclament la liste des « fichés S » sur leur territoire, invoquant la confidentialité des enquêtes. Le 5 octobre, Hervé Maurey, sénateur UDI de l’Eure avait déposé une proposition de loi allant dans ce sens, au nom « d’une aspiration légitime des élus à renforcer la sécurité publique, une des missions premières de leur fonction ».

Intervenant pour les 20 ans de l’institut fondé par l’ancien président de la Commission européenne, le chef de l’État a dépeint une Europe « en crise dans ses fondements et dans son projet » en réponse à laquelle il a fait valoir « l’identité européenne » et le besoin d’Europe de la défense.
 
En durcissant le ton sur l’immigration, la Première ministre Theresa May a laissé penser cette semaine qu’elle penchait pour un « Brexit dur », c’est-à-dire sans concession vis-à-vis de Bruxelles et sans accès au marché unique européen. Ce dimanche, le gouvernement britannique rétropédalait sur un projet visant à demander aux entreprises de lister leurs employés étrangers, présenté en milieu de semaine au congrès du parti conservateur et qui a suscité colère et indignation.

Tous les candidats à la primaire de la droite sous-entendent qu’il est aujourd’hui possible de gagner plus avec les minima sociaux qu’avec un salaire minimum. Or, ce n’est pas le cas, sauf rares exceptions.

Sur Les réseaux sociaux, le député de la onzième circonscription des Bouches du Rhône, Christian Kert [LR], explique pourquoi il va défendre cette semaine à l’Assemblée Nationale la Proposition de Loi [PPL] déposée par Nathalie Kosciusko Morizet [et co signée par plusieurs dizaines de députés] tendant à sanctionner les auteurs de « prédications subversives » : « la République fait face à une radicalité religieuse multiforme, qui se diffuse par différents moyens dont la prédication itinérante et la prédication sur site. Le contenu de ces prédications atteint une dimension proprement subversive quand, en défendant la supériorités [sic] des lois religieuses sur les principes de la République, il appelle à la désobéissance civile ou à la sédition. Il peut également inciter à la haine d’autrui et de la société. » […] « En veillant, bien entendu à ne pas porter atteinte à nos libertés fondamentales ».
« Ah ! Qu’en termes galants ces choses-là sont mises !»…
Charles Pasqua était en son temps plus expéditif : « Il faut terroriser les terroristes ».

Bonne journée

@MathieuGrizard

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