[333] Incarné

La Viande [1929] Eli Lotar
Épreuve gélatino-argentique d’époque, 15,5 x 22,2 cm.
Amsab-Institut d’Histoire Sociale, Gand. © Eli Lotar

Au cœur de l’avant-garde des années 1930, l’œuvre du photographe et cinéaste Eli Lotar [1905–1969] fait l’objet d’une rétrospective au Jeu de Paume à Paris. L’exposition présente un panorama complet de l’œuvre de Lotar, associant tirages d’époque, photos inédites issues du fond de négatifs conservés au Centre Pompidou, films et reproductions de revues. « Autour d’un grand nombre de tirages d’époque, le musée s’est attaché à mettre en valeur les chemins explorés par le photographe : de la recherche formelle à l’engagement documentaire, en passant par les visions poétiques, les voyages et l’art du portrait. Une œuvre inclassable et injustement méconnue, à découvrir jusqu’au 28 mai ».

Une éclipse annulaire de Soleil, un « anneau de feu » autour du disque noir de la Lune, a pu être observée dimanche dans le ciel de l’Argentine et du Chili. Le phénomène s’est ensuite prolongé dans le ciel d’Afrique centrale et d’Afrique australe. Une éclipse annulaire se produit lorsque la Lune passe devant le Soleil, mais est trop loin de la Terre pour le masquer intégralement. Munis de télescopes, lentilles spéciales et accessoires bricolés avec du carton, des dizaines de curieux ont applaudi en voyant la Lune s’approcher du Soleil. La Lune a mis deux heures à passer devant le Soleil, mais l’éclipse annulaire, elle, n’a duré qu’environ une minute.

La tension règne autour des pourparlers de Genève, censés amorcer une solution au conflit syrien. « Respectez-vous mutuellement, ne remettez pas en cause la légitimité des uns et des autres. Assurez-vous que les réunions ou conversations ne sont pas enregistrées. Utilisez un langage approprié, évitez les injures et attaques personnelles ». Ces quelques « consignes de base », contenues dans un document remis par le médiateur de l’ONU Staffan de Mistura aux belligérants, racontent en creux l’animosité et la défiance entre les deux parties, après six ans d’un conflit dévastateur et plusieurs tentatives de négociations avortées. Les chances de réussite semblent encore plus minces depuis l’attaque dévastatrice de samedi 25 février contre deux bâtiments des services de sécurité gouvernementaux, à Homs, dans le centre du pays, qui a fait 42 morts.

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se prononcer, mardi 28 février, sur un projet de résolution sanctionnant Damas pour l’usage d’armes chimiques contre la population civile. S’il était accepté, le texte imposerait une interdiction de voyager et gèlerait les avoirs de onze Syriens, principalement des responsables militaires, et dix organismes. Seraient en outre prohibés la vente, la fourniture ou le transfert à l’armée et au gouvernement d’hélicoptères et d’autres matériels. La Russie, alliée de Bachar Al-Assad, a promis vendredi d’opposer son veto à ce projet. Pour être adopté, le texte doit rassembler neuf votes en sa faveur et ne déclencher aucun veto des membres permanents — Chine, Etats-Unis, Russie, France et Royaume-Uni. La réunion de l’exécutif onusien promet donc d’opposer Moscou à Washington, Paris et Londres. La Russie a opposé son veto à six résolutions sur la Syrie depuis le début du conflit en 2011. La Chine s’est jointe à Moscou lors de cinq de ces votes. La position de Pékin, mardi, reste incertaine

« Les troupes irakiennes ont pris un pont sur le Tigre, qui partage la ville [de Mossoul] entre quartiers est et ouest. Elles ont atteint « l’accès ouest du pont », qui est désormais « sous [leur] contrôle sur les deux berges », a annoncé le général Yahya Rasool, porte-parole du commandement des forces irakiennes. Ce pont, endommagé par des bombardements, est impraticable, mais sa reprise va permettre d’établir un pont flottant à proximité. […] Il y a un an, la mise en service d’un pont de fortune avait été considérée comme une étape déterminante dans la reprise de la ville de Ramadi aux djihadistes, dans l’ouest de l’Irak ».

Le Soudan du Sud, la plus jeune des nations du monde, né en 2011 après sa séparation d’avec le Soudan, a sombré dans la guerre civile à partir de décembre 2013. La guerre civile a commencé quand le président Salva Kiir a accusé son rival et ancien adjoint Riek Machar de fomenter un coup d’Etat. Les combats acharnés entre les partisans de M. Kiir, de la tribu des Dinka, et ceux de M. Machar, de la tribu de Neur, ont fait des dizaines de milliers de morts. Plus de trois millions de personnes ont été déplacées. Selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés [HCR], environ 32.000 Sud-Soudanais ont trouvé refuge au Soudan depuis le début de l’année et des dizaines de milliers d’autres devraient les imiter dans les mois à venir. Le Soudan accueille déjà environ 330.000 ressortissants de son voisin du sud depuis le début de la guerre civile.

La résistance des bactéries aux antibiotiques est de plus en plus préoccupante. L’Organisation mondiale de la santé [OMS] a publié ce lundi une liste de 12 familles de bactéries contre lesquelles elle juge urgent de développer de nouveaux antibiotiques, en raison des risques que font peser leur résistance croissante aux traitements actuels. « Cette liste a été établie pour essayer d’orienter et de promouvoir la recherche-développement de nouveaux antibiotiques », explique l’institution des Nations unies, qui veut empêcher la résurgence de maladies infectieuses incurables. En septembre, une étude britannique affirmait que les bactéries résistantes pourraient « tuer jusqu’à 10 millions de personnes par an d’ici 2050, soit autant que le cancer ».

Barack Obama avait réduit le budget militaire, Donald Trump veut l’augmenter. Cette hausse est considérable : elle est de 9 %, soit 54 milliards de dollars. Lors d’une rencontre avec les gouverneurs, le président des Etats-Unis a affiché sa volonté de « reconstruire l’armée » pour « respecter [sa] promesse de protéger les Américains ». Ce sera « un message au monde en ces temps dangereux, sur la force et la détermination de l’Amérique », souligne-t-il. Cette augmentation risque d’être difficile à faire adopter par le Congrès. Pour la compenser, Donald Trump propose de réaliser des coupes dans les budgets de l’agence de protection de l’environnement et le département d’Etat.

« Nous avons pris du retard par rapport à notre capacité nucléaire. Je suis le premier qui aimerait voir un monde sans arme nucléaire, mais nous n’allons jamais nous faire dépasser par quelque pays que ce soit, même un pays allié » a indiqué Donald Trump. Est-on à l’aube d’une nouvelle course aux armes nucléaires entre la Russie et les Etats-Unis ? Plusieurs signaux font craindre un retour de l’équilibre de la terreur entre Washington et Moscou digne de la Guerre froide. Récemment, la Russie a commencé, à en croire le New York Times, à déployer sur son territoire des missiles de croisière de portée intermédiaire capables de frapper des villes européennes. Les Américains en sont convaincus. C’est une grave violation du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire [FNI] conclu en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

À l’occasion de l’ouverture de la 34ème session du Conseil des droits de l’homme, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, y est allé d’une charge à fond de train contre les politiciens populistes, les extrémistes, les partisans du repli sur soi et autres politiques qui s’en prennent aux minorités. « Le mépris des droits de l’homme est une maladie, une maladie qui se propage partout, au nord, au sud, à l’est, à l’ouest. Une maladie que le Conseil des droits de l’homme doit contribuer à éradiquer », a-t-il ajouté. Le chef de l’ONU n’a jamais mentionné de pays ou de chef de gouvernement, mais il a critiqué ceux qui s’en prennent aux migrants, aux musulmans, aux LGBT, aux journalistes et aux minorités en général, tous des groupes ou des communautés qui ont été visés à un moment ou à un autre par l’administration Trump. Un nuage plane au-dessus de l’avenir des États-Unis au sein du Conseil. Le pays est redevenu membre du Conseil cette année. Cependant, certains médias américains affirment que les États-Unis songent à s’en retirer.

Auteur d’un ouvrage de référence sur le populisme [« Qu’est-ce que le populisme ? Définir la menace », Ed. Premier Parallèle], le politologue allemand Jan-Werner Müller était l’invité il y a quelques jours de l’Institut de hautes études internationales et du développement [IHEID] à Genève. Professeur à l’Université de Princeton aux Etats-Unis, il réside actuellement à Vienne. Il revient sur les votes américains, qui ont vu un leader populiste l’emporter, et autrichiens où un candidat issu d’un parti minoritaire a mis en échec l’extrême droite. Le plus grand danger, selon lui, est l’alignement des grands partis sur le discours extrémiste. 
 
Emmaüs sort de sa réserve. Dans une lettre datée de mercredi, l’association interpelle les ministres de l’Intérieur et du Logement sur l’état du centre pour migrants de La Chapelle, dans le nord de Paris, dont Emmaüs est gestionnaire. « Le fonctionnement actuel deviendra, si la situation n’est pas débloquée, rapidement intenable », estime le président, Paul Duprez. Emmaüs reproche à l’Etat de ne plus assurer son rôle. Ouvert en novembre par la mairie de Paris dans le XVIIIème arrondissement, ce lieu d’environ 400 places prévoit un accueil « inconditionnel » pour cinq à dix jours. Le but étant d’étudier les situations administratives de chacun et d’orienter vers une structure adaptée. Pour assurer la « fluidité » de ce dispositif, l’Etat s’est engagé à proposer des solutions d’hébergement à la sortie. C’est là que le dispositif est grippé. Depuis plusieurs semaines, le nombre de places proposé n’est plus suffisant. Avec des conséquences directes : devant le centre, beaucoup de migrants dorment dehors en attendant mieux.

L’historien français Henry Rousso, spécialiste de l’Holocauste et de l’occupation nazie en France, a failli être refoulé récemment des Etats-Unis alors qu’il se rendait dans une université du Texas. « J’ai été détenu durant dix heures à l’aéroport international de Houston, près d’être refoulé. L’officier qui m’a arrêté était “inexpérimenté” », a écrit samedi en anglais M. Rousso sur Twitter, confirmant une annonce des responsables de l’université A&M du Texas. Lors de sa détention, Henry Rousso a pu contacter Richard Golsan, directeur de recherche à l’Université A&M, qui a ensuite alerté Fatma Malouf, professeur de droit à la faculté. C’est l’intervention de celle-ci qui a convaincu les services d’immigration de laisser Henry Rousso entrer aux États-Unis. Sur son compte Twitter, M. Rousso a remercié les personnes qui lui ont manifesté leur soutien, assurant : « Ma situation n’était rien comparé à celles de personnes que j’ai vues et qui ne pouvaient être défendues comme je l’ai été. »

« A la différence d’autres évolutions du travail, comme le télétravail ou le « digital nomadisme », qui se caractérisent par une forte mobilité et une digitalisation des relations et de la production, la tendance pour la production locale, qui s’accompagne d’une préférence pour une consommation de produits tout aussi locaux selon une enquête d’Ipsos en 2014, s’ancre dans un territoire et une histoire. La production locale semble être une tendance qui touche de nombreux secteurs, au point de devenir un étendard pour de nombreux prétendants à l’entrepreneuriat. Cette tendance, portée par une génération d’entrepreneurs autant en quête de sens qu’à la recherche d’une activité rémunératrice, semble s’apparenter à un mouvement conservateur qui consisterait à idéaliser des modes de production et de consommation révolus. […] A la différence de leurs aînés qui pensaient trouver dans ces campagnes des espaces permettant une vie en autarcie, il semblerait que ces néo-paysans et artisans soient dans une démarche d’ouverture sur le monde. D’ailleurs, loin de vouloir être déconnectés, ils sont très présents sur Internet. C’est par exemple sur les réseaux sociaux que ces tendances sont affirmées et mises en scène. Instagram et Facebook sont de puissants médias pour faire la promotion des produits ou services néo-rétros ».

L’Observatoire des politiques culturelles [OPC] a publié le 23 février 2017 une « note de conjoncture sur les dépenses culturelles territoriales » pour la période 2015–2016. Si la tendance à la baisse des crédits se confirme, elle n’est pas généralisée et tous les secteurs ne sont pas touchés de la même façon. L’implication financière des collectivités [crédits de fonctionnement], tous échelons confondus, a fléchi sur la période 2015–2016. 59% d’entre elles ont fait le choix de baisser leur budget culturel. 30% seulement, l’ont augmenté. Selon les échelons, les comportements financiers s’avèrent différents, tant pour la tendance que pour les secteurs jugés prioritaires. Les arts visuels et plastiques constituent le secteur le plus sévèrement touché. Parmi les premiers sacrifiés figurent les associations, touchées dans plus de 60% des départements. Egalement lourdement frappés, les événements, à commencer par les festivals, le spectacle vivant et, plus généralement, la création artistique.

A Aix en Provence, trois machinistes actifs dans le mouvement social des intermittents de 2014 dénoncent leur non-réembauche par le Festival d’Art lyrique en 2015. Ils étaient devant les prudhommes ce lundi 27 février. Voilà qui a initié une bataille juridique autour du Code du travail, du droit de grève et de l’action syndicale. Selon le conseil des plaignants, « Participer à une grève aux buts connus de tous est bien une action syndicale et qu’il y a donc bien discrimination et à l’action syndicale et au libre droit de grève de tout salarié français ». Un avis partagé dans les grandes lignes par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, saisi par les trois intermittents. Sa représentante est venue à Aix résumer l’avis consultatif de ses services. Les trois demandeurs réclament, chacun, 50 000 € de dommages et intérêts. Délibéré des conseillers prud’homaux le 29 juin.

Soutiens de Benoît Hamon, de Jean Luc Mélenchon et de Yannick Jadot dans le Pays d’Aix, Régis Delalande, Annick Delhaye et Rémy Jean « ne se résignent pas à la division des forces de la gauche de transformation sociale et écologique à l’élection présidentielle et aux législatives, [et] à la défaite annoncée de cette gauche lors de ces élections ». Dans le prolongement de nombreux appels lancés au plan national, ils proposent aux aixoises et aux aixois qui soutiennent Hamon, Mélenchon ou Jadot de se rencontrer le jeudi 2 mars prochain à 19h au bar le Festival en bas du cours Mirabeau pour échanger sur la nécessité et les conditions d’un tel rassemblement au plan national comme au plan local.

Bonne journée

Mathieu Grizard

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