[339] Cachez ce sein…

Paravent à six panneaux représentant des kimonos suspendus (tagasode) (paravent droit)
couleurs sur papier, première moitié du XIXème siècle, H. 153,7 ; L. 349,2 cm, Collection Matsuzakaya.
Crédits : J. Front Retailing Archives Foundation Inc./Nagoya City Museum

« Le kimono n’est pas seulement un vêtement pour femme et pour homme, mais un objet d’art. Cette merveille en soie ou parfois en coton [le yukata] qui couvre et découvre le corps, délice à porter éminemment érotique et précieux, fait l’objet de bien des fantasmes et, ces derniers temps, de plusieurs expositions. Le musée Guimet reçoit en ses murs, le somptueux hôtel particulier d’Émile Guimet, grand collectionneur d’art asiatique, cent-cinquante kimonos de la collection Matsuzakaya, qui en possède… dix mille. Cette maison de confection, fondée en 1611, au début de l’époque d’Edo [1603–1868], est devenue depuis l’un des grands magasins du Japon. Ces splendeurs sont habituellement conservées au musée de Nagoya. Chacune offre au regard un raffinement dans le traitement des matières, des couleurs, des dessins ». 
Kimono, au bonheur des dames, Musée national des arts asiatiques-Guimet, 6 place d’Iéna, Paris 16ème. Jusqu’au 22 mai 2017.

Des militants opposés aux énergies fossiles sont entrés dimanche au Louvre pour déposer un tapis d’étoffes noires au pied de la Victoire de Samothrace, « rivière de pétrole » symbolique pour dénoncer, au nom du climat, le mécénat apporté par Total au musée parisien. Un collectif d’associations, emmené par l’ONG américaine 350.org, a lancé en janvier une campagne pour demander au Louvre de mettre un terme à son partenariat avec la Fondation Total, au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques [les énergies fossiles — charbon, pétrole, gaz — étant largement responsables des gaz à effet de serre sources du réchauffement planétaire]. Selon 350.org, il aura fallu six ans et seize performances d’art-activisme pour que la Tate Gallery à Londres et BP cessent leur partenariat.

Le premier ministre chinois, Li Keqiang, a promis, dimanche 5 mars, de rendre aux Chinois le « ciel bleu », alors que le pays, premier pollueur mondial, est de plus en plus régulièrement asphyxié par un nuage de pollution toxique. Dans son discours solennel à l’ouverture de la session annuelle du Parlement [l’ANP], M. Li s’est fait fort de « mener une guerre sans merci pour préserver le ciel bleu », deux mois après un pic de pollution durant lequel le nord de la Chine a été placé pendant six jours en alerte rouge. Le numéro deux du régime communiste a assuré que son gouvernement renforcerait cette année les normes écologiques et les ferait appliquer de façon plus stricte.

Aux Etats-Unis, l’administration Trump devrait commencer à revenir sur les règlements fédéraux en matière de pollution automobile, marquant un tournant radical par rapport aux efforts pour forcer l’industrie américaine à produire plus de voitures électriques. L’annonce — attendue dès mardi — commencera immédiatement à défaire un des héritages environnementaux les plus significatifs de l’administration de Barack Obama. On s’attend à ce que Donald Trump demande également à M. Pruitt, à la tête de l’Agence de protection de l’environnement [EPA], de mettre en marche le processus — plus long et légalement complexe — de démantèlement du Clean Power Plan, réglementation de M. Obama en vue de réduire la pollution des centrales électriques alimentées au charbon et contribuant au réchauffement climatique.

A Karachi [Pakistan], les organismes municipaux ne peuvent actuellement traiter que 60% des déchets produits, reconnaît le Dr AD Sajnani, chef de l’Autorité de gestion des déchets du Sindh. En cause, selon lui, « l’éloignement des décharges, les embouteillages, les distances trop longues à parcourir et la vétusté des véhicules ». Karachi produit quasiment 12.000 tonnes d’ordures chaque jour, estiment des responsables sanitaires. Selon M. Sajnani, les autorités sont à même d’en ramasser environ la moitié — ce que contestent les plus sceptiques. L’autre moitié stagne dans les rues, ruisseaux et allées, la partie organique se décomposant dans la chaleur moite, le reste s’empilant de plus en plus haut. Habitants et dirigeants locaux recourent à un système D guère rassurant : le brûlage des ordures contenant d’importantes quantités de plastique, souligne un cadre de l’Agence de protection de l’Environnement du Sindh, Imran Sabir.

« Pollution des foyers et de l’atmosphère, tabagisme passif, consommation d’eau non potable, et manque d’installations sanitaires et d’hygiène sont responsables chaque année de la mort de 1,7 million d’enfants de moins de 5 ans. C’est l’accablant constat réalisé par deux rapports de l’Organisation mondiale de la santé [OMS] rendus publics lundi 6 mars. Ces documents, respectivement intitulés « Un monde durable en héritage : Atlas de la santé infantile et de l’environnement » et « Ne polluez pas mon avenir ! : l’impact environnemental sur la santé infantile », accusent notre environnement dégradé, voire insalubre, d’être à l’origine du décès de plus d’un enfant de moins de cinq ans sur quatre dans le monde ».

La viande de bœuf d’origine française va bientôt retrouver le chemin des assiettes chinoises. Une bonne nouvelle pour une filière qui cherche de nouveaux marchés, afin de faire face à la crise de l’élevage. Toutefois, Pékin ne fait qu’entrouvrir sa porte puisque la levée de l’embargo ne s’appliquera, pour l’instant, qu’à la viande désossée des bovins âgés de moins de trente mois. Cette décision intervient après la visite en Chine, fin février, du premier ministre, Bernard Cazeneuve, accompagné du secrétaire d’État au commerce extérieur, Matthias Fekl, tous deux venus plaider pour un « rééquilibrage » des relations commerciales entre les deux pays et « une plus grande ouverture » de la Chine aux exportations françaises. Un message auquel ont été visiblement sensibles les autorités chinoises, soucieuses de renforcer leur lien avec l’Union européenne au moment où elles doivent faire face à la montée du protectionnisme affiché par l’administration Trump.

Lors d’un meeting à Istanbul, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a estimé dimanche 5 mars que la décision de plusieurs villes allemandes d’annuler des meetings de ses soutiens n’était pas différente de « pratiques nazies ». « Je pensais que l’Allemagne avait renoncé depuis longtemps [à ces pratiques]. Nous nous étions trompés ».
Les relations entre Ankara et Berlin se sont nettement tendues après l’annulation jeudi et vendredi en Allemagne de trois meetings de soutien au référendum du 16 avril, qui portera sur une réforme constitutionnelle destinée à renforcer les pouvoirs du président turc. La Turquie avait réagi très violemment, accusant l’Allemagne d’œuvrer pour une victoire du non à ce référendum. En dépit des interdictions, le ministre de l’économie turc, Nihat Zeybekci, devait prendre part dimanche à deux rassemblements organisés par des groupes turcs à Cologne et Leverkusen.

Le président français François Hollande réunit ce lundi 6 mars au soir au château de Versailles les leaders de trois autres grands pays européens, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, un sommet informel à quatre, après la publication du Livre Blanc de la Commission européenne et avant le 60ème anniversaire du Traité de Rome, pour délivrer un message d’unité et de confiance dans l’avenir de l’Union européenne. La France et l’Allemagne, épaulées par l’Italie et l’Espagne, vont donc explorer les pistes d’une Europe à « plusieurs vitesses ». Il s’agit de relancer le projet européen, ébranlé par le Brexit et la montée des populismes. Certains pays pourraient se sentir laissés de côté par ce sommet avant le sommet, prévu jeudi et vendredi à Bruxelles.

« T.I.N.A. There Is No Alternative ». S’estimant conforté par le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de ses partisans au Trocadéro, François Fillon a exclu, malgré les pressions de son camp, de se retirer au profit d’Alain Juppé, qui réagira lundi matin lors d’une déclaration à la presse. « Personne ne peut aujourd’hui m’empêcher d’être candidat », a affirmé sur France 2 François Fillon, quelques heures après ce rassemblement parisien. A la question « Allez-vous retirer oui ou non votre candidature ? », le candidat de la droite a répliqué : « Ma réponse est non ». Le journaliste insiste : « Jamais ? » François Fillon répond : « La réponse est non. Et surtout je ne vois pas de raison de le faire ». « Je ne suis pas jusqu’au-boutiste, pas enfermé dans une certitude mais il y a une chose que je constate c’est qu’il n’y a pas d’alternative », a encore affirmé le candidat, convoqué le 15 mars pour une mise en examen dans l’affaire des emplois présumés fictifs de sa femme Penelope et de deux de ses enfants.

« Psychanalyse et poésie, folie douce et pensées jubilatoires se donnent un improbable rendez-vous sur une scène rêvée comme un tableau surréaliste de Salvador Dali. Plumes d’indien en guise de coiffe, un homme est traversé par les paroles de penseurs éclairés : Lucien Bonnafé, Jacques Lacan, Jean Oury, François Tosquelles. En écho à ces pensées étonnamment limpides s’ajoutent les écrits de Christophe Tarkos et Michel Bellier, auteurs contemporains, plumitifs de génie. Christian Mazzuchini s’empare joyeusement de ces textes, matériaux à la fois loufoques, brillants et émouvants dans lesquels les mots des spécialistes et des poètes se confondent. Il s’en saisit à bras le corps pour nous rappeler avec tendresse notre condition commune, notre rapport au langage et au temps qui passe : cet infiniment humain ». C’est au 3bisf, l’atypique centre d’arts contemporains d’Aix en Provence situé dans l’hôpital psychiatrique Montperin, les vendredi 10 Mars à 20h30 et samedi 11 mars à 19h.

Bonne journée

Mathieu Grizard

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