[345] Le chiffon rouge

Tauromachie [1815–16] | Francisco de Goya | Westimage Art Digital Studio, Sothebys

C’est une véritable découverte romanesque qui a été relatée par le quotidien britannique The Guardian. Entre les pages d’un vieil ouvrage de l’une des bibliothèques du château de Montigny, dans l’Eure-et-Loire, ont été retrouvées des œuvres intactes du peintre Francisco de Goya. Elles dormaient sagement là depuis près de deux cents ans. La maison de vente aux enchères, Sotheby’s à Londres, à qui les propriétaires du château ont vendu les œuvres, a parlé d’ « une découverte totalement unique ». Ces gravures représentent des scènes de tauromachie dans l’arène, sujet qui fascinait le grand artiste espagnol. Il en avait d’ailleurs tiré une série de 33 gravures intitulée La Tauromaquia, entre 1815 et 1816, dont les reproductions sont actuellement exposées dans différents musées et bibliothèques. Les gravures retrouvées seront vendues aux enchères à Londres le 4 avril 2017. Avis aux collectionneurs et aux passionnés de chasse au trésor.

Arrivé dans la nuit de vendredi à samedi aux Sables-d’Olonne, soit cinquante jours après Armel le Cléac’h, le vainqueur, Sébastien Destremau finit dix-huitième et bon dernier du Vendée Globe. Après un total de 124 jours passés seul en mer, le marin provençal a donc coupé la ligne d’arrivée, aux Sables-d’Olonne, au milieu de la nuit, à 1h40 exactement, fermant ainsi la huitième édition de la mythique course à la voile autour du monde. Loin devant lui, Armel le Cléac’h avait bouclé le grand tour dès le 19 janvier, dans un temps record de 74 jours 3 heures 35 minutes et 46 s.

Les scientifiques s’inquiètent de plus en plus de la présence de particules de plastiques dans l’eau et la chaîne alimentaire, mais ils font face à des défis de taille pour s’attaquer à la source du problème. « C’est un polluant très différent des autres », dit le Dr Peter Ross, directeur de la recherche sur la pollution des océans à l’Aquarium de Vancouver. « Ce n’est pas un polluant chimique, mais un polluant structurel ». Des échantillons récents provenant de l’eau de mer de la côte ouest du Canada ont révélé jusqu’à 25 000 particules de plastique pour un seul mètre cube d’eau. Une des sources connues de ces particules de plastique : les vestes en laine polaire faites de matériaux recyclés comme des bouteilles de plastique ont longtemps été perçues comme un achat écologique. Mais une seule de ces vestes peut libérer jusqu’à 10 000 fibres de plastique dans l’environnement à chaque fois qu’il est lavé, selon Peter Ross. Des particules de la même grosseur que le plancton, et qui se retrouvent dans la chaîne alimentaire.

Voilà six ans ce 11 mars 2017 que le Japon a été meurtri par la triple catastrophe du 11 mars 2011, désignée dans l’archipel comme « le grand cataclysme de l’est » : un séisme de magnitude 9 suivi d’un gigantesque tsunami, qui ont déclenché l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima, au nord-est du pays. Une catastrophe qui a dévasté une région entière de l’archipel. Dans une commémoration nationale, le Japon rendait ce samedi 11 mars hommage à ses sinistrés : ceux qui ont succombé sous les décombres du séisme, ceux qui ont été engloutis par la vague, et ces habitants qui ont dû quitter sur-le-champ [ou peu après] leurs villages à cause de la contamination radioactive. Le nombre de victimes s’élève aujourd’hui à plus de 21 000, et 118 000 personnes ont dû être évacuées, selon des chiffres publiés par la préfecture de Fukushima en 2015.

En Inde, le parti nationaliste hindou au pouvoir a remporté une victoire tonitruante lors des élections régionales dans l’Etat d’Uttar Pradesh. Le résultat de ce scrutin est une validation, à mi-mandat du gouvernement de Narendra Modi, qui reste ultra-populaire à travers le pays, près de trois ans après son arrivée au pouvoir. Preuve de l’enjeu de cette élection, Narendra Modi lui-même avait mené la campagne dans la région. Il s’y était déplacé pendant plusieurs jours ces dernières semaines. Le Premier ministre avait promis de moderniser l’Uttar Pradesh, d’engendrer la croissance et d’endiguer la corruption dans cet Etat où l’écrasante majorité reste pauvre. Cette élection était aussi un test pour la mesure draconienne de démonétisation, le retrait des grosses coupures de l’économie, lancé avec fracas par M. Modi en novembre 2016.

« Les Nations unis lancent un avertissement, le monde fait face à sa pire crise humanitaire depuis la fin de la seconde guerre mondiale, avec plus de vingt millions de gens confrontés à la faim et à la famine dans quatre pays. » Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Stephen O’Brien a dressé vendredi 10 mars un bilan alarmant de la situation au Yémen, en Somalie, au Soudan du sud et au Nigeria, quatre pays en proie à des conflits armés. « Les Nations unis lancent un avertissement, le monde fait face à sa pire crise humanitaire depuis la fin de la seconde guerre mondiale, avec plus de vingt millions de gens confrontés à la faim et à la famine dans quatre pays. » Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Stephen O’Brien a dressé vendredi 10 mars un bilan alarmant de la situation au Yémen, en Somalie, au Soudan du sud et au Nigeria, quatre pays en proie à des conflits armés.

Après l’Allemagne, les Pays Bas. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, ardent défenseur de la réforme constitutionnelle soumise à référendum qui renforcerait ses pouvoirs, a réagi en traitant les Pays-Bas de « vestiges nazis, fascistes ». Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a réagi à son tour en déclarant qu’Erdogan avait « dépassé les bornes » en comparant les néerlandais avec les nazis. Les Pays-Bas ont refusé samedi à l’avion du ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu l’autorisation d’atterrir à Rotterdam, nouvel exemple en date des tensions diplomatiques créées par la campagne référendaire que les responsables du pouvoir turc veulent mener auprès de la diaspora turque en Europe de l’Ouest.

À l’approche des législatives du 15 mars, où en est la gauche aux Pays-Bas, face à l’offensive Wilders ? Si les sociaux-démocrates traversent une crise profonde, la dynamique est du côté des écologistes, emmenés par le jeune Jesse Klaver. Il est en train de s’imposer comme l’opposant numéro un au xénophobe Geert Wilders. À 30 ans, il est le chef de file de la Gauche verte [GroenLinks], alliée de EELV au Parlement européen. « Nous avons une chance unique de voir un parti de gauche remporter les élections et devenir le premier parti des Pays-Bas », a-t-il lancé jeudi soir aux 5 000 personnes venues l’écouter dans une salle de concert de la banlieue d’Amsterdam. Les sondages donnent les écologistes devant les socialistes d’Emile Roemer [gauche radicale], et plus loin encore devant les sociaux-démocrates de Lodewijk Asscher, le vice-premier ministre sortant. Quant à Sylvana Simons, une femme noire née au Surinam, elle incarne, elle aussi, le renouveau de la contestation.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a atterri samedi soir à Metz, où il doit participer dimanche à un meeting d’une association turque, a-t-on appris auprès de son porte-parole. Mevlut Cavusoglu doit tenir dimanche un meeting dans une salle du centre des congrès de Metz, à l’invitation de la branche lorraine de l’Union des démocrates turcs européens [UETD], selon la préfecture de Moselle. Plusieurs rassemblements de cette association ont été annulés en Allemagne et en Suisse, ces derniers jours. Les autorités ont retiré à l’UETD l’autorisation d’organiser des meetings électoraux prévus par l’AKP du président Erdogan, avant le référendum du 16 avril destiné à renforcer les pouvoirs du président. Le déplacement du ministre turc en France a été « accepté par le ministère des Affaires étrangères », a indiqué la préfecture de Moselle. Une source diplomatique française a confirmé que « le ministère des Affaires étrangères a été informé de la venue du ministre », soulignant que « le fait que le ministre turc puisse tenir son meeting tient […] de la liberté de réunion ».

Après l’Italie, la France va ouvrir des « couloirs humanitaires » pour accueillir des réfugiés syriens en provenance du Liban. Un protocole d’accord sera signé mardi en présence du président François Hollande pour mettre en œuvre cette opération d’ « accueil solidaire » d’exilés ayant fui la guerre qui ravage la Syrie depuis mars 2011. La signature doit associer les ministres Bruno Le Roux [Intérieur] et Jean-Marc Ayrault [Affaires étrangères] à trois structures catholiques [communauté de Sant’Egidio, Conférence des évêques de France et Caritas] et deux protestantes [Fédération protestante de France et Fédération de l’entraide protestante]. Selon Sant’Egidio, à l’origine du projet, la France est le premier pays à se lancer dans ces « couloirs humanitaires » après l’Italie, qui a accueilli 700 Syriens dans ce cadre œcuménique depuis février 2016. Le corridor français pourrait être emprunté à partir de la fin avril. Le dispositif prévoit « l’inclusion » en France de « 500 personnes dans les 18 mois après la signature du protocole, avec une priorité » accordée aux « plus vulnérables » : familles avec enfants, femmes seules, personnes âgées, malades, handicapées…

« Avec Emmanuel Macron, ce sera les chambres à gaz ». C’est ce qu’a expliqué Vincent Peillon vendredi 10 mars. Vous l’ignoriez ? C’est normal : c’est faux. C’est pourtant cette lecture des propos de l’ex-ministre de l’Éducation nationale [qui soutient Benoît Hamon] qu’a fait Christophe Castaner [qui soutient Emmanuel Macron]. Sur Twitter, le député-maire PS de Forcalquier [Alpes de Haute Provence] a en effet voulu dresser un parallèle entre ces prétendus propos de Vincent Peillon et la très douteuse caricature du leader d’En Marche ! faite par LR le même jour. Or, ce n’est pas du tout ce qu’a dit l’ex-candidat à la primaire organisée par le PS.

Dans les Bouches du Rhône, « les poussières rouges de bauxite ne seraient pas un facteur de surcroît de pathologies pour les riverains du dépôt de résidus de fabrication de l’alumine que l’usine gardannaise Alteo stocke à Mange-Garri [Bouc-Bel-Air]. Sont-elles chargées en métaux et autres molécules nocives ? L’air n’est pas vraiment pur mais pour autant, difficile de pointer la seule responsabilité de l’industriel. Mais quand même un petit peu. En tout cas, il faudrait aller plus loin dans les investigations. Depuis qu’Alteo a mis au point des filtres-presse qui permettent de ne plus rejeter en mer « que » des effluents liquides de plus en plus débarrassés de métaux lourds, les « boues rouges » devenues solides sont stockées à l’air libre sans que pour l’heure n’ait été trouvé moyen de les valoriser. Soit 300 000 tonnes par an. « Dix fois plus qu’auparavant », note Hervé Plisson, conseiller municipal boucain d’opposition EELV. Ce qui fait dire à beaucoup que la pollution, de liquide et en mer, a été déménagée sous forme solide à terre. De Cassis à Bouc-Bel-Air ».

Bonne journée

Mathieu Grizard

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