[369] Ô temps ! suspends ton vol

Guernica | Pablo Picasso [1937]

Il y a 80 ans, Picasso peignait le symbole universel de la cruauté de la guerre : « Guernica ». A partir de ce mardi 4 avril, le musée madrilène Reina Sofia met à l’honneur l’artiste espagnol à travers une vaste exposition qui célèbre l’anniversaire d’un chef-d’œuvre historique et engagé. Le lundi 26 avril 1937, la capitale et symbole de l’identité du Pays basque espagnol, Guernica, tombe sous les bombardements aériens des nazis. C’est dans cette ville sacrée que les seigneurs de Biscaye venaient prêter serment autour de l’arbre de Guernica. « Guernica » est l’une des œuvres les plus importantes et populaires de Picasso. En janvier 1937, le gouvernement espagnol républicain de Francisco Largo Caballero demande à Picasso de réaliser une peinture murale pour le pavillon espagnol de l’Exposition Internationale de Paris de 1937. « Dans le panneau auquel je travaille et que j’appellerai Guernica et dans toutes mes œuvres récentes, j’exprime clairement mon horreur de la caste militaire qui a fait sombrer l’Espagne dans un océan de douleur et de mort », déclare Picasso en mai 1937.

En Syrie, au moins 58 personnes ont été tuées dans une attaque au gaz toxique sur la ville de Khan Cheikhoun. L’hôpital traitant les blessés d’une « attaque toxique » menée mardi dans le nord-ouest de la Syrie a été bombardé, provoquant des destructions importantes dans l’établissement, a constaté le correspondant de l’AFP sur place. Il n’était pas possible dans l’immédiat de savoir s’il y avait des victimes. Un peu plus tôt mardi, l’Observatoire syrien des droits de l’homme rapportait des attaques aériennes qui ont émis du gaz toxique dans la province d’Idleb dans le nord-ouest du pays. La province d’Idleb, largement contrôlée par une alliance de rebelles et des djihadistes, est régulièrement la cible de frappes du régime, et de l’aviation russe. Elle a également été touchée par des raids de la coalition anti-djihadistes dirigée par les Etats-Unis.
Le gouvernement syrien dément utiliser des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait plus de 320.000 morts depuis mars 2011. Il a ratifié la Convention sur l’interdiction des armes chimiques en 2013.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté mardi 4 avril un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Le texte condamne l’attaque chimique de Khan Cheikhoun en Syrie et appelle à une enquête complète et rapide. Le texte de la résolution, obtenu par l’Agence France-Presse [AFP], appelle l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques [OIAC] à présenter rapidement ses conclusions sur l’attaque. Le projet demande également à la Syrie de fournir les plans de vol et toute information sur des opérations militaires au moment de l’attaque. Le texte menace d’imposer des sanctions en vertu du chapitre 7 de la charte des Nations Unies.

La société norvégienne Piql a ouvert lundi 27 mars une sorte de gigantesque bibliothèque sécurisée, cachée sous une montagne sur l’île du Spitzberg, à 1000 km du pôle Nord. L’idée est de permettre aux gouvernements, organisations, mais aussi aux entreprises et particuliers de copier leurs informations et données les plus importantes dans un lieu sûr, précise LiveScience. Cet « Arctic World Archive sera un héritage digital de données précieuses pour le monde », affirme la société dans un communiqué. Physiquement, le lieu de stockage est une partie d’une ancienne mine désaffectée qui héberge déjà une autre arche de Noé : la Réserve mondiale de semences du Svalbard. Celle-ci, créée en 2008, contient 541 millions de graines de plus de 843.000 espèces différentes de plantes et se situe dans une zone démilitarisée. Elle a d’ailleurs servi lors du conflit syrien, pour reconstituer les stocks dans les pays voisins de la Syrie, dévastés par la guerre.

Le gouvernement américain va cesser de financer le Fonds des Nations unies pour la population [FNUAP]. Selon un communiqué du Département d’État lundi 3 avril au soir, le président Donald Trump a donné instruction à cet effet au secrétaire d’État Rex Tillerson. Cette décision avait été déjà prise lors de la présidence Bush. Les fonds concernés correspondent à 32,5 millions de dollars [30,4 millions d’euros] sur l’exercice budgétaire 2017. Ils seront attribués à d’autres programmes de santé mondiaux. Avec 75 millions de dollars [70 millions d’euros], les États-Unis contribuaient au dixième du financement de l’agence des Nations unies pour la population [UNFPA]. L’agence s’emploie à fournir des services de santé sexuelle et reproductive dans les pays les plus pauvres du monde. Ce Fonds est destiné à la régulation des naissances et aux soins apportés aux mères et à leurs enfants dans plus de 150 pays.

Lancé par l’opposition, le mouvement de grève générale en République Démocratique du Congo [RDC] a été largement observé lundi 3 avril à Kinshasa et à Lubumbashi, les deux principales villes du pays. Ce mot d’ordre est intervenu au moment où le président Joseph Kabila s’active pour consulter les groupes politiques et sociaux qui ont pris part à l’accord de paix inclusif du 31 décembre 2016. L’opposition congolaise à travers cette « journée ville morte » exigeait du pouvoir l’application de l’accord de cogestion signé le 31 décembre entre les deux parties sous l’égide de l’Église catholique. Un compromis politique qui prévoit le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré depuis le 20 décembre 2016, jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection censée se tenir fin 2017. Mais le principal point d’achoppement demeure toujours la formation d’un gouvernement dirigé par un membre du Rassemblement, principale coalition d’opposition créée en juin 2016 autour de la figure d’Étienne Tshisekedi.

En Afrique du Sud, l’étau se resserre autour du président Jacob Zuma et, ce mardi matin 4 avril 2017, la Cosatu, la puissante confédération syndicale, a appelé le chef de l’Etat à démissionner. Elle explique qu’elle n’a plus confiance en lui après le remaniement ministériel controversé de la semaine dernière, qui n’en finit pas de faire des vagues. Cet appel de la Cosatu est une première. Un par un, les alliés de l’ANC, le parti au pouvoir, sont en train de lâcher le chef de l’Etat. Lundi 3 avril, c’était le Parti communiste [PC], l’allié historique de l’ANC, qui a pris ses distances. L’alliance entre ces trois organisations, l’ANC, le PC et la Cosatu, implique des consultations, des décisions communes, que le chef de l’Etat n’a pas respectées quand il a limogé son ministre des Finances Pravin Gordhan.

Après le refus du gouvernement français de revoir à la hausse ses engagements, des milliers de manifestants ont marché mardi sur le Centre Spatial de Kourou. Dans la soirée, une délégation d’une trentaine de personnes a décidé de rester à l’intérieur du site d’où décollent les fusées Ariane. La fusée Ariane 5 « restera au sol tant que la Guyane ne décollera pas », a affirmé Mickaël Mansé, porte-parole des « 500 frères ». Une manifestation massive a commencé ce mardi à 9 heures [14 heures à Paris] à Kourou, près du site de lancement des fusées. Symbole d’une situation qui ne s’améliore pas, l’annulation du vol direct, Air France, de lundi de Paris pour la Guyane et de celui de ce mardi. Des problèmes d’avitaillement en carburant à Cayenne empêchent la compagnie d’assurer ces vols. En revanche, le vol Paris-Orly-Guyane prévu mercredi est maintenu, pour le moment, selon la compagnie.

Les nouveaux billets de 50 euros sont en circulation depuis ce mardi matin 4 avril dans les 19 pays membres de la zone euro, et donc en France. Des billets dotés de signes de sécurité renforcés, censés rendre la vie dure aux faussaires. Les billets en euros sont parmi les plus sûrs du monde. Le taux de contrefaçon est à 0,03 pour 1000. C’est huit fois moins de contrefaçons qu’à l’époque des derniers billets en francs et comparé à d’autres grandes devises internationales, y compris le dollar américain.

« Exercice inédit dans l’histoire des élections françaises, le débat télévisé réunissant la totalité des onze candidats à la présidentielle avant le premier tour a surtout été l’occasion pour les « petits » candidats d’apostropher les « grands », mardi 4 avril. Mais ce débat rythmé, parfois confus — onze participants obligent — a aussi été marqué par quelques passes d’armes. Parmi les premiers sujets de controverse figure la question de la suppression ou non de la directive européenne sur les travailleurs détachés, qui remonte à 1996 et est censée contribuer au développement du marché intérieur de l’Union européenne [UE] en facilitant la circulation de la main-d’œuvre ».

« Le second débat télévisé présidentiel organisé avant le premier tour a surtout permis de mesurer le fossé qui sépare les candidats proches du terrain, et les professionnels de la politique. Plus qu’un débat, un préoccupant miroir présidentiel », titre le quotidien suisse Le Temps. « La difficulté de ce débat aura été l’absence de toute vérification des faits. Résultat, les candidats se sont jetés à la figure des chiffres et des références qu’il n’a jamais été possible de vérifier. Un autre écueil a été l’extrême complexité de ce débat pour les deux journalistes, le plus souvent dépassées et contraintes de passer la parole à l’un et à l’autre sans cohérence ».

Des portillons pour lutter contre la fraude dans les TGV sont installés mardi 4 avril sur deux quais de la gare Montparnasse. Bien que contestés, ils devraient être présents dans quatorze gares françaises. « On met le dispositif en fonctionnement », puis il « va monter en puissance progressivement », explique Delphine Couzi, directrice des opérations et du service aux clients de Voyages SNCF, l’entité chargée de l’exploitation des TGV. En mettant en place ces portillons, la SNCF souhaite contrer la fraude dans les TGV, qui représente environ cent millions d’euros par an, tout en permettant aux agents et aux contrôleurs de passer plus de temps avec les voyageurs. Pour la SNCF, cela représente un investissement de 15,4 millions d’euros « au service de la tranquillité de [ses] clients ».
Mais que fait le président du Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur qui avait bâti sa campagne électorale sur l’installation de tels équipements en Provence ?

Le Président de la Métropole Aix Marseille Provence a choisi Gérard Goninet, directeur de l’usine Airbus Helicopters de Marignane, pour présider le conseil de développement de la métropole et animer cette instance de consultation composée de 180 représentants du monde économique, syndical, universitaire et associatif. La moitié des membres ont été nommés sur proposition des présidents des six territoires [Marseille, Aix, Aubagne, Salon, Istres, Martigues] et 40 « personnalités qualifiées » l’ont été par le président de la métropole. 50 organisations ont quant à elles nommé leur représentant.

Lors d’une réunion publique dans le quartier des Facultés à Aix en Provence ce mardi 4 avril, la colombe sauvage, entourée de sa fille et de trois adjoints de quartier, mais aussi de tout ce que la ville compte de directeurs de service, a réécrit l’histoire du développement du sud de la ville depuis son arrivée à la tête de la municipalité en 2001. Ou comment donner un semblant de cohérence à l’étalement de la ville vers le sud, dans la zone où la pollution est omniprésente, en menant un combat permanent contre la ville de Marseille et le[s] gouvernement[s] ? La don Quichotte du Pays d’Aix a agité ses moulins à vent habituels et aligné les contre-vérités devant un public abasourdi par tant d’imagination.

Comme en écho, la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem viendra dédicacer son livre « La vie a plus d’imagination que toi » à la Librairie de Provence, 31 cours Mirabeau, ce jeudi 6 avril de 15h30 à 16h30.

Bonne journée

@MathieuGrizard

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